‹ Les pierres de ParisChapitre 14 sur 61 · GRAVURE POPULAIRE DE · texte numérisé non relu

GRAVURE POPULAIRE DE

Musée Carnavalet.

vahissaient la place... Voici la corniche, elle règne tout le long du premier étage; c'est là que le malheureux se traîna, hésitant et affolé. Sous ses pieds nus, les vainqueurs, baïonnette au canon, se pressaient en criant leur victoire, la place de Grève était encore éclairée des feux mourants de lampions que le concierge Bochard y avait

allumés par ordre de la Commune... (*) Robespierre jeune comprit alors que tout était perdu pour son frère et pour lui ; il voulut mourir et se précipita, la tête la première, sur les marches de l'entrée de l'Hôtel de Ville. Il ne réussit qu'à se mutiler horriblement, blessant, — dans sa chute, — deux des envahisseurs, dont l'un, « le nommé Chabru », fut à peu près écrasé !... (2)

(1) Déclaration positive de Michel Bochard, concierge de la Maison-Commune, depuis le 9 thermidor jusqu'au 10.

....Vers les sept heures du soir, le maire m'a ordonné de sonner le toscin sur-le-champ. J'ai refusé net de le sonner... Alors Charlemagne et presque tout le conseil m'ont traité de coquin et ont pris un arrêté et m'y ont forcé ouvertement.

J'ai donné la clef et le toscin a été sonné A dix heures, on

m'a ordonné de mettre des lampions pour éclairer la place.

Définitivement, sur les deux heures du matin, un gendarme m'a appelé et m'a dit qu'il venait d'entendre un coup de pistolet dans la salle de l'égalité... J'ai entré, j'ai vu Lebas étendu par terre, et de suite Robespierre l'aîné s'est tiré un coup de pistolet dont la balle, en le manquant, a passé à trois lignes de moi ; j'ai failli en être tué puisque Robespierre est tombé sur moi en quittant la salle de l'Égalité, au passage. Legrand, substitut de l'agent national, m'a confié son portefeuille et sa montre pour remettre à sa femme ; mais je l'ai été porter au Comité de surveillance de la section de la Maison-Commune.

Ce 17 thermidor, l'an II de la République française.

Certifié véritable.

Signé : Bochard.

Rapport sur les événements du 9 thermidor an II, par Courtois. Pièces justificatives, n° XXXVI.

(2) Dulac, employé au Comité de Salut public, au représentant

du peuple Courtois, membre du Comité de Sûreté générale.

Sans calculer le nombre ni observer l'ordre, après avoir

appelé à moi tous ceux qui ne craignaient pas ces b..., et qui

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Ce sont toutes ces histoires et bien d'autres encore qu'évoque ce « plan-relief » si précieux. Aussi, la Commission du Vieux Paris, dès qu'elle eut connaissance de ce trésor, — jusqu'alors à peu près ignoré, — s'empressat-elle de mettre tout en œuvre pour faire entrer la relique dans les collections historiques du musée Carnavalet. Un ordre du jour demandant le don, l'acquisition ou rechange de cet admirable document fut présenté

voulaient attaquer,- je volai vers la porte que nous forçâmes sans peine et, je puis le dire ici, en raison de la vivacité que je mis à monter l'escalier, j'entrai seul dans la salle des séances, où il y avait encore trente-six municipaux en écharpc. Celui qui faisait les fonctions de président, nommé Charlemagne, tenait la sonnette qui lui tomba des mains quand je lui courus dessus le sabre à la main, en jurant et lui disant qu'il était hors de la loi. Personne ne se défendit et, chose remarquable, c'est que nous entrâmes en si petit nombre que presque tous nous en tenions deux : c'est pour cela que je criai de passer le sabro à travers le corps du premier qui ôterait son écharpe. Personne ne l'osa ; ils étaient médusés ainsi que les tribunes que je mis en état d'arrestation avec deux hommes à chaque escalier.

Alors il nous arriva du renfort et, aussitôt informé par un nommé Delacour, faisant les fonctions d'agent national, de l'endroit où devait être Robespierre l'aîné (car je savais déjà que l'autre s'était jeté par la fenêtre), j'y volai de suite. En effet, je le trouvai étendu près d'une table, ayant un coup de pistolet qui lui prenait à environ un pouce et demi sous la lèvre inférieure et lui sortait sous la pommette de la joue gauche. Il faut que vous observiez, pour l'honneur de la vérité, que c'est moi qui l'ai vu le premier et qu'il n'est donc pas vrai que le gendarme qui a été présenté à la

au nom de MM. Sardou, Lenôlre, Delaille, Quentin- Bauchard, H. Lavedan, Guillemet, Labusquière, Gh. Normand, A. llallays, Auge de Lassas, Bruman, etc... et la Commission, — que présidait M. de Selves, préfet de la Seine, — ratifia à l'unanimité ce désir si justifié ! Il s'agissait d'obtenir du musée des Invalides le dessaisissement en faveur de Carnavalet de cette précieuse « place de Grève », qui ne rentrait vraiment en aucune façon dans la série des « plans-reliefs de places de guerre » et qui revenait en quelque sorte de droit au musée de la Ville de Paris, comme document essentiellement parisien.

