‹ Les pièces de théâtreChapitre 6 sur 170 · A J ALBERT — AMI GUE S · texte numérisé non relu

A J ALBERT — AMI GUE S

il crie comme le dernier de ses sujets, sous la douleur. Alors, peut être, devant Dieu il reconnaîtra qu'il est homme et il sera bon. » Œuvre élevée et saine qui repose et qui console.

Les critiques catholiques en savent gré au sympathique auteur et ils se montrent en général bienveillants pour lui. Il faut être indulgent pour ceux qui i'Oni bons : il y a tant de méchant-^s gens dans le monde.

Jean AjaJbert, voyageur, romancier et dramaliste, né en 1863. Il a osé porter au théâtre l'ignoble roman des Concourt intitulé La Fille Elisa, 1890, dont la représentation fit l'objet d'une interpellation parlem.entaire fameuse. A fleur de peau, est un acte rii^qué.

Paul Alaxis (1847-1901), le disciple de Zola, et l'un des fournisseurs du Théâtre-Libre. Jetons un voile sui- ses œuvres théâtrales : le temps les a déjà ensevelies dans l'oubli, hormàs deux adaptations :

Avec la collaboration d'Oscar Méténier, il a porté à la scène deux romans des Concourt: Les frères Zemgamo, 1890, histoire honnête et émouvante de deux clowns, peu scènique : — Charles Dewailly, 1892, pirce d'une impression très pénible et au fond malsai Qe.

Henri Amie, est l'auteur de quelques pièces à qui les qualités littéraires et les gravelures ont valu un demi-succès : Mademoiselle Dargens, 1888, drame larmoyant, histoire d'une séduction ; — Une venijeunce, 1890, adultère ; — Un bon garçon, 1894, desordres et suicide ; — Une mère, 1894, scènes nauséabondes ; — Four le drapeau, 1895, m.oins tourmenté.

Jules Amrgues (1829-1883), journaliste et écrivain politique, communard, député de Cambrai en 1877,

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collaborateur du Figaro. Dans tous les genres qu'il a cultivés, il n'a atteint que des demi-auccès. Deux pièces : Maurice de Saxe, 1870, drame en vers, avec Desboutin, histoire de la femme de Favart et du maréchal, -luttes du mari-comédien avec l'illustre amant, rôle d'un curé qui manque absolument d'esprit et de l'esprit de son état ; — La comtesse Frédégonde, 1887, drame posthume en vers, sur la favorite du duc de Hanovre et ses amours avec Kœnigsmarck.

Jacques Ancelot (1794-1854). On ne peut pas ouvrir une galerie de dramaturges sans y placer Ancelot. On doit signaler, mais sans y insister, les succès prolongés qu'obtinrent ses tragédies et mélodrames, Louis IX, Lliomme du inonde ; et ses vaudevilles ou comédies : Olga ou V Orpheline russe, Le roi fainéant. Une dame sous Vempire, la Madame sansgêne de cette époque ; Madame Duchâtelet, libertin ; — etc.

Georges Ancey, de son vrai nom Georges Mathiron de Curnière, ancien attaché d'ambassade, né en

« Ce qui caractérise sa manière, écrit René Doumic, c'est l'emploi de l'ironie continue, de la fumisterie sans répit, de la blague à froid. ..Ses personnages sont constamment préoccupés de se montrer sous leur aspect le plus laid... Il sacrifie son talent aux succès de scandale. »

Œuvres : Les inséparables, 1889, vaudeville pessimiste, scabreux ; — L'école des veufs, 1889 : c'est, disait Gil Blas au lendemain de la première, le partipris de nous monter partout et toujours le vice sous la forme la plus inconsciente, la plus bestiale ; — Grand'mère, 1890, comédie plus acceptable, mais suspecte ; — La dupe, 1891, œuvre brutale, répugnante, irritante, bourrée de mots grossiers; — L'avenir, 1899,

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mauvaises mœurs ; — Ces Messieurs, 1905, longue et venimeuse diatribe contre le clergé. « J'ai voulu, dit Tauteur, montrer la terrible influence du prêtre sur la femme » ; — Monsieur Larrihlin, très libertin.

