CLAIRVILLE — CLARETIE
Clairville, nom sous lequel est connu Louis Nicolaïe (1811-1879), fils d'un acteur. Clairville est par excellence un parodiste : les 600 pièces qu'il a fait représenter soit seul, soit de compte à demi avec Dartois, Dumanoir, Mélesville, Dennery, Varin, Cordier, Siraudin, Cogniard, etc, sont surtout des bouffonneries très burlesques, où sont exploitées avec à propos toutes les actualités : elles fourmillent d'allusions transparentes aux événements, aux inventions, aux lois, aux menus faits, aux scandales et aux hommes du jour. Même ses comédies de mœurs tournent à la charge.
Seuls, ses livrets d'opérette sont r stés dans certains répertoires, avec La Miniature, fort léger ; — Jean le pingre et Pierre le large, vaudeville vulgaire et moral.
Clairville neveu, alias Charles Nicolaïe, né en 1855, a marché sur les traces du précédent et a bénéficié de sa renommée dans les théâtres de bas étage. On joue dans les salons mondains : Five o'clock, saynète conjugale ; — Deucalion et Pyrrha, sensuel, difficile ; — Une femme dégelée, vaudeville très libre.
Jules Claretie né en 1840, directeur de la Comédie- Française, <( le plus grand propriétaire foncier de la littérature polygraphique : il a écrit des romans, des diames, des ouvrages historiques, des contes, des nouvelles, des chroniques, des feuilletons dramatiques, des feuilletons littéraires, des courriers de Paris, des correspondances militaires ; il a prononcé des 'discours et fait des conférences... » (Jeanroy-Félix). Quand on édifie sur tant de terrains, il est difficile de créer une grande œuvre : les pièces de Claretie ne soitent guère du bon ordinaire :
Les Muscadins, 1875, une conspiration sous le Directoire ; — Le régiment de Champagne, 1877 : glori-