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VII. LES PIERRES DE LA RENAISSANCE

LA grande force créatrice de l'art médiéval survit au moyen âge même. Elle transforme, elle adapte, elle renouvelle. Elle fait courir sur la pierre de France d'autres ramures et d'autres feuillages, mais la matière est toujours nôtre, LE cya«E BE ctAr^E dÊT^xce ^^ ^'^st toujours même sève pleine (Chàieau de Bi-i») de verdeur.

La Renaissance n'est pas le réveil de la belle au bois dormant, elle n'est pas une découverte de vérité. Après la vertigineuse poussée des cathédrales; après tant de blocs sévères dressés pour abriter la prière désarmée ou pour servir de contrefort à la violence féodale, c'est une détente et un sourire de notre souple génie mûri par le temps, c'est un art nouveau de comprendre la vie et de la parer. Après cent ans de guerre anglaise, quand la France est rendue aux hommes de France, l'art gothique se reprend à vivre. De la cathédrale de Toul et de Notre-Dame de l'Epine, prés de Châlons, au luxuriant déclin de Brou, 11 palpite, il s'épanouit, il rayonne, il flamboie. Il desserre les vieilles pierres rude-

ment liées, il acquiert ce sens des larges aires spaciales que détenaient seuls jusqu'alors les pays du bonheur et du soleil, il fait courir sur les murailles le frisson d'une vie éperdue, ces beaux entrelacs lancéolés entre lesquels la lumière est comme ponctuée et dentelée d'ombres. Il élargit les portails et les fenestrages, il les couronne de flèches et de pinacles, il hérisse de toute sorte de défis de pierre les faîtages et les toitures. Et là-dessous, la bâtisse demeure, dans son ampleur et dans sa stabilité. Des grâces florentines ou lombardes pourront s'épanouir bientôt sur ces murailles sans en altérer le caractère : elles sont faites de main d'ouvrier, c'est un maçon picard, parisien ou tourangeau qui les a construites.

JLn Barri. T TUE de la place Berri, à Bourges, la maison de Jacques Cœur

V a encore quelque rudesse; ses grosses tours sont de solide défense., Mais quand on a franchi la porterie et pénétré dans la cour, un charme de bon accueil et d'hospitalité fait place aux vertus miHtaires du dehors. Par une tour à pans qui fait saillie sur la muraille, on monte aux belles salles peintes et boisées. Cette tourelle d'escalier percée de baies qui laissent voir les degrés, c'est une des filles charmantes de notre génie architectural. Elle a pour ancêtre la tour construite par Raymond du Temple pour le Louvre de Charles V. Elle a des s,oeurs innombrables, à Bourges même, dans l'ancienne Maison des Échevins, à Paris, à l'hôtel des abbés de Cluny, au château de Meillant, au Palais de Justice de Beauvais, ailleurs encore. A Blois, l'escalier de François P^ ne fait que la développer. Berri, antique domaine fertile en nobles inventions d'archi-

Art de la RE^■AISSA^■CE. — HOTEL BOURGTHÉROULDE, A ROUEN

Vers 1486-1532. — Vie et luxuriance du décor. — Voir surtout les reliefs de la galerie, à gauche.

lecture, surtout à l'heure où le génie médiéval s'épanouit et s'enrichit d'une note nouvelle ; Bourges, entre tant de hautes et d'illustres cités, l'une de celles où France se respire et se comprend le mieux ! C'est terre celtique : César y attendit longtemps la victoire. C'est terre royale : elle fut l'asile du roi de Bourges, elle enfanta Louis XL Dçs sévères harmonies de Noirlac à la tour de Meillant, des cinq porches de la cathédrale aux pignons de la rue Mirebeau, toute sorte de beaux échos se répondent. Outre la Maison Jacques Cœur et la Maison des Échevins, l'hôtel Pelvoisin et le gros oeuvre de l'hôtel Lallemant attestent qu'au cœur des vieilles cités commence une vie plus large et mieux assise.