Jean Andrieux (1759-1833), poète, tribun sous le Consulat, conteur espiègle qui rappelle La Fontaine et Horace. On connaît encore ses contes en vers et en prose, entre autres Le Meunier Sans-Souci et La promenade de Fénelon. Quant à ses œuvres dramatiques, elles n'ont pas laissé de trace : lunius Brutus, tragédie en vers ; Les Etourdis ou Le Mort supposé : La suite du Menteur ; La soirée d'Auteuïl : Le rêve du mari,, complot de trois femmes contre un mari jaloux ; — etc.

Gabriele D'Annunzio, né en 1864, « sur les bords turbulents de l'Adriatique ». Romancier et aramatiste et surtout poète, poète immense : il a été appelé « un Homère en miniature, un Tasse en terre cuite de Sienne »., Au point de vue moral, il est somptueusement, perfidement et constamment sensuel.

Il se fit connaître en France par La ville morte^ 1898, drame parfaitement immoral auquel Sarah Bernhardt prêta son concours. Il donna successivement Le songe d'une matinée de printemps, 1897, poème dramatique traversé du souffle d'une Ophélie folle d'amour ; — Le songe d'une nuit d'automne, 1898, fantaisie d'une extrême hardiesse littéraire et très perverse.

Ses trois œuvres dramatiques les plus importantes sont La fille de Jorio, 1905 ; La Gioconda, 1906, et La nef, 1908. Cette dernière est une « longue série de numéros de cirque ou d'arènes, à la fois les plus sensuels et les plus effrayants qu'il soit possible de rêver » (Th. de Wyzewa, Bévue des Deux Mondes). Quant à La Gioconda, elle est dédiée « à La Duse aux

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belles mains » et les mains éloquentes, vaillantes, consolatrices, de la merveilleuse actrice y jouent un rôle important, comme on le jugera par ce sommaire :

« Le sculpteur Lucio, oscillant de sa femme Silvia à son modèle Gioconda, admirant les vertus familiales de la première, mais entraîné vers (iioconda par sa merveilleuse plastique, son geste admirable, le l'ythme de ses attitudes qui l'inspirent, souffre profondément. Sa femme lui donnerait sa tendresse et toutes les joies honnêtes des bourgeoises. Gioconda allume en lui la flamme du génie et le fait grand artiste. Il est peu de scènes aussi impressionnantes que celle où Lucio expose à un ami, Cosimo, les tourments qu'il endure, la lutte intime qui l'énervé et l'endolorit, la force impérieuse qui le pousse vers son modèle.

L'épouse trompée donne rendez-vous au modèle dans l'atelier du mari. Une dispute s'ensuit. Silvia, voulant sauver une statue de la destruction que voudrait Gioconda, s'écroule, les mains broyées par le marbre. Mutilée dans son âme, comme dans son corps, elle ne pourra même plus prendre les fleurs que lui offre son enfant. Et le rideau tombe sur ce tableau de Silvia couvrant de larmes et de baisers, sans pouvoir même le serrer sur son cœur, le \isage de sa fille Beata. »

Paul Anthelme, de son vrai nom Paul Bourde, publiciste et fonctionnaire. Sa pièce La fin du vieux temps, 1892, est une étude de mœurs paysannes de la Bresse, histoire du mariage d'un brave garçon et d'une brave fille, contrarié par un grand'père avare et impérieux. Les 5 actes de Nos deux consciences, 1902, ont une tout autre portée. Cette œuvre, d'après l'auteur lui-même, veut montrer qu'il y a deux consciences qui se disputent la France depuis un siècle, la conscience chrétienne et la conscience révolution-

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