‹ Les pièces de théâtreChapitre 147 sur 170 · RICHEPIN · texte numérisé non relu

RICHEPIN

La visite, 1899 ; — Le liseron, 1901, apologie de l'union libre : un artiste, comme un liseron, mourrait d'être transplanté du libertinage à la vie régulière ; — La lune de miel, 1902, avec Bernède, quiproquos très risqués et choquants ; — La femme au m,asque, 1905, folie très croustilleuse ; — Le prétexte, 1906 : situation de deux époux divorcés qui se querellent et se réconcilient.

JEAN Richepin, né à Médéah en 1849. « Il avait emporté de son berceau placé sur le seuil du désert, la séduction des horizons immenses, l'horreur des existences claquemurées dans la règle ou la coutume. Il pose en Touranien indomptable ».

« Il pose aussi en bourgeois matérialiste : et tous les sujets qu'il chante sont ceux par quoi l'esprit et le cœur des bourgeois sont émus davantage : Dieu en qui le bourgeois croit mais qu'il méprise ; la mer qui fait rêver le bourgeois enfermé dans son étroit milieu; les gueux qui inspirent aux bourgeois une admiration mêlée de terreur... Richepin n'a que des idées simples et en petit nombre, mais il les exprime à perpétuité, comme font les bourgeois dont les idées générales sur le monde extérieur sont toujours les mêmes » {Revue bleue, 1900).

Enfin, c'est un virtuose qui saisit tout prétexte à développement oratoire et à lieu-commun poétique. Poète truculent, docteur ès-lyrisme, maître ouvrier en rimes fastueuses et lanceur de hardies métaphores.

Il publie d'abord la Chanson des queux. « Elle était faite de rugissements de haine et de hoquets d'ivresse ; les vers en étaient plus luxurieux encore que luxuriants... C'était grossier jusqu'au cynisme, faisandé jusqu'à la décomposition... Il eut un procès, il était sûr désormais de la gloire. Il hurla contre la société, il hurla contre les lois, il hurla contre

Page 1