SOULIE — SOUVESTRE
Il fit ses premières armes dramatiques dans la poésie : Roméo et Juliette, 1828, reflet de Shakespeare ; — Christine à Fontainebleau, 1829, tragédie échevelée, brutale, pas de succès.
Puis, il se lança dans la fabrication des drames en prose : La famille de Lusigny, 1831, emprunté au Fils naturel, de Lacretelle ; — Clotilde, 1832, drame terrible, tableaux de mauvaises mœurs ; — Vhojnme à la blouse, 1833 ; — L'ouvrier, 1840, drame révolutionnaire et démoralisant ; — etc., etc.
La Closerie des Genêts, 1846, est un chef-d'œuvre, populaire, attachant, sans indécences, puisé dans ses deux romans La Lionne et La comtesse de Monrion : c'est en un mot l'histoire d'une jeune fille séduite et de sa sœur, autour de la closerie où la seconde a porté l'enfant de la première.
Maurice Soulié, né en 1869, neveu du précédent, collaborateur de P. Fournier, de Gorsse, Marsolleau, Véber, etc. Comédies rosses et croustilleuses : Vanicroche, 1893 ; — Le nez qui remue, 1901 ; — Chènecœur, 1899 ; ^ Le mari de Loulou, 1906 ; — Le dernier troubadour, 1907 ; — Jeanne qui rit, 1908, obscène.
Alexandre Soumet (1788-1845), romantique à papillotes qui eut sa célébrité, son salon et ses admirateurs. « C'est, dit un critique, l'écho décomposé de la voix de Racine résonnant dans une cruche » : il semble, en effet, quïl a voulu parachever et shakespeariser Racine dans ses quelques ouvrages : Saiil, 1822 ; — Clytemnestre, 1822 ; — Cléopâtre, 1824 ; — Norma, 1831 ; — Jeanne d'Arc, 1825, genre guindé, quelques scènes à prendre ; — TJne fête sous Néron ; — etc.
Emile Souvestre (1806-1854), le « philosophe sous 'es toits », romancier et journaliste ; se fit une petite place au théâtre : Henri Hamelin, 1838, un industriel
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qui perd sa fortune et îa fidélité de sa femme ; — Le mousse, 1840, passages scabreux et inconvenants ; — L'oncle Baptiste, 1842, ensemble convenable, passages risqués ; — etc., etc.
Paul Spaak, écrivain belge qui a fait jouer en France : Kaatje, 1908, comédie sentimentale, distinguée ; — La Madone, 1908, acte écœurant.
Auguste Strindberg, littérateur suédois, né en 1849. Il tient tout entier dans un mot : révolte. II a tout combattu : son œuvre n"est qu'une série de pamphlets dirigés contre la religion, la royauté, la science, etc. Par parti-pris et par esprit d'opposition, il a successivement déblatéré contre ce que l'opinion et son temps prônaient davantage : aussi a-t-il eu tantôt contre lui, tantôt avec lui, les athées, les mystiques, les antiféministes et même parfois les chrétiens, puisque le jour où il a vu que le pays devenait irréligieux, il s'est déclaré partisan des pasteurs. Au total, c'est un des hommes et des écrivains les plus exécrés et les plus exécrables de notre époque.
Au théâtre, il a donné des drames historiques, des drames mystiques, des drames intimes sur et contre la femme. On a représenté à Paris : Mademoiselle Julie, 1893, physiologique, scabreux, à la façon de Zola ; — Les créanciers, 1894, brutal ; — Le Père, 1894, « d'une accablante monotonie dans l'horreur » (J. Lemaître).
Hermann Sudermann, né en 1857, grand dramaturge de la jeune Allemagne dont quelques œuvres ont été importées sur les scènes parisiennes : Vhonneur, 1901 ; — Magda, 1895 : « poème de révolte, d'esprit ibsénien ; l'héroïne ressemble aux blondes individualistes d'Ibsen et aux émancipées de Sand » (J. Lemaître); — Fritzchen, 1908, drame d'angoisse, hon-
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nête ; — Parmi les pierres, 1908, drame de pitié qui rappelle Les Miséfables et Les deux orphelines.
Eugène Sue (1804-1857), Todieux auteur du Juif-errant, l'un des écrivains les plus populaires et les plus néfastes de son époque.
Il a produit sur la scène quelques-uns de ses romans : Les Mystères de Paris, 1843, avec Félix Pyat, croquis de bagnes, de mauvais lieux, de chenapans et de filles; — Mathilde, 1842, avec le même; — Martin et Bamboche, 1843 ; — La Morne au diable, 1848 ; — Le Juif-errant, 1849, avec Dennery ; pamphlet ignoble contre les jésuites.
Toutes ces pièces sont saisissantes, mais horribles, infectes, dissolues et dissolvantes : Sue était un inventeur, mais quelque chose comme le Restif de la Bretonne du romantisme expirant et du socialisme à son aurore.
André Sylvane, né en 1850, de son nom de famille Marie-Paul Gérard, ancien commissaire-priseur, collaborateur principal de Bisson.
On n'apprécie pas longuement les vaudevillistes, on s'en défie. On se défiera donc, plus ou moins, des gauloiseries suivantes : Le sursis, 1896 ; — La bonne d'enfant, 1900 ; — Le second ménage, 1902 ; — La layette, 1899, avec Desvallières, très grivois et très osé ; — La culotte, 1898 ; — Le fiancé malgré lui, 1899, avec Mme Pauline Thys, moins ; — Le jeune homme d'en face, 1906 ; — Le Petit Fouchard, 1908, avec Raymond, historiette grosse et grasse ; — Le serment d'Yvonne, sentimental, leste ; — etc.
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IP
Edmond Tarbé des Sabicns (1838-1900), littérateur et critique musical, fondat-eur du Gaulois. On lui doit, outre des romans, des drames : Monsieur de Morat, 1887, tiré du roman portant le même titre, ignoble et répugnant ; — La Maîtresse d'école, 1897, pièce naturaliste qui fut retirée par l'auteur lui-même, à la suite des protestations de la salle ; — Les deux bigavies, scabreux.
Emmanuel Théaulon (1787-1841), émule de Scribe à ses débuts, son égal par la fécondité. Un panier percé par tous les bouts, dissipateur de son argent et de son esprit, mauvais sujet et bon enfant, musicien, peintre et poète d'instinct, essayant de tout et n'arrivant guère qu'à faire des fours (l'expression fut rajeunie de son temps, à l'occasion de son entreprise des fours-couveuses).
Parmi ses productions dramatiques, nous citons : M. Jovial ou l'Huissier' chansonnier, 1827 ; — Le père de la débutante, 1837, avec Bavard ; — Un page du Régent, sa femme le corrige de l'adultère en le ridiculisant ; — Le sculpteur ou une vision, 1838, avec Biéville, très scabreux ; — La fille d'un voleur, 1839, mariage d'un jeune homme riche avec une jolie ouvrière ; — Le spectacle à la cour, sentimental, risqué ; — Claude Bélessan, 1835, des Européens échoués chez les anthropophages, scabreux ; — Le diamant, 1839, histoire d'un bijou rapporté des Indes et que des joailliers déclarent être faux, honnête ; — La France pittoresque ou la reine des vendanges, 1834, grivois ; — La mère au bal et la fille à la maison, 1826, choquant, leste ; — etc.