L HORRIBLE FESTIN
été dépouillée de tout ce qu'elle possédait par ces bandits qui lui prirent même les quelques aliments qu'elle avait cachés' pour elle et son enfant.
Pleine d'un afïreax désespoir, elle exhala toute sa colère contre eux, en des torrents d'imprécations insultantes, désireuse de recevoir la mort, pour mettre fin à ses tortures.
Mais, par une dernière cruauté, aucun d'eux ne voulut la tuer.
Afiolée par tant do souftrances, elle arracha son enfant à la mamelle et lui dit :
— Enfant infortuné, je n'ai plus même de larmes pour déplorer le malheur sans nom de ta naissance! Quand même tu aurais la vie sauve, tu deviendrais esclave des Romains et ces fauves qui nous oppriment sont encore plus cruels que les Romains et que la faim !
« li vaut mieux que tu me serves de nourriture, ne fut-ce que pour étonner la postérité par la mémoire d'une action si horrible qu'elle mettra le comble à la mesure des maux qui nous accablent! »
Ayant ainsi parlé, elle tua son enfant, le fit cuire, en mangea la moitié et cacha l'autre partie.
Mais l'odeur de cet épouvantable mets la trahit et attira les factieux qui ne vivaient que de déprada tiens et de rapines.
Ils entrèrent dans la maison de cette femme et la menacèrent des plus horribles tourments si elle ne leur livrait ce quelle avait à manger.
— Attendez, leur dit-elle, je suis prête à partager avec vous!
Elle revint bientôt et leur montra ce qui lui restait de son afîreux repas.
— Mangez-en, si vous l'osez, s'écria cette femme hors d'elle-même, c'est mon fils ! et c'est moi-même qui ai trempé mes mains dans son propre sang! J'en ai bien mangé, moi! Etes-vous plus timides qu'une femme oii avez-vous plus de
compassion qu'une mère? Votre pitié vous empêche d'accepter cette viande? C'est bien! laissez-là, je l'achèverai! Une telle stupeur frappa ces brutes qu'ils furent saisis d'un tremblement convulsif, et, malgré la faim qui dévorait leurs entrailles, ils s'enfuirent, épouvantés, racontant dans toute la ville ce qu'ils venaient de voir. -
— Malheur sur nous! disaient ceux qui les entendaient, malheur sur Jéursalem! Les annales de l'histoire nont jamais, encore, enregistré de pareilles horreurs!
Les Romains apprirent cette nouvelle avec effroi et Titus, cette fois encore, fut touché d'une pitié douloureuse.
Il protesta hautement qu'il avait oôert aux Juifs une amnistie complète de tout le passé, et que, puisqu'ils avaient préféré la révolte à l'obéissance, la guerre à la paix, la famine à l'abondance, qu'ils avaient été les premiers à mettre Je feu au temple qu'il ne désirait rien tant que de conserver, ils étaient justement punis du Ciel.
— J'ensevelirai leurs crimes, s'écria-t-il, sous les ruines de leur capitale, afin que le soleil ne rougisse pas de honte en voyant le théâtre de tant de monstrueux forfaits, en cette ville où les mères se nourrissent de la chair de leurs enfants et oh les pères ne sont pas moins coupables qu'elles, puisque de si étranges misères ne peuvent les déterminer à quitter les armes !
Les murs du temple étaient si solides que les béliers des Romains les battaient incessamment sans pouvoir les ébranler, malgré les plus puissants efforts ; la sape, elle-même, demeurait impuissante. A peine, si, du dehors, quelques pierres se détachaient, sans rien enlever à la solidité de la masse.
Ils montèrent à l'escalade avec des échelles que les Juifs renversaient lorsqu'elles étaient pleines de soldats, tandis qu'ils exterminaient ceux qui mettaient les pieds sur les murs. A la vue de tant de victimes, Titus ne put se résoudre à laisser ainsi périr tant de vaillants soldats, et, à contre-cœur, il ordonna qu'on mît le feu aux portiques que l'on ne pouvait prendre autrement.
L'embrasement consuma le bois des portes et fit fondre les lames d'argent qui les couvraient; il s'étendit et gagna les galeries, à la grande épouvante des Juifs qui restèrent stupéfaits devant le désastre, découragés et impuissants, se bornant à lancer contre les Romains les plus injurieuses malédictions.
L'incendie des galeries dura un jour et une nuit, accu-
IIG LKS PIEDS MAUDITS.
mulant les ruines que Titus fît niveler, pour le passage de l'armée.
Il assembla, alors, les principaux chefs et tint conseil pour savoir s'il fallait conserver ou détruire le temple.
Les avis furent partagés, car, chacun comprenait que, si d'une part, il était fâcheux de détruire un si merveilleux édifice, d'autre part, tant qu'il resterait debout, il serait un foyer de résistance et une citadelle de révolte.