D'autres villes de France abritent, elles aussi, de gracieux témoins de ces' vertes années, de cette jouvence de la bâtisse moderne qui sort, nerveuse, délicate, indécise encore, des pierres gothiques : Angers, l'hôtel d'Olivier Barrault, trésorier de Bretagne ; Poitiers, l'hôtel de Nicolas Fumée ; Rouen, l'hôtel Bourgthéroulde ; Reims avait la maison de Nicolas Le Vergeur.

A mesure que les rois deviennent plus forts et que la féodalité s'aflfaiblit, à mesure que se dissipent les horreurs de la guerre étrangère et de la guerre intérieure, quand, de colline à colline et de château à château, l'on ne se bat plus, les princes, les seigneurs et les bourgeois ouvrent leurs demeures à la sécurité de la vie et font percer les murs des salles pour contempler les villes, les campagnes, le ciel. Un prodigieux roman de chevalerie conduit les Franks au delà des monts : ils reviennent éblouis.

JL^s guerres T E n'ai pas parlé des Croisades, auxquelles l'art gothique doit ^ ^^ '*'• ij peut-être quelques-uns de ses plus captivants mystères : en réalité lorient nous doit plus encore que nous ne lui devons ; des Champenois ont bâti les cathédrales de Chypre, les forteresses du Temple et de THôpitalen Syrie sont les soeurs aînées de Coucy. Mais il faut dire ce que fut cette autre croisade au soleil, cette marche de notre élite militaire vers les pays de la lumière et de la volupté, les guerres d'Italie. Je l'ai compris, cet émerveillement, en écoutant, non un professeur, mais un pauvre soldat de notre guerre, un combattant de l'Alsace et de l'Artois, envoyé avec son corps à Vicence pour soutenir les Italiens malheureux. Cette terre bénie de Dieu qu'est la plaine lombarde revenait dans ses discours comme le paysage d'un songe. Il lui semblait qu'il n'avait jamais encore vu un beau ciel et qu'il n'avait jamais encore éprouvé la bonté. du soleil chauflfant la terre et les pierres. Les magnanimes guirlandes de feuillages et de fruits qui escortaient sa colonne en marche au long des routes lui étaient plus douces et plus plaisantes que les ornements d'un triomphe. II n'avait oublié ni les yeux de feu des femmes ni la blancheur inouïe des palais. Combien de ses camarades, après tant de rudes années, se sont laissé aller à cet invincible charme! Sur les lèvres du pauvre et de l'ignorant, la vertu de cette terre dorée faisait courir l'éloquence la plus touchante. Plus encore, elle gonflait son cœur. Ainsi furent captivés nos hommes d'armes, et telle est la magie des lieux et de la mémoire que ces effrayantes mêlées, Fornoue, Agnadel, Marignan, Ra venue, sont, entre toutes nos batailles, décorées pour nous d'une sorte de gracieuse gloire.

J'en relisais tantôt le récit dans la chronique du Loyal Serviteur : ces grands chocs d'épées au soleil sont un enivrement de chevalerie heureuse et n'ont rien de funèbre; la vie des petites garnisons des Fouilles ou de la Capitanate n'est pas aride. Les défenseurs des forteresses, les gens de pied en plat pays, les grands dans les villas de marbre décorées de voluptueuses statues, entourées de jardins romanesques, tous sentirent couler jusqu'au fond d'eux-mêmes ces ondes suaves que le génie dt ces lieux mêla de tout temps à l'air italien. Ils en rapportèrent dans nos cantons l'inquiétude et le goût ; ils conçurent que le bonheur est douce chose; ils aménagèrent leur vie pour qu'il pût être leur hôte et pour le fixer.