La chose paraissait toute naturelle, mais l'événement démentit nos espérances. Il fallut des années de pourparlers, de luttes, de discussions ; il fallut surtout la nomination de l'éminent et conciliant général Niox à la

Convention par Léonard Bourdon lui ait brûlé la cervelle, comme il est venu s'en vanter, ainsi qua Couthon, qui n'en avait pas même reçu : il est nécessaire de relever cela.

Près de Robespierre était caché sous la table le trop fameux Dumas, cet homicide président révolutionnaire ; je l'arrêtai et lui fis tant de peur que je l'obligeai à me dire où étaient Saint-Just et Lebas. J'y entrai et j'y trouvai Lebas étendu et déjà mort. Saint- Just ne fit pas la moindre résistance et me rendit son couteau avec la même obéissance que Dumas m'avait remis son flacon d'eau de mélisse des Carmes, que je lui avais ôté, craignant que ce ne fût du poison

Salut et fraternité. Vive la Convention nationale !

Signé : Dulag.

Rapport sur les événements du 9 thermidor an II, par Courtois. Pièces justificatives, n° XXXIX.

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direction du Musée de l'Armée pour résoudre, au gré de tous, cette affaire qui semblait si simple.

Aujourd'hui, le plan-relief de la place de Grève et de l'Hôtel de Ville, le 31 juillet 1830, figure, — par voie d'échange, — au musée Carnavalet, et, comme une bonne chance n'arrive jamais seule, noire musée obtint également le « boulevard du Temple, lors de l'attentat de Fieschi (28 juillet 1835), et la mort du duc d'Orléans (13 juillet 1842)», deux autres précieux documents parisiens, dus également au talent deFoulley.Ces trois belles œuvres compteront parmi les plus curieux atlraits des salles qui, prochainement, seront ouvertes au public.

Ces salles, comprises dans l'annexe qu'achève de construire M. Foucault, le très remarquable architecte des Musées de la Ville de Paris, seront, — nous l'espérons, — terminées dans quelques mois. Il nous sera donné enfin de mettre en lumière les richesses que le manque de place nous contraint depuis des années à emmagasiner dans nos réserves... Il y aura, croyons-nous, de bonnes et belles surprises à offrir aux Parisiens dévotieusement attachés aux reliques de leur Paris ; mais, parmi ces reliques, nulle ne sera plus impressionnante que cette évocation de la place de Grève et de la « Maison de Ville », — l'endroit peut-être où, de tout temps, battit le plus fort le cœur de notre chère Cité l

A la Sorbonne.

Le 5 avril 1802, le premier consul îBonaparte ayant décidé l'achèvement du Louvre, la plupart des hôtes qui depuis tant d'années avaient envahi le vieux palais des rois de France, peintres, graveurs, sculpteurs, écrivains, géographes, armuriers, etc., etc., durent, eux et leurs familles, chercher asile ailleurs. Quelques-uns vinrent nicher au collège des Grassins, à l'hôtel Vaucanson, aux Jacobins ; le plus grand nombre se réfugia au collège Mazarin, et... à la Sorbonne, mise à la disposition du ministre de l'Intérieur pour « y loger les gens de lettres et ceux des artistes qui n'auraient pas été replacés dans le collège Mazarin » (*).

Un crédit de 10.000 francs était ouvert à l'architecte Moreau, chargé de diriger les travaux de réfection et de mise en état : neuf mois plus tard, « cinquante-trois

(1) O. Greard : La Nouvelle Sorbonne, p. 203.

logements, dont vingt pour les savants, vingt et un pour les peintres et douze pour les sculpteurs, avec quatre grands ateliers de peinture et six de sculpture » étaient aménagés ! L'architecte Moreau mérite tous les éloges, car la besogne paraît avoir été particulièrement difficile. Jugez-en (*) :

Fermée par la Révolution le 17 octobre 1791, la Sorbonne, l'antique et illustre maison de « Discipline héré-

(1) Archives Nationales, F13, 1247 :

Rapport fait au Ministre de l'Intérieur sur la ci-devant église de la Sorbonne et le projet adopté parle Ministre de faire des restes de cet édifice une salle pour les distributions de prix des Prytanées des Ecoles centrales et de toutes les écoles scientifiques et littéraires. (27 ventôse an VIII de la République française.)

Ministère de VIntêrieur. — Du 19 brumaire an X.

Le Ministre de l'Intérieur, vu l'arrêté des Consuls de la République qui ordonne que les bâtiments de la Sorbonne seront disposés pour loger les artistes et les personnes de lettres déplacées du Louvre, charge le citoyen Moreau, architecte, de la direction des travaux, à faire à ce sujet, d'après les plans qui ont été ou seront adoptés.

Le Ministre de VIntêrieur, ***

Le citoyen Moreau est autorisé d'employer jusqu'à concurrence de 10.000 francs au rétablissement des bâtiments de la ci-devant Sorbonne. (25 vendémiaire an X.)

Moreau au Ministre : « Après un long travail, je suis parvenu à former 53 logements dont 20 pour les savants, 21 pour les peintres et 12 de sculpteurs, avec 4 grands ateliers de peinture et 6 de sculpture statuaire... » Moreau. (15 nivôse an X.)

Le nombre des artistes à loger à la Sorbonne étant moins considérable que celui qui avait été demandé, ...Moreau propose au Ministre un devis de 5.644 fr. 33 qui est adopté... (du 8 germinal anX.)

ditaire»(*)dont le cardinal de Richelieu avait fait le somptueux palais de la Théologie, fut purement et simplement

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