Pendant ce temps-là, les Juifs revenaient de leur stupeur et tentaient, de nouveau, de furieuses sorties contre les Romains qui les repoussèrent, non sans peine, jusqu'au temple.
Mais, Dieu avait décrété que, de Jérusalem et du temple, ilne devait pas rester pierre sur pierre et le jugement de Dieu devait être sanctionné invinciblement par les événements.
Le temple devait être brûlé comme, jadis, il l'avait été par Nebouchadnetzar roi de Babjlone.
Un soldat romain, sans en avoir reçu l'ordre, commit ce sacrilège, poussé par une force providentielle invisible.
Il se fit soulever par l'un de ses compagnons et jela par une fenêtre d'or un tison enflammé dans le lieu qui conduisait aux bâtiments du septentrion.
Aussitôt le feu éclata et les Juifs poussèrent des hurlements de désespoir.
Ils coururent comme des forcenés sur le lieu de i'incendie et s'efforcèrent de i'étemdre.
Titus, aussitôt mformé, alors que, revenu du combat il se reposait dans sa tente, partit aussitôt, lui-même, pour la même entreprise, suivi de tous les chefs et des légions en tumulte.
Le César criait ses ordres, mais, dans une aussi complète confusion, nul ne les écoutait et chacun s'exhortait, au contraire, à hâter les ravages de l'mcendie.
Bientôt les factip.ux. eux-mêmes, virent sombrer leur
dernière espérance de conserver ce merveilleux et auguste sanctuaire.
De toutes parts, la flamme dévorait.
Toutefois, elle n'était pas encore arrivée au Saint des saints, dans lequel le César entra, pour en admirer l'incroyable richesse.
Il resta confondu devant tant de splendeur, et vit, de ses yeux, que tout ce que l'on racontait sur ce lieu si fameux dans l'univers, était bien au-dessous, encore, de la réalité.
— Sauvez le sanctuaire ! cria-t-il à ses soldats, il en est encore temps! conservez cette merveille à l'empire, je vous l'ordonne, éteignez le feu ! Mais la colère des Romains contre les Juifs était telle que, pour la première fois, désobéissant aux ordres de leur empereur, éblouis par l'or prodigué partout et pleins de l'espoir d'un abondant butin, ils refusèrent de l'entendre.
Un soldat, qui venait d'y entrer, y mit directement le feu pour en hâter la destruction.
En peu de temps, les bois de cèdre précieux flambèrent et Titus se retira, douloureusement afiecté d'une ruine aussi déplorable et d'une perte aussi grande.
Alors, le plus afîreux carnage ensanglanta toute la ville, joint au pillage le plus eflréné.
Prêtres, vieillards, femmes, enfants étaient, sans pitié, passés au fil de i'épée. Ni larmes, ni prières ne fléchirent les soldats farouches comme des fauves altérés de sang.
Pendant ce temps-là, l'incendie gigantesque pétillant avec des crépitements sinistres, éclairait de ses tragiques lueurs cet horrible spectacle, illuminant le ciel d'un tel embrasement que, des environs, on eut pu croire qu'une capitale entière brûlait.
Dominant, parfois, le bruit sinistre de l'incendie, le concert le plus afîreux de cris et de lamentations déchirait les airs, répercuté confusément par les échos des montagnes et des rochers, jusqu'au delà du Jourdain.
Rien n'était plus horrible que cet ouragan de vociférations humaines éclatant de toutes parts.
Les légions romaines laissaient se déchaîner leur tumultueuse fureur. "
Non moindre était la colère des factieux qui se voyaient environnés, partout, de fer et de feu.
De son côté, le peuple infortuné, rassemblé dans le temple, était saisi d'une telle épouvante qu'il fuyait de toutes parts et se jetait, afïolé, dans les rangs même des ennemis.
D'autres cris s'ajoutaient encore à ce concert : c'étaient ceux de la multitude du peuple qui se trouvait massé sur la montagne opposée à celle du temple et qui contemplaient pleins d'une horrible douleur ce tragique spectacle.
Ceux même que la faim avait réduits à une telle extrémité que leur vie ne tenait plus qu'à un souffle et que la mort était prête à leur fermer pour jamais les yeux, en voyant, à travers les ombres épaisses de leur terrible agonie, cet embrasement formidable, rassemblaient leurs dernières forces pour déplorer un si épouvantable châtiment.
Le feu qui dévorait le temple était si violent et si intense qu'H semblait que la montagne même sur laquelle ,il était assis brûlait jusque dans ses fondements.
Le sang coulait en telle abondance qu'il paraissait lutter de progrès avec le feu.
Tout le sol était jonché de cadavres sur lesquels les soldats marchaient pour poursuivre les fuyards et les exterminer.
