‹ Les pierres de FranceChapitre 7 sur 23 · PAYSAGES CELTIQUES · texte numérisé non relu

PAYSAGES CELTIQUES

historique. De passionnés promeneurs lorrains ont fait se lever du sol des ombres solennelles : je les retrouve partout, plus anciennes, plus obscures, non moins vénérables qu'aux illustres champs où l'on se battait hier, où l'on se bat aujourd'hui. Chaque canton de notre territoire fut un boulevard et un réduit. Auvergne et Bourgogne sont, elles aussi, nos marches, aux jours où la chevalerie celte se mesure avec les légionnaires. Dans cette large vallée des Laumes, sur le rocher d'Alise, il faut honorer, non seulement le souvenir d'un combat célèbre, mais notre génie même et une infortune qui nous a grandis.

Avec quel dédain supérieur l'Allemand Mommsen ne parlet-ilpas des vaincus ! Race inconstante, puérile, fiévreuse, agitée, vouée à une perpétuelle débilité politique, vouée à un éternel malheur. Ne vous y trompez pas : c'est de nous qu'il parle. Que fut Vercingétorix à ses yeux ? — L'Hannibal d'un été, un chevalier plein de noblesse, mais un esprit léger, une émouvante nullité. — Cependant les hordes germaniques erraient encore dans les déserts du Nord, toutes ruisselantes de l'eau des mers, toutes fangeuses de la boue des marais, l'âme enfoncée dans des songes barbares. En deux combats, à Aix et à Verceil, Marins avait jadis écrasé l'avant-garde de leurs migrations et, pour des années, les avait replongées dans leur nuit sauvage. Vaincus et non détruits, les Celtes des Gaules acceptèrent Rome et travaillèrent avec elle à civiliser l'occident. De cette collaboration, de cette union, sort la France, historique.

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