AICARD
mental et le seul moyen de rester attaché à celui qu'elle chérit comme un père. L'état d'esprit malséant et invraisemblable dans lequel l'auteur a placé son héroïne et l'état de parenté morale dans lequel il l'a d'abord fait vivre rendent ce mariage monstrueux et donnent à l'ensemble des situations un caractère choquant et scabreux.
Le héros de Smilis se suicide, celui de La Légende du cœur, 1903, meurt, pour avoir trop aimé dame Tricline. Cette histoire effroyable qui rappelle le festin de Thyeste et qui a pour héros Guillaume Cabestang, le troubadour, se passe en Provence au XIV° siècle.
Le Père Lcbonnard, 1889, est par excellence Fœuvre de la bonté. C'est la bonté qui ramène le bonheur et la paix dans une famille sur laquelle pèsent des fautes odieuses.
Le vieil horloger Lebonnard, nouveau Chrysale, laisse sa femm.e maîtresse absolue de sa maison. Mais cette bourgeoise, entichée de noblesse, voulant contraindre sa fille Jeanne à bannir l'élu de son cœur pour épouser un hobereau, Lebonnard puise dans son amour paternel une heure d'énergie, et déclare à sa femme qu'il connaît sa faute ancienne, et qu'il sait que Robert n'est pas son fils. Après cet accès de colère — qui donnera le bonheur à tous — le père Lebonnard retourne tranquillement à ses pendules et à ses horloges.
Le Manteau du roi, 1907, plaide en outre les droits de la justice. « C'est, dit M. l'abbé Calvet à qui nous empruntons le fond de cette notice, Thistoire d'un roi cruel qui devient bon. Le pouvoir absolu l'a gâté ; il s'est persuadé qu'il était plus qu'un homme, il a méprisé et tyrannisé les hommes. Que faut-il pour qu'il se corrige ? Il faut qu'il entende la voix de la justice qui est la voix de Dieu ; il faut qu'il enienc!e la voix du peuple et la voix de la patrie ; il faut qu'il souffre de ses propres lois. Il faut que souffrant de ses lois.