Un gros de factieux, cependant, engagèrent une lutte si désespérée qu'ils parvinrent à percer les rangs des Romains et à se retirer dans la ville.
Les sacrificateurs, dépourvus de glaives, s'étaient saisi des broches servant, dans le temple, à la cuisson des viandes et en usaient comme d'épées.
Ils arrachaient, aussi, de leurs sièges, le plomb dont ils
étaient faits, afin de l'utiliser comme projectiles contre les Romains.
Mais ils virent bientôt gue cela ne leur servait de rien et qu'ils s'escrimaient sans profit.
Le feu les gagnait, d'ailleurs, de plus en plus, menaçant de les engloutir et de les dévorer sans merci .
Ils se retirèrent donc sur le mur dont l'épaisseur était de huit coudées, espérant pouvoir y demeurer quelque temps encore.
— A quoi bon essayer de vous sauver! leur crièrent, alors, Meïrus fils de Belga et Joseph fils de Daleus, deux des principaux parmi eux, vous retardez seulement de quelques moments, l'instant de votre mort. Vous feriez mieux d'en finir avec cette vie désormais condamnée et de nous imiter !
Ce disant, et ne voulant pas survivre à la destruction de leur temple, les deux sacrificateurs se jetèrent dans le brasier et périrent, aussitôt dévorés par les flammes.
Pendant ce temps-là, les Romains, croyant que, puisque la majeure partie des bâtiments du temple était brûlée, ii était inutile d'épargner le reste, mirent le feu à tous les édifices encore debout qui l'entouraient, et incendièrent ainsi tout ce qui restait des portiques et des portes, excepté les deux qui regardaient l'Orient et le Midi.*
Ainsi périt la trésorerie du temple, remplie d'une incroyable quantité de richesses, propriétés du temple ou dépôts confiés par les plus riches citoyens.
Six mille personnes étaient encore réfugiées dans une des galeries jusqu'ici respectée par le feu; les Romains implacables la brûlèrent sans attendre les ordres de Titus et consommèrent cette nouvelle hécatombe.
De ces six nulle personnes, les unes furent brûlées et
(1) Ces deux portiques respectés par ie fe^i fureofc ensuite rainés par les Romains lasque dans 'ears fondements. Josàphe : Guerre des Juifs,
120 LES plf:ds maudits.
les autres, pour éviter la combustioa, se jetèrent en bas, de sorte que pas une ne se sauva.
Cette multitude avait été la victime de son invincible penchant à écouter les faux prophètes au lieu de suivre les conseils de la vraie sagesse.
Un de ces imposteurs, en eflet, soudoyé par les chefs des factieux, pour cette œuvre de séduction, dans le but de retenir, par de fallacieuses promesses, ceux qui, malgré les immenses difficultés, voulaient encore s'enfuir vers les Romams, les avait assurés d'un secours inespéré de Dieu s'ils voulaient abandonner la ville et se réfugier dans les murs de son temple.
Telles étaient la crédulité de ce peuple et l'horreur de ses maux, qu'il n'hésita pas à écouter, encore une fois, un imposteur qui abusait ainsi du nom de Jéhovah, pour le tromper.
Lui, qui n'avait pas cru au Messie, et qui s'obstinait encore à fermer les yeux sur l'horrible accomplissement de la vengeance divine prédite par le Christ, après les prophètes et les saints d'Israël, suivit, en masse, les conseils d'un vulgaire aventurier, achevant ainsi, de sa propre volonté, de parcourir la route de son inéluctable châtiment. 4 . . . . n .
« Liban l ouvre tes portes, (avait dit, naguère, le prophète Zacharie), et que le feu dévore tes cèdres ! »
Le Liban avait été dépouillé de ses derniers ombrages pour construire les lambris du dernier temple, et les derniers cèdres de la célèbre montagne étaient la proie des flammes !...
Cependant le groupe des sacrificateurs était encore massé sur le mur du temple où ils s'étaient réfugiés et que Imcendie, qui brûlait dej^uis cmq jours, n'avait pas encore atteint.
La faim les torturait et leur soif était si intense que rien ne peut donner une idée du supplice qu'ils enduraient.
Torture de Tantale, car, au pied des murs gardés par les soldats romains, ils pouvaient voir écumer les eaux limpides d'une fontaine jaillissante.
Un jeune enfant qui était sur le mur avec les sacrifiicateurs, pria les gardes romaines de bien vouloir lui permettre d'apaiser sa soif.
Voyant son jeune âge et sa souffrance, la compassion l'emporta en eux et ils lui dirent :
— Tu peux descendre du mur, pour boire à la fontaine, en toute sécurité, nous ne te ferons pas de mal.
L'enfant descendit du mur avec le plus avide empressement.
Il s'approcba de la fontaine, sous l'œil bienveillant des soldats, et but à longs traits cette eau fraîche qui lui parut un nectar délicieux.
