I. Soph., tr. Cousin, p. 294, t. lî
34o LES PHILOSOPHES-GÉOMÈTRES DE LA GRECE
rendue d'avance plus naturelle : ce synthétisme, vers lequel il y a lieu d*adnieltre que Platon a évolué, si Ton songe que le Parménide et le Sophiste font très probablement partie des dernières œuvres*, na-t-il pas été fortement encouragé par le contact de la géométrie nouvelle, que notre philosophe semble avoir passionnément cultivée ?
Tout d'abord les géomètres du v® siècle avaient certainement rompu avec la vieille conception pythagoricienne selon laquelle la ligne n'est qu'une somme de points juxtaposés, la surface une somme de lignes, le solide une somme de surfaces. Etaient-ce les redoutables attaques des Eléates qui avaient mis fin à cet atomisme spatial, était-ce le progrès naturel de la science, il n'est pas douteux en tous cas que Platon le rejette. Le témoignage d'Aristote à cet égard est très précis : (( D'où viennent les points qui seront dans les corps (cyuTTap^ouçt) .^ Platon combattait lui aussi ce genre de point, comme répondant seulement à une façon de parler géométrique ; pour lui, il appelait le point /)W/<ct/)e de la ligne {oLfyjnv y^ocixixYn;), C'est ce qu'il disait souvent quand il posait les lignes indivisibles. Il est nécessaire que celles-ci aient une limite ; de sorte que les raisons d'exister de la ligne sont aussi celles du point \ » Si la traduction de ce passage est difficile, l'idée exprimée se