‹ Les philosophes-géomètres de la Grèce, Platon et ses prédécesseursChapitre 84 sur 104 · I. Timée · texte numérisé non relu

I. Timée

3o8 LES PHILOSOPHES-GÉOMÈTRES DE LA GRECE

gibles des choses, doit au contraire nous conduire plus sûrement vers elles. C'est ainsi qu'en fin de compte toutes les allusions au démiurge et à rintelligencè ordonnatrice, tous les recours au bien, au beau, au parfait, incessamment renouvelés dans Texposé des phénomènes sensibles, se résolvent dans la tendance à donner un fondement logique à la science de la nature.

Et ici encore, pour dissiper tout malentendu et faire mieux sentir que cet aspect semi-religieux donné à la physique du Timée ne fait que traduire sous une forme exotérique les tendances logiques et esthétiques de l'esprit de son auteur, il sera permis de rapprocher une dernière fois Descartes de Platon.

Comment Descartes se dit-il conduit aux lois de la nature ? De même que le Timée pose en principe que Dieu a ordonné tout d'une manière aussi excellente et aussi parfaite que possible. Descartes nous dit : (( Je fis voir quelles étaient ces lois de la nature, et sans appuyer mes raisons sur aucun autre principe que sur les perfections infinies de Dieu, je tâchai de démontrer toutes celles dont on eût pu avoir quelque doute*. » Dans la deuxième partie des Principes il explique comment les lois du monde dérivent de Dieu : la quantité de mouvement est constante parce que Dieu est immuable ; les corps se meuvent d'eux-mêmes en ligne

Page 1