Mais, il avait apporté avec lui une amphore et, l'ayant remplie, il s'enfuit avec tant de prestesse que nul des soldats n'eut la présence d'esprit de le rejoindre.
— Jeune scélérat ! s'écriêrent-ils alors, c'est donc par une perfidie que tu reconnais notre complaisance !
— De quoi donc vous plaignez- vous ? leur cria l'enfant, du haut du mur où il était prestement remonté.
— De ce que, t'ayant seulement permis de venir te désaltérer, lui dirent-ils, tu emportes de l'eau aux autres !
— Vous m'accusez injustement, leur dit-il, alors, finement. Je me suis engagé à aller boire et je n'ai pris aucun autre engagement envers vous que celui-là. Cessez donc de vous plaindre. Je ne vous avais pas promis de rester avec vous !
Ils admirèrent l'intelligence de ce jeune enfant et sa finesse qui surpassait son âge, et ne lui en voulurent pas autrement de les avoir trompés.
En eflet, qu'était-ce qu'une amphore pleine d'eau pour cette foule de sacrificateurs qui n'en auraient même pas chacun une gorgée à boire !
Et quand bien même il leur aurait porté 4a fontaine, elle-même, l'eau eut-elle pu apaiser la faim atroce qui torturait leurs entrailles ?
Pendant ce temps-là, le camp des Romains se préparait à célébrer une grande fête.
Les soldats de l'empire vinrent, avec un ordre admirable, jusqu'au pied de ces murailles que le feu continuait à dévorer sans merci.
En face de la porte orientale du temple, ils plantèrent leurs drapeaux triomphants.
Ensuite, ils construisirent un autel et ils ofirirent des sacrifices au Ciel qui avait favorisé leurs armes.
Puis, au milieu du fracas de l'incendie, du crépitement des flammes, avec des cris de joie répercutés par les échos
des montagnes prochaines, ils acclamèrent leur général en proclamant solennellement Titus imperator.^ Mais, tout n'était pas encore terminé.
Titus était rentré sous sa tente et méditait sur la grandeur de ces tragiques événements, lorsqu'un de ses officiers vint se présenter devant lui :
— César, lui dit-il, rien ne manque à ta gloire! Les chefs des rebelles sollicitent l'honneur de te parler.
— Fais-les venir, dit Titus, afin que je les entende. Alors, on vit s'avancer une longue file de prisonniers,
dans un état lamentable.
— Qui êtes-vous? leur demanda Titus, avec sévérité, en les accablant d'un regard chargé de reproches.
— Seigneur, répondit l'un d'entre les prisonniers, nous sommes les derniers sacrificateurs du temple ; la faim nous a fait descendre du mur où nous nous étions réfugiés pour nous rendre à tes soldats. En luttant jusqu'à la dernière heure nous avons accompli notre devoir ; maintenant, nous nous remettons entre tes mains et nous te supplions de nous pardonner.
L'imperator les regarda, un instant, dans un profond silence, comme pour donner plus de portée à ses paroles.
— Malheureux! leur dit-il enfin, comment pouvez-vous être assez insensés pour espérer, maintenant, en ma clémence?
« Voyez ces ruines ; elles sont votre œuvre !
y Ce sont vos propres mains qui ont allumé l'incendie dans le temple de votre Dieu que je voulais conserver au monde, comme l'une de ses plus grandes merveilles.
» Oui, j'aurais été clément au temps où ces portiques encore debout pouvaient être épargnés et j'aurais aimé à
(l)Le titre d'imperator était donné par honneur aux généraux d'armée qui avaient remporté de grands triomphes sur les ennemis de Rome.
VOUS faire grâce, si vous eussiez écouté les conseils de la sagesse et correspondu à mon désir de terminer cette guerre par la paix.
» Au contraire, vous avez élevé contre moi et contre votre Dieu lui-même dont le bras vous châtie, tous les remparts de la résistance la plus insensée!
« Désormais, tous les motifs qui m'eussent porté à vous faire grâce sont évanouis et il est juste que vous soyez châtiés comme le méritent votre haine et votre perfidie.
« Votre Dieu n'a plus de temple, il n'a plus besoin de sacrificateurs. »
Tous les visages des prisonniers, à ces sévères paroles, montrèrent l'expression d'un profond mais stoique désespoir.
— Qu'on les mène au supplice, dit Titus, et que pas un ne soit épargné !
Les soldats les emmenèrent, aussitôt, et, quelques instants après, ils étaient tous massacrés.
Un instant après, Simon et Jean de Giscala se présentaient pour parlementer, au milieu des regards haineux des Romains qui n'attendaient qu'un signe de leur générai pour les accabler de dards.
— Tenez- vous en paix, leur dit Titus. Notre victoire est assez complète et je veux leur parler comme il convient à la noblesse de notre triomphe.
