‹ Les pièces de théâtreChapitre 111 sur 170 · LECONTE DE LISLE — LEGENDRE · texte numérisé non relu

LECONTE DE LISLE — LEGENDRE

pension alimentaire, sans plus ; longues tirades juridiques.

Leconte de Lisie (1818-1894), poète hautain, froid, athée et pessimiste, idolâtre de la forme.

Le seul ouvrage qu'il ait fait représenter Les Erynnies, 1872, adaptation de la tragédie d'Eschyle, est un chef-d'œuvre. Le sujet est d'une grande simplicité, dans son horreur. En l'absence d'Agamemnon parti guerroyer sous les murs de Troie, Clytemnestre, sa femme, a porté au pouvoir suprême Egisthe, un aventurier. Agamemnon arrive. Sous prétexte de venger sa fille Iphigénie immolée aux destins de la guerre, mais, en réalité, pour conserver son amant, l'épouse adultère tue ou fait tuer Cassandre, la belle captive troyenne, que le triomphateur ramène dans son butin ; puis, elle frappe Agamemnon lui-même.

Dix ans passent. Oreste, fils du vainqueur de Troie, revient d'un dur exil. Conseillé par Electre, sa sœur, il venge son père, en tuant Egisthe, l'usurpateur, et en égorgeant sa mère, qui tombe morte sur les marches du temple.. Mais Oreste se trouble ; toute l'étendue de son forfait lui apparaît. Il s'enfuit, poursuivi par les Erynnies, Furies vengeresses, qui s'acharnent à la destruction de la race des Atrides.

C'est horrible, c'est païen ; mais les vers sont parmi les meilleurs qu'on entende au théâtre.

Louis Legendre (1851-1908), bon poète et auteur dramatique. Théâtre : Cynthia, 1885, amours de la déesse avec le chasseur Hylas ; — Beaucoup de bruit pour rien, 1887, adaptation brillante et poétique de la comédie de Shakespeare ; — Jean Darlof, 1892, ;< nous présente dans toute la hideur, le type connu de la petite bourgeoise vaniteuse, romanesque, égoïste et sensuelle, détestable et malfaisante petite bête» (Jules Lemaître) ; — At home, 1894, badinage, très leste ;—

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