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BEAUMARCHAIS

théâtre, Beaumarchais a en effet pratiqué tous les métiers et toutes les industries ; rusé faiseur, fastueux financier, éternel plaideur, audacieux filou, homme de société brillant, il suivit rapidement et heureusement la carrière des arts, de la fortune et de la cour.

Dans la carrière dramatique, il marcha d'abord sur les traces de Sedaine et produisit Eugénie, 1767, comédie larmoyante et banale, et Les deux unnis, 1770.

Ces deux pièces ainsi que La Mère coupable, 1792, ne sont plus que des curiosités littéraires. Le barbier de Séville et Le mariage de Figaro, sont des chefsd'œuvres. Nous leur devons quelques mots.

Le Barbisr de Séville, comédie en 5 actes, 1775, est l'ancienne histoire du tuteur dupé par l'éternelle ingénue. Un seigneur espagnol, le comte Almaviva, s'est épris d'une jeune fille Rosine, gardée à vue par son tuteur Bartholo. Il désespère de l'aborder jamais, quand il rencontre son ancien valet Figaro, devenu barbier, qui lui offre ses services et tous les tours de son sac. Grâce à lui, le comte déguisé en soldat, puis en maître de chant (pour remplacer Basile malade ; rôle de Basile, le calomniateur sans scrupule) ; il pénètre chez Bartholo, trompe toutes les surveillances et berne si adroitement son hôte qu'il obtient la main de la jeune fille.

Cette pièce fit un bruit extraordinaire : on souligna les traits satiriques, les saillies spirituelles, et surtout on se laissa prendre à la pressante dialectique de cette œuvre audacieuse et excitante.

Le Mariage de Figaro ou une ^olle journée, 1781, est plus célèbre encore. L'intrigue tout entière roule sur la rivalité du maître et du valet. Figaro, concierge au château d'Aguas-Frescas, veut épouser Suzanne, la camériste de la comtesse. Almaviva veut ressusciter dans cette circonstance le prétendu droit du seigneur auquel il a renoncé. De cette concurrence naissent tou-

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tes les péripéties de la pièce : le rôle du page Chérvibin où Beaumarchais semble avoir incarné toutes les grâces et toutes les corruptions de son siècle, la reconnaissance de Figaro et de Marceline sa rnère qui sur l'ordre du comte a failli devenir sa femme, les méprises libertines de la scène du bosquet et la réconciliation finale.

Celte pièce est une machine de guerre contre les institutions existantes; elle est essentiellement révolutionnaire et c'est ce qui fit son succès. A ce point de vue, elle est une date, comme Le Cid et Hernani. Elle renferme toutes les idées du temps, déjà exploitées par Voltaire, Montesquieu et Diderot. Beaumarchais a eu le talent de les réunir, de les aiguiser en flèches, de les barbeler avec des plumes étincelantes, et de les diriger à coup sûr contre l'édifice social et à l'adresse des soutiens de l'ancien régime.

Aussi, elle est immorale. <( Tous les personnages sont immoraux. Le dénoùment est bien, si vous y tenez, le triomphe de la morale ; mais ce n'est guère celui de l'innocence et de la vertu. Une épigramme du temps passait en revue tous les vices des personnages de la pièce et concluait que l'auteur les réunissait tous en lui » (G. Larroumet). (( Elle est immorale par quelque chose qui est répandu dans la pièce entière. On ne sait quel sentiment d'irrévérence profonde, de révolte insolente et comme enivrée y circule d'un bout à l'autre ; on y sent une sorte de rage joyeuse de démolition, dont Bridoison lui-même semble atteint à un moment » (J. Lemaitre).

Arthur Rousseau de Beauplan (1823-1890), fils d'Amédée, l'auteur de nombreuses romances. Parmi ses nombreux vaudevilles, drames et livrets, il faut citer comme mémento : Le lis de la vallée, 1853, tiré du roman de Balzac ; — Vécole des ménaqes, 1858,

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