‹ Les pieds mauditsChapitre 20 sur 34 · AUX PORTES DU TFMPLE · texte numérisé non relu

AUX PORTES DU TFMPLE

Dans le but de faire, la nuit, une sortie pour brûler à Timproviste les terrasses des Romains, Jean de Giscala avait fait creuser une mine sous le mur de la tour Antonia qui était, pour ainsi dire, la clef de la défense du temple.

En eÔet, il parvint, par ce moyen, à ruiner quelques-uns des ouvrages les plus avancés des Romains, mais ceux-ci, continuant à battre furieusement les murs juste au-dessus de la mine qui les aftaiblissait, la muraille tomba, entraînant la tour dans sa ruine.

Une grande joie éclata, alors, parmi les Romains qui se montrèrent, de nouveau, bouillants d'ardeur pour l'assaut.

Mais, quelle ne fût pas leur stupeur!

Les Juifs avaient, prévoyant l'accident, construit un autre mur derrière celui-là !

Devant cette déception, Titus comprit qu'il n'y avait pas un instant à perdre pour empêcher qu'elle ne démoralisât ses soldats et il assembla aussitôt les plus braves de son armée pour leur faire une harangue.

Après leur avoir représenté la gloire qu'ils avaient déjà acquise dans cette mémorable campagne, les grandes fatigues qu'ils avaient déjà surmontées, les grands travaux qu'ils avaient su accomplir au milieu de tant de difficultés singulières, il les exhorta à considérer combien il serait fâcheux et peu honorable pour leur valeur de se laisser arrêter si près de la réussite finale, par un dernier obstacle.

— Nous n'avons plus, s'écria-t-il, qu'à emporter la forteresse Antonia, pour être maîtres des dernières résistances, et, si nous en trouvons encore, nous les vaincrons avec une facilité égale à l'excellence de nos positions acquises.

« Quoi de plus beau que de mourir les armes à la main! Quel plus grand honneur que celui d'être compté parmi les héros!

» Compagnons! ceux qui meurent les armes à la main, vont, après leur mort, vivre dans les étoiles avec les dieux,

plus heureux que ceux qui meurent lâchement dans leur lit et descendent ainsi, tout entiers, au tomheaul

» Cependant, que mes paroles ne vous fassent pas croire ^ue cet assaut, auquel je vous convie avec ardeur, soit, pour rous, le chemin d'une mort inévitable.

« JSous sommes victorieux!...

» Le second mur tombera comme celui que nous venons d'abattre, et plus facilement encore !

» Votre hardiesse frappera l'ennemi de stupeur et, sans doute, nos pertes seront faibles, parce que le premier succès nous assurera le triomphe complet.

* Compagnons! je m'engage à récompenser le mérite de celui qui montera le premier sur la brèche, de telle sorte que, soit qu'il me are ou qu'il survive à cette action d'éclat, il sera digne d'envie, car, s'il meurt, si cette brèche devient son tombeau, je rendrai les plus grands honneurs à sa mémoire, et s'il survit, je l'élèverai au-dessus de tous ses égaux I

j. Kt maintenant, qui veut, le premier, monter à l'assaut? »

Titus, au milieu du silence qui avait accueilli ses paroles, jeta les yeux sur le front de bataille des troupes.

Mais, aucun soldat ne sortait des rangs, car, si ses paroles éloquentes avaient fait une impression noble dans les cœurs, d'un autre côté la grandeur du péril était telle que nul n'osait aUronter un pareil danger.

Cependant, un homme de frêle apparence se détacha des rangs, et un sourire accueillit sa petite taille et sa faible compiexion.

Titus, lui-même, le considéra avec surprise.

— G'est-toi qui veut monter le premier à l'assaut? dit-il, en le considérant d'un air protecteur auquel se mêlait une» certaine pitié.

— Oui, César.

— Qui estrtu?

— Je me nomme Sabinus et je suis Syrien. Je m'offre

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