Ces deux chefs des factieux, qui avaient exercé sur ceux de leur propre nation une si horrible tyrannie, se voyant environnés de toutes parts par les troupes romaines et dans l'impossibilité absolue de fuir, avaient demandé à parler à Titus.
En ce moment déjà extrême, le César espérait encore que ces furieux se rendraient, confiants en sa sagesse et que cette reddition volontaire quoique tardive, terminerait enfin la guerre et permettrait de sauver, au moins, ce qui restait de
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la ville et des habitants, à défaut du temple qu'une irrémédiable ruine avait atteint et dévasté.
Aussi, avait-il accepté de les entendre.
Jean et Simon entourés de Juifs sur le visage desquels on lisait l'anxiété et l'incertitude, avaient eu soin de laisser entre eux et les Romains, l'espace d'un pont qui joignait la ville haute avec le temple et qui de part et d'autre, était gardé par un grand nombre de soldats des deux partis.
Mais, avant même que Jean et Simon eussent pris la parole, Titus, ne pouvant se contenir, s'écria ;
— Soyez assurés de ma bonté et de ma clémence, si vous voulez, enfin, abandonner une résistance aussi coupable qu'inutile. Que voulez- vous?
— Seigneur, répondit Jean au nom de tous, nous te demandons de nous pardonner et de nous laisser nous retirer dans le désert avec nos femmes et nos enfants ; moyennant cette grâce, nous te livrerons la ville.
En entendant ces paroles, Titus vit le piège et, plein d'indignation :
— N'êtes-vous pas las, leur dit-il, alors amèrement, d'avoir déchaîné tant de maux sur votre malheureuse patrie? Insensés! sur quoi donc aviez-vous fondé votre espérance, vous qui avez méprisé toutes les avances de ma bonté?
« Vous voici réduits à la plus extrême des misères, alors que ceux qui se sont rendus à ma clémence, jouissent de la paix et des biens honorables que je leur ai donnés!
r> Voyez votre œuvre !
» Vous êtes cause de tous ces maux ! Quant à moi, je n'ai puni que les coupables et j'ai fait grâce aux malheureux!
y> Votre temple n'est plus, votre ville ne sera bientôt plus qu'un monceau de ruines dont mes soldats achèveront de déraciner les fondements.
» Que dis-je! son nom, même, sera eâacé de la mémoire des hommes!
» C'est votre fureur aveugle, c'est votre folie sans égale qui sont cause de la ruine de votre peuple, de votre ville, de votre temple, et c'est par elles que, vous-mêmes, êtes près de périr de la mort la plus malheureuse.
I» Toujours factieux, depuis que Pompée a pris Jérusalem, vous n'avez pas cessé de vous soulever et vous en êtes venus, enfin, à déclarer aux Romains une guerre ouverte.
« Avez- vous songé à la folie de votre entreprise ?
" Est-ce sur votre nombre que vous avez compté ?
» Eh! que nous imP9r*^le nombre h nous qui commanlUiuvcioî hji c'est seulement une petite partie des troupes de l'empire qui vous a vaincus!
9» Sur quels secours étrangers avez- vous comptés? Toutes les nations nous sont assujetties et nous obéissent !
y> Aviez- VOUS mis votre confiance dans vos murailles ? Insensés ! la mer elle-même nous a-t-elle empêchés de soumettre la Bretagne ?
>» Vous pensiez, peut-être, que votre courage était invincible, votre conduite impeccable, vos chefs éminents?
« Les Carthaginois avaient tous ces avantages et nous avons soumis les Carthaginois!
»> Non, c'est la bonté des Romains qui a afîblé votre audace, c'est leur noble magnanimité qui vous a rendus les plus téméraires des hommes!
». Comptez les bienfaits de l'empire à votre égard :
« Nous vous avons donné des terres à posséder; nous avons conservé leur trône à vos rois ; nous avons respecté les lois qui vous régissaient; nous vous avons donné la liberté de vivre dignement à vos yeux et à ceux des autres nations, et, ce qui est encore plus considérable, nous vous avons permis de lever des impôts pour le service de votre
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Dieu et de continuer à lui offrir, dans votre temple, des dons et des sacrifices.
» Enhardis par tant de condescendance, vous êtes devenus des vipères ingrates et féroces, vous préparant à toutes les révoltes et à tous les crimes.
» Considérez notre magnanimité : alors qu'il eût été facile de vous réduire au silence dès le début et lors de votre révolte contre Gestius, Vespasien, mon père, aurait pu venir, et comme je l'ai fait, ruiner votre capitale.
» Il se contenta de faire sentir l'effort de ses armes à la Galilée et aux provinces voisines et passa aussi en Egypte, croyant vous avoir donné un profitable avertissement.
» Mais vous prîtes sa bonté pour de la faiblesse et votre audace s'en accrut d'autant!...