MAIS, charmés, ils ne furent pas étourdis. Ils n'étaient pas JLa mesura des barbares ignorants qui boivent à longs traits et qui A^''^'^"'^tombent assommés. Ils savaient travailler en maîtres les pierres de leur pays ; ils avaient bâti les cathédrales ; dés le milieu du quinzième siècle, ils ouvraient leurs demeures à une vie plus large. Sur les maisons gothiques, ils posèrent d'abord comme les trophées de leur guerre d'aventurés.

L'italianisme en France commence à s'exprimer par un traitement nouveau du décor. Au naturalisme flamboyant il substitue des reliefs calmes, des rinceaux d'une juste cadence, des symétries de vases et de candélabres. Aux hommes de la pierre de taille et du bois, il fait connaître le luxe des marbres, extraits des carrières de Ligurie et décorés sur place, et la commodité plastique de la terre cuite. Les ateliers d'Amboise, de Blois et de Gaillon fixent les principes et les modèles de

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ces nouveautés décoratives. En même temps, dans l'architecture proprement dite, se précise la tendance aux effets larges et aux plans réguliers. Ainsi naît un art de transition qui mêle les généreuses leçons des pays du sud à la vieille grâce française, et dont l'hôtel d'AUuye à Blois est le type achevé.

JLaJLoin\ /^^ ET art, une de nos provinces plus que toute autre en favorisa les origines et l'épanouissement. On pourrait croire qu'il faut le chercher au seuil des grandes passes des Alpes. 11 est vrai que Lyon, cette grande capitale des influences latines, les a reçues d'abord et les a distribuées ; c'est de Lyon que partit toute information docte. Ce n'est pas à Lyon que le génie français du seizième siècle s'est le plus librement et le plus spontanément exprimé dans les pierres. ^

De Nevers à Nantes, il faut suivre la vallée de Loire. Le secret de toute grâce, de toute facilité est là. Naguère, dans la vallée du Rhône, j'essayais de comprendre Rome et la Gaule par leurs vestiges ; je cherchais en Auvergne les assises du génie roman ; en Ile-de-France, en Champagne, les enfances de l'art gothique ; dans le Berry, la fleur même de son architecture civile. Le plus large, le plus abandonné, le plus mollement heureux de nos fleuves roule dans la paresse et dans la sérénité de ses ondes un autre prestige français.

Certes, chacune de nos provinces, je dirais presque chacune de nos cités a doté la Renaissance d'un accent particulier, qui n'est qu'à elle. Cette grande merveille de l'art roman, la diversité dans l'unité, se reproduit au seizième siècle, elle affirme la qualité des énergies locales : Toulouse a son élégance native

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et son don de latinité; Dijon, son exubérance et sa facile vie; Troyes et la Champagne, le sentiment dramatique et la grâce pittoresque ; la Bretagne, sa rude naïveté ; Rouen et la Normandie, un luxe généreux. Mais nulle pût mieux que dans les pays de la Loire, de l'Indre et du Cher ne se sont fondus, associés le génie français et le géilie italien.

Ces régions larges, grasses et cordiales étaient faites pour accueillir le repos de nos princes. Encore aujourd'hui, quelle suavité des cîeux! Touraine, c'est jardin de France. Pays de vin, mais aussi pays de feuillages, de prairies, de fertiles eftçlos. Une gaieté douce est partout, non pas l'ironie sèche, la malice de Champagne, l'ardente verve de Gascogne, mais quelque chose déplus humain, l'expansion naturelle d*un cœur heureux. Là, parmi les beaux présents de la terre, sous les feuillages légèrement balancés par le vjsnt, au bord de ces eaux tranquilles qui s'étalent avec largeur et qui semblent dormir, la vie ne précipite point son cours, elle enfante avec la plus gracieuse majesté les plus riantes pensées.

