‹ Les pièces de théâtreChapitre 36 sur 170 · S2 BRIEUX · texte numérisé non relu

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quent plaidoyer ; mais il laisse croire qu'en dehors de l'enfant, le divorce est permis.

Résultats des courses, 1898 : contre la passion du ^eu, jusqu'au sein des classes ouvrières. A utiliser.

La robe rouge, 1900, contre la fièvre de l'avancement, Tarrivisme et le métier dans la magistrature ; pas d'intrigue amoureuse ; observation cruelle et pénétrante. Il s'agit de savoir si le procureur Vagret revêtira enfin cette robe rouge, la toge de conseiller, objet de convoitise de nos magistrats ? Un crime a été commis dans son ressort. Mouzon a fait arrêter un paysan basque, Etchepare, et s'efforce de lui arracher des aveux. N'y parvenant pas, il le confronte avec sa femme Yanetta quil a d'abord intimidée. Cependant Etchepare et Yanetta que sa révolte a fait inculper de complicité, sont acquittés grâce à la probité de Vagret... Et Mouzon est nommé conseiller. Mais Yanetta qu'une révélation du juge a perdue aux yeux <ie son mari lui plonge un poignard dans le cœur.

Les avariés, 1901, intention droite, mais sujet très scabreux qui devient à la scène un objet de scandale. La place faite à la morale est notoirement insuffisante.

Les remplaçantes, 1901 : contre les mères qui refusent d'allaiter leurs enfants, par paresse ou coquetterie, ou encore par l'immoralité de leurs maris ; aussi, contre le désordre que crée au sein des familles rurales l'industrie nourricière.

La petite amie, 1902. Deux problèmes : l'attitude <3'un père à propos d'un projet de mariage d'un fils séducteur ; la situation périlleuse ou dévergondée des ouvrières de modes.

Maternité, 1903 : contre la loi qui interdit la recherche de la paternité. Pas de solution.

La couvée, 1904, 3 actes, utiles enseignements pour

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les belles-mères qui s'imposent chez leur gendre, pas d'inconvenances.

La déserteuse, 1904 : la femme qui abandonne son mari et sa fille. Pièce mal sortie.

Uarmature, 1905 : d'après le roman de Paul Hervieu ; contre le rôle de l'argent qui cache tant de vilenies.

Les Hannetons, 1903 : comédie libre, sans thèse. Le hanneton- est un viveur qui a. un fil à la patte. Scènes répugnantes.

La Française, 1907 : contre notre manie nationale de nous dénigrer et de nous déprécier.

Simone, 1908 : contre la vengeance personnelle des époux trahis.

La foi, 1909 : drame antique bourré de sous-entendus et qui révoltera les consciences catholiques. « C'est, dit l'-auteur, l'œuvre de toute ma vie, celle pour 4aquelle je souhaite d'être jugé tout entier ». Hélas !

Sitzette, 1909, drame familial qui prêche aux parents l'oubli de toutes leurs rancunes, pour le bien des -enfants.

Edouard - Louis Brissfearre (1818-1871), esprit observateur, inventif, original, il a abordé le vaudeville et le drame, et il signa soit seul, soit avec Bourgeois, Dum^anolr, Nyon, Marc-Michel, Nus, Barrière, etc., plus de cent pièces.

Ces productions spéculent sur les vices et les bassesses du temps, ou au moins sont composées de rocamboles et de choses vulgaires ; si la conclusion et l'intention renferment une idée morale, les péripéties ne s'en soucient guère. Citer ces scènes de la vie réelle, de la vie parisienne, de la vie nocturne, c'est un peu définir son genre. Et nommer L'Histoire d'une rose et d'un croque-mort, 1851 ; — Rose Bernard, 1857 ; — ■ La route de Brest, 1857 ; — Les ménages de Paris,

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1859 ; — Léonard, 1863 ; c'est faire assez dhonneur à cet « arracheur de dents ». On pourrait cependant louer et représenter Les Pauvres de Paris, 1856, drame où la misère en habits noirs est dépeinte avec une âpreté sauvage ; — Les médecins, 1863. galerie de types sans grand intérêt dramatique.

On évitera ces deux pièces de salons : L'automne d'un farceur, pantalonnade très grosse ; — et Les Lettres des anciennes, scènes libertines.

David de Brueys (1640-1723), calviniste converti par Bossuet. ,11 entra dans les ordres après la mort de sa femme, et se consacra en même temps à la défense de la foi catholique et à l'art dramatique. Ses pièces sont plus connues que ses travaux théologiques : elles sont dues à sa collaboration avec son ami Palaprat.

Le Grondeur, 1691, comédie de caractère que Voltaire plaçait bien au-dessus des « farces » de Molière; — Le Muet, 1691, imité de VEunuque, de Térence, qui pour être admis à la scène française dut changer d'infirmité ; — L'avocat Patelin, 1703, imitation souvent heureuse de la plus célèbre des farces de l'ancien théâtre.

Charles Buet (18''i-6-lS97), doit être signalé ici avec Le Prêtre, 1881, drame en 5 actes et 8 tableaux, représenté à la Porte Saint-Martin et depuis dans nos cercles. « Ni sa verve de journaliste, ni son talent de romancier ne lui ont valu ce que ce drame lui a donné en quelques heures, une pjlace visible au soleil de la publicité. Il a su passionner le public avec un prêtre, resté prêtre dans la pureté de son personnage » (Barbey d'Aurevilly).

