HERVIEU
prêché la toute-puissance de l'instinct et de la passion et le mépris de toute règle. »
Avez-vous remarqué, continue le même critique, que dans toute cette analyse, il y a un mot qui n'a jamais été prononcé : le simple mot de devoir. C'est que l'idée est absente de l'ouvrage.
Ce qui ne manque pas dans Les Tenailles et dans les autres ouvrages, ce sont les audaces inouïes et les thèses d'une immoralité détestable ; c'est surtout dans la plupart d'entre eux, la proclamation des droits de l'amour libre, en dépit des engagements les plu» sacrés. Quelques mots suffiront à le démontrer :
Les paroles restent, 1892, sujet assez banal, vigoureusement traité ; papotages de mauvaises mœurs.
Les Tenailles, 1895 : le droit au bonheur, malgré le devoir... Une femme qui hait son mari et qui commet l'adultère, avec suite vivante ; nous divorcerons, dit le mari. — Non, dit Madame, vous n'avez pas voulu divorcer quand je vous l'ai demandé ; c'est moi qui à présent ne veux plus. Nous resterons rivés au même boulet et serrés des mêmes tenailles.
La loi de Vhomme, 1897, œuvre pathétique et angoissante, dirigée contre le code qui, prétend-on, opprime la femme, la laisse s'engager dans le mariage sans savoir, et ensuite l'abandonne sans défense contre son mari adultère ; scènes répugnantes, fond malsain.
La course au flambeau, 1901, chef-d'œuvre austère, action véhémente, et puissamment enchaînée, dialogue vigoureux. Montre qu'il est indispensable pour ceux qui ont déjà vécu de se sacrifier à ceux qui commencent à vivre... Les nouveaux venus sont durs et féroces : ils prennent le flambeau sans regarder ceux qui, épuisés et défaillants, le leur transmettent.
L'énigme, 1901, plaidoyer en faveur de l'adultère. « En apparence, l'auteur a voulu démontrer que