I. Timée, 53, b
une récompense amicale*. » Et de même on retrouvera incessamment dans le Timée le souci de se conformer au choix le meilleur et le plus beau.
Faut-il voir là une façon d'échapper à la recherche de la causalité, de la raison intelligible ? Faut-il admettre chez Platon une tendance a s'en remettre à quelque volonté surnaturelle, dont les décisions seraient autant de miracles soustraits aux prises de la science.^ Ce serait méconnaître absolument la pensée platonicienne que de la juger ainsi. La divinité ne s'oppose pas dans le Timée à Tordre intelligible des choses : bien au contraire, elle n'intervient que pour personnaliser dans ce dialogue, évidemment exotérique, l'ordre, le beau, le bien, c'est-à-dire ce qui au plus haut degré caractérise le vrai. On n'est plus dans le domaine de l'intelligible et de la science pure, mais du moins le monde physique où l'on marche à tâtons n'a de chance de s'éclairer que par le reflet qui lui vient du monde des idées. Platon sent instinctivement que chercher l'ordre le meilleur et le plus beau, c'est réaliser la plus grande ressemblance possible entre ces essences idéales, si pures, si parfaites, que le géomètre connaît bien, et les apparences où se débat le physicien. Bref cette sorte de finalité esthétique, dont le Timée offre des traces si nombreuses, loin de nous écarter des raisons intelli-