‹ Les pièces de théâtreChapitre 135 sur 170 · ORDONNEAU · texte numérisé non relu

ORDONNEAU

— Le voyage des Berluron, 1893, hilarant, passages inconvenants ; — La marraine de Charley, 1894, sentimental et leste ; — Fanoche, 1894, imbroglio occasionné par la présence d'une tierce personne dans un ménage de jeunes mariés ; — L'article 214, 1894, avec Sylvane : cet article donne à la femme le droit d'habiter partout où habite son mari, donnée leste : — Paris quand même, 1896, grosse farce ; — Le bon pasteur, 1901 : un pasteur protestant arrivé d'Australie est mêlé à des imbroglios ultra grotesques et parfois risqués ; — L'étude Tocasson, 1901, avec Valabregue, grosse bouffonnerie ; — L'açience Crook et C°, 1907, id. ; — L'heure de la bergère, 1908, l'un des vaudevilles les plus graveleux du Palais-Royal ; — L'ablette, petit acte honnête : querelle de deux pêcheurs. Opéras-comiques et opérettes. — Serment d'amour, 1886, musique d'Audran ; — La princesse Colombine, 1886, musique de Planquette ; — La fiancée des Verts Poteaux, 1888, musique d'Audran ; — La petite Poucette, 1891, musique de Pugno ; — La cocarde tricolore, 1892, musique de Planquette ; — Mademoiselle ma femme, 1893, musique de Toulmouche ; — Cousin- Cousine, 1893, musique de Serpette ; — La perle du Cantal, 1895, musique de Toulmouche ; — La poupée,

1896, musique d'Audran; — L'auberge du Tohu-Bohu,

1897, musique de Victor Roger ; — Les sœurs Gaudichard, 1897, musique d'Audran ; — Les Saltimbanques, 1897, musique de Louis Ganne ; — Le jockey malgré lui, 1901, musique de Roger ; — Les filles Jackson et Cie, 1905, musique de Clérice ; — Les Hirondelles, 1906, musique de Hirchmann.

Edouard Pailieron (1834-1899), est « en littérature une main fine qui travaille en petit, une main passepartout, assez experte en enluminures, une main d'évantailliste qui peinturlure des éventails qu'on ne discute ni n'analyse » (Barbey d'Aurevilly). Il tombe même parfois dans le tout petit, dans le microscopique. Il a mis à la scène les sentiments subtils, déliés et complexes qui se cachent dans les plis de l'âme et se dérobent même à ceux qui les éprouvent ; et il a déployé à cette maïeutique délicate une merveilleuse adresse.

« Il a surtout étudié les caractères de femmes, les intrigantes, les poseuses, les prudes névrosées, les évaporées très libres. Il a représenté aussi la jeune fille, Suzanne la rieuse, Marthe la rêveuse, les adolescentes qui deviennent femmes. Et dans ce jeu, il note d'insaisissables nuances ; il définit ce mélange charmant de timidité et de hardiesse, de sensibilité et de gaîté, d'enfantillage et de sérieux; il nous expose comment ces bambines naissent à la vie réelle, grâce à l'amour » (Léon Levrault, Evolution des genres).

Dans son théâtre, Pailieron est infiniment séduisant : il sait filer une scène et doser l'émotion, de manière à charmer le spectateur et le lecteur. Etant donnés les sujets auxquels elles s'appliquent, ces séductions sont loin d'être toujours bienfaisantes.

Le parasite, 1860, interdit par la censure après 80 représentations : manière néogrecque à la Chênier, grâce descriptive et amour sensuel.

Le mur mitoyen, 1861 : une veuve et un marquis, pour clore un différend, marient leur fils et leur fille; observation ; plaisanteries grosses.

Le dernier quartier, 1863, crise d'un mari qui veut, au cour d'une lune de miel, revenir à Paris pour revoir une maîtresse.

Le second mouvement, 1865 : des bourgeois à l'égard de leur défunt bienfaiteur sont ballotés entre leurs sentiments généreux et leur égoïsme ; pas réussi.

Le monde où Von s'amuse, 1868 ; c'est le monde où l'on ne s'ennuie pas, c'est-à-dire le monde interlope dans lequel un jeune homme a pris une maîtresse ; pour se marier, il doit rentrer dans la société régulière.

Les faux ménages, 1869. Le vrai sujet est celui-ci : un jeune homme peut-il épouser une femme tombée qu'il a régénérée ? Non, répond l'auteur. C'est lu, comédie des concubinages contemporains, taillée dans la guimauve...

L'autre 77iotif, 1872, thème à plaisanteries sur le mariage, les maris et les amants.

Hélène, 1872, drame émouvant ; séduction, adultère.