» A la mort de Néron, lorsque mon père fut déclaré empereur et que l'on me nomma César, vous profitiez des troubles de l'empire pour vous préparer à la guerre, et lorsque l'empire fut pacifié par notre gouvernement, qui avait rallié tous les partis, et que tous les peuples nous envoyaient des ambassadeurs pour nous témoigner leur joie et leur affection, vous continuâtes à vous déclarer nos ennemis, n'oubliant rien de ce que les plus scélérats de tous les hommes peuvent entreprendre et exécuter contre leurs bienfaiteurs.
« J'ai appris, alors, que vous opprimiez le peuple qui désirait la paix; déjà, mon père m'avait donné, avec douleur. Tordre de venir châtier votre ville, et, avant d'en rien faire, je vous ai exhortés à déposer les armes, promettant toute sûreté à ceux qui voudraient se retirer vers moi.
»» Et je leur ai inviolablement gardé ma parole. J'ai pardonné à plusieurs prisonniers et puni seulement ceux qui les poussaient à la guerre. Je ne me suis servi qu'à l'extrémité, de mes machines ; j'ai modéré l'ardeur de mes soldats, pour sauver autant de vos vies que je l'ai pu.
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y> Après chacun de mes avantages sur vous, je vous exhortais sans cesse à la paix, agissant, victorieux, comme j'eusse agi si j'avais été le vaincu.
» Vous nvez méprisé toutes mes grâces !...
y> Quand je me suis trouvé près de votre temple, au lieu de me servir, pour le ruiner, du droit que me donnait la guerre, je vous ai conjurés de le conserver et permis d'en sortir en toute assurance, pour en venir, ailleurs, à un combat, si vous aviez tant le désir de combattre.
r> Vous avez méprisé mes paroles et c'est vous-mêmes qui avez mis le feu au temple !
j» Et vous osez venir, aujourd'hui, parlementer avec moi, comme s'il était encore en votre pouvoir de conserver ce que votre impiété n'a pas appréhendé de détruire et comme si la seule ruine de ce temple ne vous rendait pas indignes de tout pardon !
» Vous poussez même i'audace et l'insolence, alors que vous feignez de venir comme suppliants, de vous présenter devant moi en armes !
y> Sur quoi donc, misérables que vous êtes, vous fondezvous pour vous montrer si audacieux?
» La guerre, la fam;ne et vos horribles cruautés ont fait périr tout votre peuple; le temple n'existe plus; la ville est en mon pouvoir; votre vie est entre mes mains et vous vous imaginez qu'il dépend de vous de la finir par une mort honorable !
V Voire folie est telle que je ne puis l'envisager plus longtemps sans pitié! Je dédaigne de la confondre davantage.
» Quittez les armes! abandonnez-vous à ma discrétion, je vous accorde la vie et je me réserve le reste pour en user comme un bon maître qui ne punit qu'à regret les crimes les plus irrémissibles!... »
Alors, les factieux jutèrent de grands cris, et Simon, prenant à son tour la parole, cria à Tiius;
— Nous ne pouvons nous rendre à toi et nous ne le ferons pas, parce que nous nous sommes engagés par serment à ne jamais commettre cette lâcheté. Accorde-nous, sur ta parole, ce que nous t'avons demandé et nous nous retirerons en paix.
— C'en est trop, misérables ! s'écria Titus, avec colère de voir tant de cynisme. Quoi! vous êtes déjà mes captifs et mes prisonniers et vous avez la hardiesse de m© proposer des conditions comme si vous étiez victorieux I
« Sachez que, de ce moment, je serai pour vous sans pitié; quand même vous voudriez, dorénavant, vous rendre à, discrétion je ne recevrai plus votre soumission. Tâchez d0 vous bien défendre et de vous sauver, si vous le pouvez, eau je vous le déclare, je ne pardonnerai pas à un seul d'entre vous, et je vous traiterai avec la plus sévère rigueur. »
Ayant ainsi parlé, Titus se détourna avec dégoût de ces forcenés impudents, et, s'adressant à ses soldats :
— Allez, leur dit-il, mes braves amis, je vous abandonne maintenant cette ville irréductible et fourbe, je vous permets de la piller, et d'y mettre le feu.
Dès le lendemain, les Romains brûlaient le trésor des chartes, le palais Acra, celui où l'on rendait la justice, e^ l'immense incendie se propageant avec une rapide fureur, gagna jusqu'au palais de la reine Hélène qui occupait le sommet du mont Acra, consumant d'innombrables maisons et brûlant, enmême temps, les cadavres dont les rues étaient pleines.
Ce jour-là même, les fils et les frères du roi Isate accompagnés de plusieurs personnes de la noblesse, vinrent se rendre à Titus et le supplier de les recevoir.
