‹ Les pièces de théâtreChapitre 103 sur 170 · HUGO · texte numérisé non relu

HUGO

faisait hausser de pitié les maigres et ironiques épaules de Voltaire » (Barbey d'Aurevilly).

(( Dans Lucrèce Borgia, il dénonce l'Eglise à la haine et au mépris de la foule, comme dans Le roi s'amuse, il lui dénonçait la royauté. Il étale sous ses yeux pendant trois heures, les crimes les plus exécrables, le viol, l'inceste, l'empoisonnement, l'assassinat, et montrant au peuple cet amas de hontes et de scélératesses, il lui dit : « Voilà l'Eglise romaine ! Voilà le Saint Père ! voilà le Pape et ses fils et sa fille » (Edmond Biré, Le Correspondant, 10 février 1902, cité par p. Halflants).

Voici Marie Tudor, 1833. C'est la reine ravalée jusqu'à être commère du bourreau.

Angelo, 1835, encore une réhabilitation de la courtisane. « Toute la pièce a été bâtie pour la démonstration de cette idée que certaines femmes mariées ne valent pas mieux et parfois valent moins que les filles galantes et que la vertu est indépendante de la condition et du rang social » (A. Brisson).

Ruy Blas, 1838, est un défi perpétuel au sens commun : excentricités, caractères pervers, sans compter l'invraisemblance fondamentale du rôle de ce valet qui devient en six mois premier ministre et amant de la reine. C'est l'abaissement de la leine devant ce laquais solennel qui a fait la popularité de la pièce.

Les Burgraves, 1843, le Waterloo de l'école romantique dont Hernani avait été l'Austerlitz ! L'action se passe au XIIP siècle dans un vieux bourg des bords du Rhin, « un château de bandit, un nid d'aigle, un repaire ». L'idée de l'œuvre a été formulée par Hugo dans sa préface et l'intrigue serait assez longue à exposer. Ses Burgraves étaient des chevaliers du Rhin, constamment en lutte avec le Saint-Siège ou avec l'Empire et qui menaient sur les bords de leur fleuve une vie de géants. Victor Hugo a raconté leur

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vie. Dans son œuvre puissante, il y a toute une hiérarchie de vieillards, Job le très vieux, et leurs enfants dégénérés, etc. La pièce n'eut pas de succès, et Hugo renonça au théâtre.

Il avait cependant combiné les plans de deux pièces importantes : Torqiiemada, en 5 actes, non représenté, et Les jumeaux, drame inachevé.

Pour ne rien oublier dans ce théâtre, il faut mentionner encore La Esmeralda, 1836, li\Tet d'opéra tiré de Notre Dame de Paris, pas de succès ; — Amy Robsari, drame posthume, écrit en 1821, sifflé à l'Odéon en 1828, publié en 1905.

Trois romans qui ont été adaptés à la scène : Notre Dame de Paris, adapté par Paul Foucher, 1879, et retouché par Meurice, 1885.

Les Misérables, (Bruxelles, 1863 ; Paris, 1878), par Charles Hugo et P. Meurice. On y retrouve les tableaux et les personnages du roman : le forçat Valjean, l'agent Javert, l'évêque Myriel, l'ardent Marins, le petit Gavroche, les affreux époux Thénardier, le jardinier Fauchelevent, la sœur Simplice, la fille-mère Fantine, les deux dévoués Eponine et Cosette.

Quatre vingt treize, 1881, dramatisé par Paul Meurice.

Et enfin, La grand'inère, comédie en un acte en vers, représentée en 1898.

Robert d'Humières, directeur du Théâtre des Arts, poète, traducteur des œuvres de Kipling et de Ben-hur, le prince de Jérusalem.

Il a fait connaître au théâtre La seconde Madame Tanqueray, de Pinero, 1905, et donné successivement Le Grand soir, 1907 : drame farouche et antisocial du révolutionnaire polonais Léopold Kampf ; — L'éveil du printemps, de Wedekind, 1908, tragédie d€ l'adolescence, ignoble ; — La Marquesita, 1909, évocation de l'Espagne sanguinaire et sensuelle.

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