L'âge ingrat, 1878, c'est-à-dire l'âge où les hommes de quarante ans cherchent une dernière intrigue amoureuse. Description vraie d'un salon excentrique et exotique. Dialogues pétillants. Scabreux.

L'étincelle, 1879, histoire des méprises de l'amour condensée dans un petit acte musqué. L'étincelle, c'est ce rien imperceptible qui jaillit dans le cœur des femmes et les éclaire sur leurs propres sentiments...

Le Mo7ide où l'on s'ennuie, 1881. « Il faut d'abord louer l'auteur du sujet qu'il a choisi... Sur l'idéal de la tenue, ce mystère du corps inventé par les sots pour cacher le défaut d'esprit, s'est formée toute une génération de jeunes gens, qui ont remplacé les grâces et les passions de la vingtième année, le pétillement de l'esprit naturel à un Français, l'aimable liberté de penser par soi-même et de parler comme

on pense, par la correction sévère, la raideur de la mise et de l'allure, par une phraséologie de convention jetée sur les lieux communs de politique, de philosophie, de morale et d'art à la mode, et pour tout dire en un seul mot, par la tenue. Ces jeunes gens sont devenus hommes à leur tour, et ils en ont formé d'autres à leur image. Et c'est ainsi que s'est étendue dans notre bourgeoisie moderne... le triomphe des imbéciles, le règne de la médiocrité universelle » (Francisque Sarcey).

C'est ce petit monde de pédants, <( couverts du masque imposé par les bienséances », d'intrigants et d'hypocrites que Pailleron a peiat sur le vif. L'intrigue est peu de chose : il s'agit d'un sous-préfet qui veut enlever une place de préfet et fréquente un salon où se font, se défont et se surfont les réputations... Ce qui fait le succès de la pièce, ce sont les types de ce monde solennel, creux et nul, les traits qui pétillent, les fusées de mots, les quiproquos, les épisodes sentimentaux et frivoles...

Petite pluie, 1875 : une jeune femme mal mariée s'enfuit avec un amant... etc.. ils se séparent ; — Le chevalier Trumeau, 1880, 1 acte répugnant, ignoble ; — Pendant le haï, 1881, badinage : deux jeunes filles évoquent le futur possible et font une répétition générale des cérémonies du mariage .à la mairie et à l'église ; — Le théâtre chez Madame, 1881 : deux scènes monologuées ; — La poupée, 1881 ; — Le narcotique, 1882 ; — La souris, 1887, histoire d'un mariage d'amour, assez abondante en jolis détails ; rôle choquant et trivial de Pepa. La souris, c'est Marthe, trottant menu, se blottissant, que l'amour va dénicher et qu'il marie à un quadragénaire ; — Cabotins, 1894, tableau du relâchement des mœurs modernes «qui n'est pas exempt d'une sorte d'impudeur » (J. Le-

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maître) ; — Mieux vaut douceur... et violence, 1897, deux proverbes lestes et inférieurs.

Jean Palaprat, sieur de Bigot (1650-1721), est surtout connu par sa collaboration avec l'abbé Brueys dont le nom ne se sépare pas du sien.

Alexandre Parodi, poète et auteur dramatique français, né en Crète, 1842, mort à Paris, 1901. Il recherche dans son théâtre les situations fortes et brutales et il les expose en vers tragiques où passe parfois le souffle de Corneille.

Ulm le parYicide, 1872, pièce obscure et mal construite ; — Rome vaincue, 1876, sujet emprunté à Tite- Live et vigoureusement traité : une Vestale a commis une faute ; pour apaiser les Dieux irrités, il faut qu'elle meure ; coup de théâtre ; peu moral ; — Vinflexible, 1884, un viol, une mère folle, conflit tragique de deux pères, plusieurs morts ] — La reine Juana, 1893 : en Espagne, au XVI^ siècle, histoire de Jeannela-folle, un moine fanatique, violences et idylle; — etc.

Joseph Patrat (1732-1801), comédien et auteur de cinquante-sept pièces en vers libres ou en prose.

Son chef-d'œuvre est L'anglais ou le fou raisonnable, 1781, qui obtient encore un succès de bon aloi : il s'agit dans ce petit rote naïf, touchant et humoristique d'un anglais qui veut se tuer et diffère toujours la mise à exécution de sa résolution parce qu'il trouve une bonne action à accomplir : arrivant dans une auberge, il empêche une saisie, dote la fille et la marie à son fiancé.

Louis Péricaud (1835-1909), acteur à la Porte-Saint- Martin, chansonnier et auteur d'une cinquantaine de pièces : Tonton, 1903, vaudeville très libre : — T,a fille aux écus, 1898, gros mélodrame réaliste ; — La pierre de lune, 1909, adaptation du roman naïf de Wilkie

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