LEMAITRE
Jules Lemaitre,né en 1853. « L'illustre éci'ivain, dit M. Brisson, n'a pas composé des comédies à thèses ni des drames à fortes combinaisons. Il n'a pas cherché à flatter les goûts de la foule pour les spectacles. Il montre l'incertitaide où nous sommes de nos destinées, la fragilité de l'édifice que nous nommons le bonheur. Son théâtre est un théâtre d'impressions philosophiques. Il vaut par la délicatesse de la notation morale et par la limpidité d'une langue exquise. »
On se souviendra cependant que Jules Lemaître n'est pas des nôtres.
Révoltée, 1889 : Une jeune femme nerveuse, envieuse et pessimiste va tromper son mari avec un bellâtre... Mais cette femme est une fille naturelle que sa mère a négligée jusqu'ici, et qui la voyant malheureuse s'en ouvre à son fils légitime. Celui-ci se dévoue pour sa sœur et provoque le séducteur en duel... Réconciliation générale.
Le député Leveau, 1890, pose le problème de l'évolution morale qui se produit chez l'homme qui, parti de très bas, arrive grâce à la politique, à des sommets dont il a longtemps convoité les splendeurs. Le député est féroce : il vit du reste très mal, divorce et s'absout de tout. Ereintement des politiciens.
Le Mariage blanc, 1891, drame anecdotique choquant : un libertin de cinquante ans épouse une phtisique mourante qui s'est plainte de mourir avant de savoir ce que c'est d'être aimée, au grand désespoir de la sœur de la pauvre malade.
Flipote, 1893, étude de mœurs et de caractère sur les comédiens : ...rien du prix Monthyon, par conséquent.
Les rois, 1893, œuvre triste, mais forte et intéressante : une âme ardente aux prises avec l'idée démocratique et dont toutes les générosités vont s'abîmer dans une catastrophe sanglante.