LA VENGEANCE EN MARCHE
Après avoir assemblé une partie de son armée et ordonné au reste de se rendre en même temps que lui sous les murs de Jérusalem, Titus partit à Gésarée prendre le commandement de plusieurs légions composées de très bons soldats qui, ayant eu de mauvais succès alors que Gestius les commandait, brûlaient de combattre sous un nouveau général et de se venger des Juifs.
— Allez par Emmaûs, dit Titus au chef de la sixième légion, et vous, dit-il à celui qui commandait la dixième, prenez le chemin de Jéricho; moi-même je vous accompagne à la tête des deux autres et des troupes que les rois voisins m'ont envoyées.
Pour remplacer les hommes que Vespasien avait tirés de ces quatre légions et fait passer en Italie, pour d'autres besoins, sous la conduite de Mucius, il prit deux mille hommes dans l'armée d'Alexandrie; trois mille autres venaient le long de l'Euphrate et un de ses meilleurs amis le suivait, le général Tibère Alexandre, ancien gouverneur de l'Egypte et d'une grande bravoure à la guerre, à la tête de nombreux soldats dévoués.
Supérieurement armé, Titus s'avançait à la conquête, avec un ordre admirable.
En tête de son immense armée, marchaient les troupes auxiliaires; les pionniers les accompagnaient, chargés d'aplanir les chemins.
Ensuite de ceux-là, venaient les organisateurs des campements, suivis du train des bagages des chefs, sous bonne escorte.
Titus venait ensuite, accompagné de ses gardes et autres soldats choisis que suivait, à peu de distance, un corps de cavalerie qui précédait les formidables machines de combat et de siège qu'employait alors l'art de la guerre.
Ensuite, venaient les tribuns et les chefs des cohortes, accompagnés de soldats choisis, puis l'aigle environnée des enseignes des légions précédées par des trompettes.
Le corps de bataille, dont les soldats marchaient six par six, venait après, suivi des bagages conduits pour les valets des légions, puis, les vivandiers et les artisans avec les troupes dont la tâche était de les garder, fermaient la marche.
Ce fut en cet ordre que Titus arriva par Samarie à Gophna, première place forte pri?^ par son père Vespasien, et d'où il partit le lendemain matin pour aller camper à Acanthonauiona près du village nommé Gaba de Saul à trente stades de la ville de Sion.
Bientôt il en partit avec six cents cavaliers choisis, pour reconnaître Jérusalem qu'il n'avait jamais vue dans l'imposant détail de sa force armée.
L'aurore commençait à éclairer le ciel.
Gomme le prince montait à cheval, des soldats lui amei.èrent un homme âgé, surpris dans un sentier qu'il suivait, comme un voyageur qui s'exile.
— Qui es-tu'^ lui demanda-1)-il.
— beigneui", répondit le vieillard humblement, laissez un