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LE CHEMIN DE LABIME

Ils se souvenaient, en efiet, en outre des prophéties du Seigneur, de celle des apôtres Pierre et Paul qui leur avaient dit expressément :

— Dans peu de temps, Dieu élèvera à l'empire un prince qui subjuguera les Juifs, rasera leurs villes et les assiégera dans Jérusalem. Là, leurs femmes seront réduites par une cruelle famine à se nourrir de la chair de leurs propres enfants et eux-mêmes, poussés par les chefs des divers sectes, à faire les uns des autres un afireux carnage.

« Lorsque leur ville tombera au pouvoir de l'ennemi, ils verront sous leurs yeux leurs filles et leurs femmes traitées indignement, leurs jeunes gens mis en pièces, leurs petits enfants écrasés; enfin, tout mis à feu et à sang; eux-mêmes traînés en esclavage, bannis à jamais de leur pays, et tout cela pour avoir insulté, avec tant de cruelles railleries, au Fils de Dieu qui s'était déclaré à eux par tant de miracles.* »

Gestius, en tout cela, n'avait fait que suivre les instructions de l'avide et criminel Florus, dont l'avarice n'avait pas de bornes, au point qu'ébloui par les immenses richesses contenues dans le temple, son rêve était de profiter des désordres de la guerre pour faire main basse sur ces opulents trésors.

Les Juifs,, outrés de sa perfidie, avaient protesté de toutes leurs forces contre l'accusation de révolte, auprès de Gestius et, persuadés par le jeune roi Agrippa accouru en toute hâte à Jérusalem pour les détourner de s'insurger contre les Romains, ils fussent pleinement rentrés dans l'obéissance sans les diverses factions qui, elles-mêmes, se plaisaient à entretenir les plus grands désordres.

Jusque-là, cependant, ces révoltes quoique sanglantes, n'avaient pas pris encore un caractère de guerre ouverte, et les gouverneurs n'avaient traité les révoltés que comme des factieux faciles à réduire et à calmer.

(1) Laotance.

20 U.>. PIEDS MAUDITf^

Mais les désordres prirent peu à peu de telles proportion^» que force fut de renoncer à les traiter administrativement et qu'il fallut en appeler à l'intervention directe de l'empereur.

Ce fut alors que Néron, apprenant avec étonnement le mauvais succès de ses armes en Judée, et s'en prenant à Gestius, incertain s'il devait craindre pour l'avenir de ce peuple décidé apparemment à tout entreprendre pour reconquérir sa liberté, chercha un homme capable de faire triompher les intérêts de Rome, pour lui confier la conduite d'une guerre qui n'aurait pas seulement pour objet de châtier la révolte des Juifs, mais d'empêclier encore que les autres nations n'entreprissent de secouer le joug de Rome comme elles y paraissaient entièrement disposées.

Après en avoir longuement délibéré, il ne trouva que le seul Vespasien capable de soutenir une semblable entreprise.

La vie entière de ce vieux général s'était passée dans la guerre; l'empire lui devait la paix de l'Occident, il avait vaincu les Allemands et les Anglais, et son âge, son expérience et son courage étaient autant de garanties de succès.

Vespasien était, alors, en Achaïe, avec Néron. A peine eut-il reçu les ordres de l'empereur qu'il s'empressa d'envoyer Titus, son fils, à Alexandrie, pour y prendre la tête de deux légions, tandis que, lui-même, après avoir traversé l'Hellespont, vint en Sjne rassembler toutes les forces romaines et j joindre toutes les troupes que lui fournirent les rois des nations voisines, pour l'aider dans son entreprise.

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