MARIVAUX
femme adultère à son mari ; le mari, malgré l'aveu, aime encore ; les deux constatent qu'ils sont séparés par un tiers toujours invisible et toujours présent.
Prostituée, 1909 ; pièce tirée du roman. Les deux œuvres sont corruptrices : elles pervertissent pour avertir, elles enseignent et conseillent l'union libre comme remède à la corruption éhontée.
Marivaux, ou, si l'on veut, Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux (1688-1763). Humoriste, romancier, fantaisiste coquet, il fut, à travers ses concetti brillants, ses finesses très fines et ses propos alam.biqués, une des imaginations les plus rares du XVIII» siècle.
Marivaux a été longtemps méconnu : ses contemporains et les premiers critiques du XIX» siècle le laissèrent dans le discrédit. Voltaire disait de lui qu'il pesait des riens dans des toiles d'araignée.
Un revirement s'est produit à la faveur de l'engouement qui s'empara de l'opinion pour les joliesses et les bibelots XVIIP siècle, et sous l'influence du romantisme et d'Alfred de Musset. Ce n'est pas qu'il jouisse de l'immortalité de Molière : Molière est toujours jeune de l'éternelle nature humaine qu'il a mise dans ses œuvres. «Marivaux n'a point cette durée. Il a passé comme la société de son temps qu'il r». réfléchie dans ce qu'elle eut de plus charmant et de plus éphémère. Son genre de génie, le plus subtil parfum de ce siècle à parfums, et qu'il fit respirer dans les jolis flacons taillés à facettes de ses comédies, est en partie évaporé ».
Dans son ensemble cependant, l'écrivain ne répond pas complètement à la définition que Ton donne habituellement du marivaudage. Ce mot, dit Sainte- Beuve signifie « badinage à froid, espièglerie compassée et prolongée, pétillement redoublé et prétentieux, une sorte de pédantisme sémillant et joli ».