‹ Les pieds mauditsChapitre 13 sur 34 · LA PRIÈRE DU LÉVITE · texte numérisé non relu

LA PRIÈRE DU LÉVITE

Quelques cadavres jonchaient le sol sanglant sur lequel râlaient des blessés.

« Seigneur! Seigneur! disait le vieillard prosterné, prends pitié de ton peuple selon ta grande et inépuisable miséricorde! Efïace ses iniquités et couvre-les des flots de ton pardon! Nous connaissons notre péché et notre iniquité crie contre nous! Les holocaustes ne te sont plus agréables, mais tu nous aspergeras avec l'hysophe symbolique et nous redeviendrons à tes yeux plus blancs que la neige. Ne nous rejette pas de ta face et ne nous enlève pas ton esprit. Abaisse ta miséricorde sur Jérusalem et préserve les murs de Sion! Alors, tu recevras le sacrifice de la justice, les oblations et les holocaustes te seront, de nouveau, d'agréable odeur et nous immolerons des victim-es sur ton autel vénéré!* »»

Et, dans le silence rétabli, une voix douloureuse cria, sur les remparts, la mélopée farouche du désespoir, en annonçant la ruine de Sion.

C'était Jésus, fils d'Ananus, qui passait, en lançant au vent son habituelle et triste lamentation :

— « Malheur à Jérusalem!... Malheur au peuple!... Malheur au temple!... Malheur! Malheur à Sion! »

(1; P«, 5j. Païa^urase.

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