HERVILLY
l'époux trahi n'a pas le droit de tiaer l'infidèle ou l'amant, mais pour noircir la vengeance, il a presque réhabilité la trahison et laissé conclure que l'adultère est pardonnable, en raison de l'amour » (F. Veuillot).
Thér oigne de Méricourt, 1902, drame historique (déjà traité par F. Dugué) dont l'héroïne, la fameuse aventurière luxurieuse et sanguinaire sert « d'armature » à la pièce où Hervieu a synthétisé l'histoire de la Révolution.
Le Dédale, 1903, semble ne contenir qu'une thèse confuse : celle de L'Empreinte, d'Hermant, ou celle du Berceau, de Brieux ? C'est plutôt un drame pathétique qui met aux prises une femme divorcée avec son premier mari qu'elle aime encore et son second qu'elle n'aime pas.
Le réveil, 1905, comédie-mélodrame de gros effet : amours, adultères, scènes tragiques.
Connais-toi 1909 : présente la faute de la femme comme très excusable et le pardon du mari comme la meilleure solution. Dans cette apologie du pardon, il semble y avoir un plaidoyer simulé en faveur de l'adultère.
Ernest D'Hervilly, né en 1839, possède un talent délicat, tout parisien, ému et narquois ; un petit Dickens, disent ses admirateurs. Un petit dramaturge aussi.
Il a cependant signé La Belle Sainara, 1876, comédie japonaise, bluette littéraire et spirituelle : dans une case en bambous, le poète Kami rime pour la belle. Celle-ci le met trois fois à l'épreuve, dans sa vertu, son intrépidité, sa générosité : le poète triomphe trois fois et épouse la dame de ses pensées.
On peut nommer encore parmi ses ouvrages dramatiques : Le roi Midas, 1902, contre la musique nouvelle ; — La coupe et les lèvres, 1897, drame lyrique.
182 HORNUNG — HUGO
transcrit de Musset ; — Point de lendemain, 1901, d'après le conte libertin de Vivant-Denon dédié en 1777 à Marie-Antoinette, etc.
Hornung et Presbey, deux noms qui s'attachent à la célèbre pièce judiciaire Raffles, le grand succèa de Londres et du théâtre Réjane, 1907. C'est une vaste drôlerie honnête, traversée d'une intrigue d'amour, parfaite au point de vue curiosité.
Victor Hugo (1802-1885). Nous n'entreprenons pas ici une étude sur le grand poète, et même nous serons brefs sur son théâtre, conformément à notre programme.
Deux tendances ou mieux deux particularités caractérisent les drames de Victor Hugo. « Ils n'ont pas d'autre fonction ni d'autre but, dit' Brunetière, que de permettre à l'auteur de se donner la réplique à lui-même ». Et en effet, ils sont coupés par des tirades et des odes dans lesquelles les personnages expriment les idées et les sentiments de Hugo.
De plus, le grand dramaturge accuse surtout, à partir d'Hernani une inclination marquée pour les contrastes. (( A partir de Marion Delorme, c'est plus accentué encore..,, et à partir de cette époque, toute grandeur soci^e sera, dans ses^ drames, petite par resjorit et étroite j)ar le cœur ; et en revanche, tout ce qu'il y a d'abject, de vulgaire, de misérable sera systématiquement élevé, exalté jusqu'à l'apothéose. La pureté dans l'infamie, le courage et la dignité sous les grelots, la chevalerie sous la livrée, la splendeiîr morale dans le bouge, serviront de pendant aux adultères sous la pourpre, à la bassesse sur le trône, à la couardise portant l'épée et les éperons de chevalier « (A Nettement). Il est difficile de ne pas voir dans chacun de ses drames l'intention de flatter l'orgueil de la vile populace en humiliant devant