Sur ces rives fortunées s'élèvent des châteaux qui sont des palais. Non plus soldats, seigneurs encore, ils ne couronnent pas les hauteurs, ils sont en plaine, ils mirent dans l'eau paresseuse des tours et des créneaux qui n'ont plus de valeur militaire. Des jardins les accompagnent, décorés de fontaines et de casinos de feuillage, et, par delà les jardins, la vue se repose sur des paysages qui semblent conçus et ménagés pour le plus déhcat plaisir des yeux. Les grosses tours d'angle, les combles en pente, les hautes cheminées conservent une silhouette ancienne à ces demeures si nouvelles de destination

Art de la renaissance. — CHATEAU DE BLOIS

Escalier de François 1'''. — Développement de la tourelle d'escalier, percée

de baies, du xv" siècle. — Construit vers 1514, soit par le Boccador, soit par Charles Viart, auteur des hôtels de ville d'Orléans et de Braugency.

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et de caractère ; le léger décor italien est appliqué contre une ossature médiévale. Mais l'emplacement de la bâtisse, la distribution des appartements, la manière dont on y accède et dont ils s'éclairent expriment un changement profond dans les moeurs. Bientôt la symétrie et la régularité, ces principes directeurs du classicisme, s'empareront de cette architecture et lui donneront sa formule définitive. Alors peut-être douée de moins de vie, plus sûrement assise, n'aura-t-elle plus le même charme à nos yeux. Cette hésitation, si je puis dire, cette grâce, cette jeunesse, cet accent français sensible dans l'emprunt italien, c'est là l'exquis de notre Renaissance.

Tours. Il faudrait d'abord l'étudier à Tours, cette royale patrie de

tant de délicates noblesses, ce berceau ou ce séjour des premiers de nos grands peintres, de Jean Foucquet a Jean Bourdichon. Au début du seizième siècle, les ateliers tourangeaux continuent la tradition du grand atelier d'Amboise et l'amplifient encore, avec des œuvres comme la fontaine de Jacques de Beaune, la galerie à double étage de l'hôtel de ville, le clocher nord de la cathédrale, coifïé d'un dôme imbriqué. Les châteaux des rois disent plus encore.

Bhis, Blois est le centre de la vie monarchique sous Louis XII et

pendant toute une partie du règne de François I^^ Au même titre que l'admirable escalier dû à ce prince, les loggias qui décorent et qui aèrent les courtines de l'ancien château, avec leurs balcons portés par d'élégants pendentifs, avec leurs gracieuses et singulières frises de salamandres et d'oiseaux, se présentent comme une image significative du génie de ces temps.

Art de la renaissance. — CHATEAU DE CHAMBORD

La lanterne (1521-1556). — Le château a été construit par les Sourdeau, Neveu et Cocqueau, peut-être sur les plans de Dominique de Cortone,

La vieille muraille massive fait place à un système de baies et d'ouvertures, la lumière est à flots accueillie, les jours, dans l'édifice, ont plus d'importance que les pleins. Chambord, Çhambord a quelque chose de plus énigmatique. Le plan est régulier et tout classique. L'aspect est médiéval, on a pu dire presque roman. Les tours sont formidables, toute la fantaisie décorative se porte sur les combles hérissés d'une forêt de cheminées. A l'intérieur, quatre galeries à double étage rayonnent autour d'un escalier central, dont les deux rampes se superposent sans se rencontrer. Puis, c'est une succession de petits appartements, de cellules, de cabinets,, faits pour les doux entretiens et les plaisants propos. Sorte de couvent, dit Michelet, mais couvent à la mode du siècle, fermé à la triste rumeur du monde, ouvert à toutes les voluptés. Chambord, fait pour la vie intime, galante, sécrète, est fait aussi pour les vastes déploiements du faste d'un prince. A Chambord, nous pouvons prendre une première idée de ce que fut une grande cour française serrée autour de. son roi. Quand il commença qe château, François sortait de la triste prison de Madrid. Toutes ces grandeurs de pierre étaient comme sa revanche. Autour du château, dans l'immense parc, clos de murs, la chasse royale pouvait se déployer à l'aise, sous les frondaisons humides et sous le beau ciel de Loire.

