I. Descartes, livre II," ch. m
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y attacher quelque mystérieuse signification. Les dialogues, et le ïimée particulièrement, nous permettent de relever des traces multiples de cette double attitude.
Tout d'abord, et d'une façon générale, l'admiration pour le nombre, pour la mesure et pour les proportions est exprimée par Platon dans des termes dont la clarté ne laisse rien à désirer. Le nombre est pour lui, comme pour les Pythagoriciens, une harmonie ; et l'harmonie est à ses yeux tout à la fois condition de beauté et condition de stabilité et d'équilibre. Instinctivement il reconnaîtra Tordre et le vrai, là où les éléments sont proportionnels les uns aux autres. La proportionnalité est pour lui « le plus beau des liens » . Cela se comprend aisément : elle est la permanence, la constance du rapport, c'est-à-dire la permanence, la constance de la forme. La variation qui est soumise à la proportionnalité est par là même régularisée ; on peut dire jusqu'à un certain point que le même y subsiste, que l'égalité en est la loi.
Parmi les mouvements, il en est un dont la parenté avec l'intelligence apparaît à Platon particulièrement étroite, c'est le mouvement circulaire uniforme. Le rôle qu'y joue l'égalité est suffisant pour qu'il soit presque assimilable au repos idéal des essences du monde intelligible. (( S'il est vrai que les mouvements et les révolutions du ciel et de tous les corps célestes ressemblent essentiellement au mouvement de l'intelli-
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gence..., on en doit conclure évidemment qiie l'âme pleine de bonté gouverne cet univers et que c'est elle qui le conduit comme elle le fait... Quelle est donc la nature du mouvement de rintelligence.î^ Entre les corps qui se meuvent, les uns se meuvent sans changer de place, les autres passent d'un lieu à un autre... De ces deux mouvements, celui qui se fait dans la même place doit nécessairement tourner autour d'un centre, à l'imitation de ces cercles qu'on travaille sur le tour, et avoir toute l'affinité et la ressemblance possible avec le mouvement circulaire de l'intelligence. — Comment cela, je te prie ? — On ne nous accusera jamais de ne pas savoir faire dans nos discours de belles comparaisons propres à représenter les objets si nous disons que le mouvement de l'intelligence, et celui qui se fait dans une même place, semblables au mouvement d'une sphère sur le tour, s'exécutent selon les mêmes règles, delà même manière, dans le même lieu, gardant toujours les mêmes rapports tant à l'égard du centre que des parties environnantes, selon la même proportion et le même ordre. — A merveille. — Par )a raison contraire, le mouvement qui ne se fait jamais de la même manière, suivant les mêmes règles, dans la même place. . . qui est sans règle, sans ordre, sans uniformité, ressemble très bien au mouvement de l'extravagance* ».