‹ Les pièces de théâtreChapitre 119 sur 170 · MARIVAUX · texte numérisé non relu

MARIVAUX

Marivaux est de plus assez sec, parfois grossier, et en tout cas très original. Son originalité, dit Brunetière, consiste en trois choses : d'avoir abandonné les traces de Molière ; d'avoir transposé la comédie de Racine dans la vie commune ; d'avoir mis le principal de l'intrigue dans la transformation des sentiments.

C'est là son thème favori : il s'agit dans toutes ses pièces, de faire sortir l'amour d'une des « niches » où le retiennent l'amour-propre, la lirnidité, l'embarras de s'expliquer ou l'inégalité des conditions. Tous les personnages, marquis, chevaliers et comtesses, sont peints au pastel avec des couleurs un peu fardées ; ils séduisent l'imagination, parce qu'ils semblent comme dans le tableau de Watteau, s'embarquer pour une riante Cythère. Ils plaisent et ils sont dangereux parce qu'ils sont le symbole ou la forme sensible des rêves impossibles qui hantèrent en tout temps le cœur des femmes et des jeunes filles...

Parmi les 37 pièces de cet enchanteur, nous choisissons celles qui ont été maintenues aux divers répertoires. Elles sont jouées aujourd'hui avec les additions successives des acteurs.

Le jeu de Vamoiir et du hasard, 1730, l'amour victorieux de l'inégalité sociale. Traduit le rêve de la jeunesse : être aimé pour soi-même, et sous un déguisement s'assurer qu'il en est bien ainsi.

Les fausses confidences, 1737, roman d'un jeune homme pauvre, dans le pays lumineux des songes, dans la pénombre de la fantaisie poétique ; dangereux pour les imaginations vives.

La mère confidente, 1739, ne l'est pas moins. Une jeune fille, émue d'un sentiment tendre, cherche quelqu'un à qui s'ouvrir. Sa mère lui dit : « Je ne serai que ton amie, et ta mère ne saura rien de ce que tu vas me confier ».

Page 1