‹ Les philosophes-géomètres de la Grèce, Platon et ses prédécesseursChapitre 95 sur 104 · I. Sophiste, p. i53, Irad. Cousin · texte numérisé non relu

I. Sophiste, p. i53, Irad. Cousin

(i. MiLiiAUD. — Philosopkes-Géomèlres. aa

'Mi^ LKS PHILOSOPHES-GÉOMÈTRES DE LA GRECE

ripation réciproque et la participation à Tégard des autres genres permettent de réaliser la synthèse nécessaire à toute pensée, à tout jugement, à tout discours. Le premier, c'est évidemment Vétre ; le repos et le mouvement peuvent se mêler avec lui, car tous deux ils sont : cela fait déjà trois. Mais par cela même qu'ils sont trois et que chacun est autre que les deux autres et le même que soi, il nous faut ajouter deux nouveaux genres à leur liste, le même et Vautre, Et, en dépit de Tordre où Platon a fait son énumération, il n'est pas difficile de voir que Têtre, le même et l'autre seront les catégories les plus universelles, les éléments primitifs essentiels qui présideront au mélange des idées, comme les voyelles au groupement des lettres.

Si toute idée participe de l'être en ce sens qu'elle est, et du même en ce sens qu'elle est la même que soi, elle participe également de l'autre. « La nature de l'autre, répandue en tout, rendant chaque chose autre que l'être en fait du non-être : et eh ce sens on est en droit de dire que tout est non-être, tandis que dans un autre sens, en tant que tout participe de l'être, on peut dire que tout est être. » — « En chaque idée il y a beaucoup d'être et infiniment de non-être. » — Le non-être n'est pas le contraire de l'être mais seulement quelque chose d'autre. « Qu'on ne vienne pas nous reprocher qu'après avoir présenté le non être comme le contraire de l'être, nous osons affirmer son existence ; car, quant

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à un contraire de Têtre, il y a longtemps que nous avons renoncé à discuter s'il y en a ou s'il n'y en a pas, si l'on peut ou non l'expliquer. Mais pour là définition que nous venons de donner du non-être, qu'on nous prouve en nous réfutant qu'elle est fausse ; ou, tant qu'on ne pourra le faire, il faut qu'on dise ce que nous avons dit, que les genres se mêlent les uns avec les autres, que l'être et l'autre pénètrent dans tous, et aussi l'un dans l'autre; que l'autre, participant à l'être, est par cette participation, et n'est pourtant pas ce à quoi il participe, mais quelque chose d'autre ; qu'étant autre que l'être, il ne peut évidemment être que le non être ; que l'être à son tour participant à l'autre est autre que tous les autres genres ; qu'étant autre qu'eux tous il n'est pas chacun d'eux, ni eux tous à la fois, et n'est que lui-même ; en sorte qu'incontestablement il y a mille choses que l'être n'est pas, par rapport à mille choses, et on peut dire de même de chacun des autres genres et de tous à la fois qu'ils sont de plusieurs manières, et que de plusieurs manières ils ne sont pas*. ))

Désormais le passage du même à l'autre n'est plus en question ; l'attitude purement logique est abandonnée : et nous en arrivons à poser la question que nous avons déjà fait prévoir, et que le rapprochement avec Kant a

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