‹ Les pieds mauditsChapitre 12 sur 34 · LÀ PRIERE DU LEVITE · texte numérisé non relu

LÀ PRIERE DU LEVITE

Pendant que le vieillard priait, le César achevait l'examen du panorama de la ville que son regard embrassait, des hauteurs de la colline, et, comme complément aux renseignements qu'il venait de recevoir de la bouche du vieux sacrificateur, il admirait, lui-même, et calculait la force de la fameuse citadelle Antonia assise, menaçante, dans l'angle que formaient les deux galeries du premier temple qui regardaient l'occident et le septentrion.

Bâtie par Hérode, sur un roc de cinquante coudées de hauteur, elle était aussi inacessible que magnifique.

Il avait, en efiet, fait incruster de marbre ce rocher, du pied jusqu'au sommet, aussi bien pour l'illustrer de splendeur que pour le rendre si glissant qu'il fût impossible de l'escalader ou d'en descendre.

Titus avait entendu parler de l'aménagement intérieur, somptueux, de cette tour qui contenait tant de logements, de bains et de salles immenses qu'elle était un véritable palais avec des dépendances si importantes qu'on l'eût prise, volontiers, pour une petite cité.

Pour le moment, le César n'en considérait que le circuit

qai lui donnait la forme d'une tour, accompagnée de quatre autres placées à des distances égales les unes des autres. Du haut de celle qui regardait le midi et l'orient on pouvait \oir et surveiller tout ce qui se passait dans toute l'étendue du temple.

La tour Antonia était la véritable citadelle du temple, comme le temple était la citadelle de la ville.

Les Romains, de tout temps, y avaient maintenu une garnison qui avait mission de s'assurer de la ville et du temple et de tenir tous les partis juifs dans l'obéissance.

Par ordre de leur général, les quelques cavaliers qui l'avaient suivi s'étaient hâtés, pendant qu'il interrogeait, lui-même, le vieillard, de parcourir en éciaireurs toutes les parties des faubourgs accessibles aux chevaux, afin de reconnaître l'état des lieux et les travaux de la défense.

Un calme absolument plat régnait sur les remparts, on n eut pas dit qu'une ville en état de siège préparait sa défense au miheu des convulsions intestines et de l'anarchie bruyante.

Les soldats romains revenaient vers leur chef lorsque, soudain, une des portes de la ville s'ouvrit; des éclats de trompettes déchirèrent l'air matinal et une armée de juifs s'élança au pas de course, en brandissant les armes et en poussant des cris tumultueux contre les cavahers romains étrangement surpris d'une si brusque sortie et d'une si violente attaque.

Oubliant le vieillard dont le cheval s'enfuit en hennissant, Titus vola se mettre à la tête de ses soldats, déjà dans la mêlée.

La vaillance romaine et le bon ordre des soldats de l'empire, finit par triompher, en cette sanglante escarmouche^ du désespoir et de l'impétuosité des Juifs.

Peu à peu, les soldats d'Israël furent repoussés vers les portes et ils rentrèrent dans la ville en apercevant une légion qu'une estafette était allée prévenir et qui arrivait au secours du César.

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