CORPS A CORPS
Le temps des discours était passé et l'heure de la lutte définitive et sans merci avait enfin sonné.
Le dernier boulevard du testament ancien allait être emporté à jamais par l'ouragan déchaîné, sous l'œil de Dieu indiâérent désormais pour ce peuple, tronc desséché qui avait donné en Jésus-Christ le fruit sublime de la promesse accomplie et confirmée dans la bénédiction du testament nouveau.
Les Romains croyaient trouver les Juifs endormis. Ils se trompaient.
De grands cris leur annoncèrent que le corps de garde veillait et, aussitôt, on en vint aux mains dans une confusion dont les ténèbres de la nuit compliquaient l'horreur.
Cependant, cette mêlée était plus préjudiciable aux Juifs qu'aux Romains, parce que ces derniers avaient un mot d'ordre pour se reconnaître et étaient mieux armés.
Les Juifs, animés par l'extrémité du péril, combattaient avec acharnement, mais les Romains déployaient le plus grand courage sachant que Titus avait l'œil sur eux et considérant que, de cette journée, pouvaient dépendre la gloire et le bonheur de toute leur vie.
Aussitôt, abrités par les tortues, les soldats firent avancer les machines de siège. (P. 71.)