Le César y consentit, par un dernier sentiment de bonté. Il les fit mettre sous bonne garde afin de les ramener prisonniers à Rome,
LES riEDS MAUD. 9
Cependant, les factieux n'élaient pas réduits et ils continuaient, non seulement à combattre les Romains sur divers points de la ville, mais encore à exterminer leurs propres compatriotes.
Sans relâche, les soldats de Titus les poursuivaient après les avoir cliassés de la ville basse; les Romains en avaient incendié tous les quartiers jusqu'à la fontaine de Siloé, sans trouver d'autre plaisir que de regarder le feu dévorer tout, car il n'y avait aucun pillage à y exercer, les factieux ayant, depuis longtemps, tout concentré dans la ville haute.
Loin de s'affliger de l'extrémité à laquelle ils étaient réduits, ces misérables se réjouissaient à la pensée qu'en mourant, ils ne laisseraient rien du temple et de la ville, que le peuple, lui-même, serait exterminé et que les ennemis ne trouveraient plus sur ces lieux désolés, rien qui pût les faire jouir de leur victoire.
La seule espérance qui leur restait était de se cacher dans les égoûts, jusqu'à ce que les Romains se fussent retirés, après la ruine entière de la ville, et d'en sortir, alors, librement.
Dans cet espoir chimérique, puisque, ni la vigilance des Romains ni la justice de Dieu ne devaient leur permettre de le réaliser, ils mettaient eux-mêmes le feu partout, avec plus de fureur encore que les Romains et massacraient ceux qui, pouréviter d'être brûlés, s'enfuyaient, en même temps qu'eux, dans ces lieux souterrains.
La ville haute restait à prendre, et elle était si avantageusement bâtie, qu'elle semblait inaccessible.
Titus ordonna d'élever de nouvelles terrasses, travail difficile, les bois d'alentour ne possédant plus un seul arbre, et le feu ayant anéanti tous les matériaux dont on aurait pu se servir dans la ville basse.
Cependant les Romains partagés en deux camps de travailleurs, se mirent à l'œuvre.
Quatre légions travaillèrent à l'Occident, du côté opposé
au palais royal, pendant que les troupes auxiliaires se mirent à l'œuvre vers la galerie qui était voisine du pont et du fort que Simon avait fait construire lorsqu'il se battait contre Jean de Giscala.
Pendant ce temps-là, les chefs des Iduméens s'assemblèrent secrètement et tinrent un conseil dont la conclusion fut qu'il serait préférable de se rendre que de prolonger plus longtemps une aussi horrible situation.
Dans ce but, ils envoyèrent vers Titus cinq députés, pour le prier de les recevoir.
— Vous venez bien tard faire appel à ma clémence, leur répondit le César, et je devrais fermer l'oreille à votre prière. Cependant, je préfère faire encore acte de bonté envers vous, dans l'espoir que Jean et Simon, en se voyant abandonnés de vous qui constituez la majeure partie de ses forces, ne résisteront pas davantage. Retournez donc vers ceux de votre nation qui vous ont envoyés et portez-leur, de ma part, l'assurance du pardon.
Les envoyés des Iduméens remercièrent Titus et retournèrent auprès des leurs, rendre compte de leur mission et de leur succès.
Sur cette assurance, tous, alors, se préparèrent à venir faire leur soumission.
Mais Simon découvrit leur dessein, fit tuer les cinq députés et emprisonner les chefs des Iduméens, tandis qu'il faisait étroitement surveiller les autres pour les empêcher de fuir.
Toutefois, ils réussirent à tromper sa surveillance et, quoiqu'il en fit tuer plusieurs, un grand nombre parvint, néanmoins, à gagner le camp des Romains,
Titus les reçut avec clémence.
Quarante mille d'entre eux eurent la permission de se retirer où ils voudraient. Parmi les autres, une grande multitude fut vendue à vil prix, faute d'acheteurs, et les plus coupables, seuls, furent mis à mort.
Dix jours après, les machines de guerre battaient les murailles de la ville haute où, déjà, des brèches s'ouvraient au triomphe définitif des Romanis.
A cette vue, les factieux perdirent leur dernière espérance. Bientôt, les béliers attaquèrent quelques-unes des tours, au grand eflroi de ceux qui les défendaient et les croyaient imprenables.
Pendant ce temps-là, Simon et Jean, furent saisis d'une frayeur si grande que, s'imaginant le mal plus grand qu'il n'était, ils ne songèrent plus qu'à s'enfuir au plus vite.
C'est ainsi qu'ils abandonnèrent les trois formidables tours d'Hippicos, Pbazaei et Mariamne dont la force était si extraordinaire qu'aucune machine de guerre n'eut pu les entamer.
Mais Dieu qui avait condamné Jérusalem, ne devait pas permettre que quelques murs fissent échec a sa vengeance et, pour bien montrer son action providentielle, il ne permit même pas que les Romains fussent obligés de les abattre pour les prendre.