Ses quelques autres pièces ne manquent pas d'intérêt et peuvent être reprises : Le prisonnier de Miolans, représenté pour la première fois au collège de

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Saint-Pierre, à Albigny ; — Le bailli de Rouhaix, dramatique et honnête ; — Un brave.

Lliomme au capuchon rouge, est plutôt inférieur.

Paul Burani, nom sous lequel est connu Urbain Roucoux, né en 1845, ancien fonctionnaire, journaliste, auteur de chansons, vaudevilles, opérettes et revues. Le moins qu'on puisse dire de toutes ces productions, c'est qu'elles sont de très mauvais goût.

Burani avait hérité de l'esprit naïf et inventif des fiéres Cogniard et il a obtenu des succès éclatants dans la féerie (Le prince Soleil, fut joué pendant huit mois, lors de l'exposition de 1889), dans le vaudeville et la bouffonnerie {Les pompiers de Nanterre, Le cabinet Piperlin, etc.) ; mais il avait trop de « conunan- 3es » : il a sacrifié, pour gagner de l'argent, son talent et le respect de la morale.

William Busnach, (1832-1906). Exemple bizarre d'un juif né en France, d'un père algérien, qui a un nom allemand, un prénom anglais et qui est italien. ;i a surtout adapté à la scène des romans à succès, et spécialement ceux de Zola : Nana, 1881 ; — L'Assommoir, 1883 ; — Pot Bouille, 1883 ; — Le Ventre de Paris, 1887 ; — Germinal, 1888 ; — etc. C'est assez quaifier cette partie de son théâtre.

On lui doit aussi Le truc du colonel, libertin : — Voleuse ! scènes naturalistes ; — Le château Yquem, graveleux ; — L'Education d'Ernestine, très libre ; — La soucoupe,: très hardie ; — Le Club des séparées, grivoiseries ; — Mon mari est à Versailles, libertin ; — Les esprits des Batignolles, folie très libre.

On a adapté pour les œuvres Le petit Jacques, 1881, ivec Claretie, pièce qui a obtenu un grand succès lont B. dAurevilly a dit : (( C'est l'abjection des âmes iu temps qui l'a fait » ; — Ali Baba, 1889, opéra-co-

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mique dont la musique de Lecocq est de beaucoup supérieure au livret.

On joue dans les salons Le Myosotis, aliénation mentale et musicale, très cocasse et honnête ; — Un fiancé à l'heure, avec Bernard, propre ; — etc.

G. DE Biiysieulx, collaborateur de Roger Max dans L'Inévitable, 1904 ; — Monsieur s'amuse, 1905 : — ' Messieurs de la cour, 1906. Les auteurs appellent le premier de ces actes <( un péché de jeunesse » ; ils ont vieilli dans leur péché.

Avec François de Nion, La veille du bonheur, 1909, conte sentimental.

Edouard Cado! (1831-1898), Employé à la Compagnie du Chemin de fer du Nord, il quitta ses bureaux pour se rendre auprès de George Sand qui lui enseigna l'art dramatique. A défaut d'autres qualités, il rapporta au moins de cette école la fécondité et donna autant de romans que d'œuvres de théâtre.

Barbey d'Aurevilly le compare, à propos d'un de ses ouvrages, à un bourgeois qui n'est jamais à son dimanche. Toutes ces pièces ne sortent pas leur | effet, à l'exception des Inutiles, 1880. « Ceci est une pièce morale » dit l'auteur : elle a pour sujets" les jeunes qui gaspillent l'argent de leurs parents à faire des sottises dans le monde où l'on s'ennuie. L'un deux se corrige, grâce à un revers de fortune et par l'amour d'une jeune fille.

Citons encore : Le bésigue chinois, réconciliation de deux divorcés ; — Son Altesse, très scabreux ; — La fête, les tristes dessous de la vie dé plaisir, intention honnête ; — Le Mariage rompu, drame immoraL

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Louis Caigniez (1762-1842), l'un des émules de Ducange et Pixerécourt dans le domaine du mélodrame,, le Racine du Boulevard. Il a les défauts et les qualités de son école et de son époque : il cherche avant tout les fortes émotions et les larmes, sans souci de l'invraisemblance; il met en scène le traître et l'innocente malheureuse, selon la formule.

Nous ne nous attarderons pas à nommer ses pièces. Il nous suffira de nommer La pie voleuse ou la servante de Palaiseau, qui fut longtemps applaudie en 1815 et dont la donnée fut reprise par Rossini dans la Lazza Ladra.

Gaston de CaMJavet, né en 1870. Son nom ne se sépare guère de celui de Robert de Fiers ; on le trouvera mentionné à l'ordre de ce dernier. Signalonsici l'une de ses polisonneries, L'Instantané, 1901, avec Hugues Le Roux.

Henri Cain, né en 1857, peintre, auteur dramatique et librettiste très... demandé. On trouvera ses œuvres au nom de ses divers collaborateurs. La plus récente est Les révoltés, 1908, avec Edouard Adenis,. mélodrame avec effets à volonté.

Alfred Capus, né en 1858, romancier, chroniqueur,, auteur dramatique. Sa manière et son talent sont difficiles à caractériser. Les anecdotes qu'il met à la scène sont des faits divers, choisis dans des milieux fort vulgaires, très minces, et souvent scabreux, à travers lesquels Capus pique des mots, des mots de situation, des réflexions qui moussent comme du Champagne, des sourires et aussi les flèches barbelées de la satire. Ce mélange de flegme goguenard, d'apparent laisser-aller, le feint optimisme sous lesquels se dissimulent des mépris, des dédains et peutêtre des leçons, c'est Capus.

Ce qui explique son succès et ce qui le rend dan-

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