Aux châteaux du roi répondent les châteaux des seigneurs et des hauts bourgeois. Déjà ce siècle aventureux et magnifique, ce siècle de galante chevalerie et d'élégant loisir se sent de bourgeoisie et de finance. Pour manier Louis XII, pour

Art de la renaissance. — HOTEL D'ASSÉZAT, A TOULOUSE

Ço„.mi, par Ca,laj„4 (.555), ,„, i„ p,a„, j. Bachelier, en brique, pierre et marbre.

calmer les craintes, pour cheminer en paix et pour faire son œuvre, excellente à tant d'égards, Georges d'Amboise fait figure de bourgeois. Le rôle de l'argent est immense dans ces valeureuses guerres d'Italie. C'est pour des hommes d'argent que furent commencés vers 1520 Azay-le-Rideau et Chenonceaux.

Cbenonceaux. Chenonceailk, qui, des mains de Thomas Bohier, passa à la

monarchie, est une des plus séduisantes expressions de ce génie français, qui, de la poésie des lieux, sait tirer l'harmonie de l'architecture. Chenonceaux, ce n'est pas seulement l'heureuse conception d'un artiste doué, une gracieuse et magnifique résidence d'été, c'est un certain accord des pierres, des feuillages et des eaux, c'est le cours du Cher qui baigne les murailles, qui les entoure, les enveloppe, les caresse, c'est une belle et pittoresque silhouette doublée de son prestigieux reflet. Chenonceaux, — la gracieuse sonorité de cç nom est déjà une élégance française, elle est douée d'une force d'évocation.

J^es châkaux F^ T sî, quittant le pays de Loire, nous revenons à ces grandes dans ks bous. £^ forêts OÙ, pareils aux princes de la première race, nos

rois aimèrent de tout temps à mener l'ardent cortège de leurs chasses, nous voyons Saint-Germain, Fontainebleau, Villers- Cotterets surgir au milieu des bois.

Fanfaînebkau. Fontainebleau, chef-lieu de l'influence italienne, mélancolique et fastueux séjour, Fontainebleau, sans cesse accru, vrai « rendez-vous de châteaux », révèle par l'ampleur et par le luxe décoratif de ses galeries l'avenir promis à cette monarchie française qui, d'abord rustique et farouche, grandit au sein de

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ces mêmes forêts. Quel écart de siècles et de vie morale entre les chasses de Chilpérik et les chasses des Valois ! Le Saint- Hubert d'Amboise et de Pau est un gentilhomme et un chevalier, mais l'écho des fanfares et des chevauchées se répond à travers le temps. Ce sont les mêmes plaisirs, et c'est la même France.

CES illustres exemples ne contiennent pas toute la Renaissance. Outre ces<magnificences sylvestres, outre ces belles riveraines du plus doux des fleuves, elle fit paraître un art plus calme et plus grave, plus conforme à la dignité des œuvres publiques et à la grandeur de la nation. Au pittoresque, à la couleur de l'ensemble, au charme et à la vie du décor cette architecture nouvelle substitue l'ordre et l'unité du tout. Elle n'a plus pour but le plaisir ou l'amusement des yeux, elle entend satisfaire la raison. Elle ne s'inspire plus des Florentins ou des Lombards, mais des anciens.

Son élément favori, c'est la colonnade. Système de lignes et de proportions, elle est une géométrie et une arithmétique. Dès la première moitié du seizième siècle, Pierre Lescot l'installe au nouveau Louvre; à Ecouen, Jean BuUant lui donne, non pas plus de grâce, mais une plus ambitieuse autorité ;. à Anet, aux Tuileries, Philibert de l'Orme, doué à la fois d'une robuste originaHté et d'un sens exquis et juste des proportions, bon architecte doublé d'un bon maçon, ce qui est très rare, lui confère une grandeur classique.

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