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LE TRONE DE CESAR ET LA CHAIRE DE PIERRE

Pendant que la Judée était le théâtre d'aussi tragiques événements, l'Eglise de Jésus-Christ respirait et jouissait, après tant de douleurs, d'un temps de repos bien gagné.

L'empire romain venait d'entrer, avec la mort de Néron, dans cette phase de son histoire, prélude de sa décadence, dont le signe morbide fut l'instabilité, subitement capricieuse, du trône des Césars.

La mort de Néron avait causé une révolution, ou plutôt avait été marquée par une révolution profonde dans l'Etat et un bouleversement complet dans sa constitution qui, tout à coup, devint militaire, lorsque l'élection des Césars tomba au pouvoir des légions.

Jusque-là, la dignité impériale s'était maintenue dans la famille d'Auguste, par une sorte de droit tacite de succession.

Le sénat et les prétoriens, sans doute, avaient ajouté quelque force à ce droit, mais l'élection, enfin, était restée attachée à la ville éternelle et au sang du premier des Césars.

Usurpée par les légions, elle produisit des révolutions considérables ; elle maltiplia les guerres civiles et engendra des causes de destruction. L'armée nommant son maître et ne le recevant plus de la volonté des sénateurs et des dieux, méprisa bientôt son ouvrage.

Les barbares qui s'introduisaient dans ses rangs tous les jours, s'accoutumèrent à créer des empereurs.

Bientôt, ils allaient se lasser de donner le monle, et le garder pour eux.

Mais, en attendant, toutes les tyrannies allaient fondre sur l'empire, dans la diversité de race et de nationalité des élus de la pourpre.

En Néron s'était éteinte la famille d'Auguste.

Galba qui, proclamé par les légions de la Gaule prit, un moment, l'héritage de Néron, était encore de race prmcière, mais, après lui, apparut une nouvelle sorte d'empereurs.

Galba, Othon et Vitellius allaient passer. Ils n'allaient avoir que juste le temps de mettre la pourpre sur leurs épaules pour l'en voir tomber aussitôt.

Quand Galba arriva à Rome, on le trouva trop vieux. Déjà, Othon soulevait les prétoriens; les séditieux assaillirent le vieil empereur au milieu du Forum; il tendit la gorge à ses assassins, en leur disant :

— Frappez, si ma mort est utile au peuple romain !

Sa tête tomba, elle était chauve. Un soldat, pour la porter, l'enveloppa dans un linge.

Othon avait désiré la pourpre, non pour l'empire, mais pour le plaisir.

Sans fermeté, ni force pour en jouir et pour vivre, et n'eut que le courage de mourir.

Ses soldats ayant été vaincus par ceux de Vitellius, il se coucha, dormit tranquillement et, à son réveil, se perça d'un coup de poignard.

Vitellius s'empare de la pourpre et place la bonne chère

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