Tandis que Jean et Simon, accompagnés de leurs derniers partisans, s'enfuyaient vers la vallée de Siloé, les Romains plantaient triomphalement leurs étendards sur ces célèbres tours, avec des cris de joie et de triomphe, ne pouvant croire qu'ils fussent enfin arrivés au bout de tant de travaux et qu'il n'y eut plus de mur à forcer ni de position à conquérir de nouveau.
Répandus dans toute la ville, les soldats tuaient tous ceux qu'ils rencontraient et incendiaient toutes les maison? avec tous ceux qui s'y étaient réfugiés.
Parfois, les maisons ne contenaient que des cadavres de familles entières victimes de la faim.
Tel était le nombre des corps entassés les uns sur les autres, que les rues en étaient obstruées et que le sang, dans lequel la ville semblait nager, éteignait le feu en plusieurs
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points, de telle sorte que le carnage cessant le soir, l'embrasement reprenait ses droits et s'augmentait la nuit.
A la vue de ces imprenables citadelles, Titus ne put retenir son admiration.
— Gomment, s'écna-t-il, les tyrans ont-ils été si impru*» dents d'abandonner de pareilles retraites! Jamais je n'eusse pu parvenir à forcer ces tours, s'ils ne s'en fussent enfuis. Assurément, Dieu a combattu avec nous, les instruments de sa colère, et c'est lui qui a cbassé les Juifs de ces obâteaux, car il n'y a pas de machines ni de forces humaines qui eussent pu les en expulser ! . . .
Quand les portes en furent ouvertes, il mit en liberté ceux que les tyrans y avaient emprisonnés, et, après avoir donné l'ordre de tout ruiner aux alentours, il décida de conserver ces tours comme monument du bonheur inespéré qui les lui avait livrées.
Le nombre des prisonniers était si grand, que, la nourriture leur manquant, une grande quantité périssaient chaque jour.
Les Romains étaient las de tuer, et les cadavres s'amoncelaient en telle quantité qu'on ne pouvait plus passer dans les rues et que la puanteur de l'air était épouvantable.
Le siège avait fait périr onze cent mille personnes; quatre-vmgt dix-sept mille étaient prisonniers des Romains.
Titus avait ordonné d'épargner tous ceux qui ne se défendaient pas.
Mais, contre ses ordres, les soldats tuèrent un grand nombre de vieillards, de femmes et d'enfants.
Les plus robustes et les mieux faits furent réservés pour le triomphe; les voleurs et les séditieux furent exécutés; un grand nombre de jeunes hommes furent envoyés en Egypte pour travailler aux ouvrages publics; beaucoup d'autres furent distribués dans les provinces, pour servir à des spectacles de gladiateurs et à des combats contre
les bêtes féroces; une multitude fut vendue comme du bétail.
Le nombre des victimes de cette guerre était très grand, parce que la fête de Pâques ayant attiré à Jérusalem, selon la coutume, une grande foule de Juifs de toutes les provinces et même de l'étranger, ils avaient été surpris par les événements et englobés dans les catastrophes qui les accompagnèrent.
En ces temps de fête, en eÔet, la multitude était si grande à Jérusalem et aux alentours de la ville, que le gouverneur (^estius, voulant en donner le nombre approximatif à Néron, avait reçu des sacrificateurs le chiôre de deux millions cinq cent cinquante-six mille personnes, établi d'après le compte des animaux sacrifiés dans le temple, en ces jours solennels.
Jamais, dans les annales du monde, on n'avait vu Dieu frapper si cruellement un aussi grand nombre de peuple par tous les fléaux réunis.
Les Romains tuaient toujours, fouillant jusque dans les égoûts et dans les sépulcres, afin que personne n'échappât à la vengeance.
Le dégoût eut dû les écarter de ces lieux pleins de cadavres d'où se dégageait une horrible puanteur, mais l'espoir d'en retirer des trésors cachés leur faisait vaincre toutes les répugnances.
Jean s'y était réfugié, et bientôt vaincu par la faim qui le torturait, il osa implorer la miséricorde des Romains qu'il avait tant de fois insultés et méprisés. On se saisit de lui et on le condamna à une prison perpétuelle.
Quant à Simon, après avoir lutté le plus longtemps possible contre sa mauvaise fortune, il se rendit et fut gardé captif avec soin, afin de servir au triomphe.
Les Romains continuèrent à ruiner la ville de fond en comble, à l'exception d'un pan de mur qui regar-
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dait l'Occident, où Titus voulait construire une citadelle, et des tours llippicos, Mariamne et Phazael, derniers vestiges de la splendeur ancienne d'une cité oti il ne paraissait plus maintenant qu'il y eut eu des habitants et des maisons.
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Le concert le plus affreux de cris et de lamentations déchirait les airs.