‹ Les pierres de ParisChapitre 17 sur 61 · CABINET D'ÉTUDE DE TALMA, 4, RUE SAINT-GEORGES · texte numérisé non relu

CABINET D'ÉTUDE DE TALMA, 4, RUE SAINT-GEORGES

Paul Vouillemont, phot.

vons ici — comme d'ailleurs dans toutes les demeures datant des époques directoriales ou consulaires — les petites pièces, les escaliers intérieurs, les recoins multiples, les petits salons, rappelant le besoin d'intimité

cher à nos grands-pères; par contre le salon et la salle à manger sont larges et fastueux. Rien n'y était trop beau ni trop vaste pour recevoir les amis et fêter leur bienvenue. Nos aïeux appréciaient comme il convient le lapidaire aphorisme de Brillât-Savarin : « Convier quelqu'un, c'est se charger de son bonheur pendant tout lo temps qu'il est sous notre toit. »

Ici le salon est superbe, largement ouvert sur un beau jardin; au loin, entre les arbres, apparaît, estompé par les buées bleues d'octobre, le dôme de l'église de la Trinité... Quel tableau devait offrir ce salon, alors que Talma prodiguait à ses hôtes — et c'étaient les maîtres de l'art, cette aristocratie de l'intelligence — les trésors de son accueil, de son charme, de son faste. Tous les héros de l'Empire, tous les survivants de la Révolution ont devisé entre ces quatre murs... et rien, absolument rien ne rappelle cet âge héroïque; par contre, dans L pièce voisine, il est tacile de retrouver la trace vivante du passé. Ce petit salon garni de glaces multiples fut certainement le cabinet d'étude où Talma travaillait non seulement ses rôles, mais encore ses attitudes, ses jeux de physionomie. Ceci ne saurait faire pour nous le moindre doute, car, en un autre logis du grand artiste, nous avons rencontré le même cabinet et les mêmes glaces.

Avant le très vaste hôtel de la Tour-des- Dames, Talma habita, au numéro 4 de la rue Saint-Georges, un logis d'époque Directoire occupé aujourd'hui par la

LA RUE DE LA TOUR-DES-DAMES

Compagnie d'assurances le Phénix. L'obligeante courtoisie du directeur nous a permis de visiter cet intérieur charmant, presque intact, fleuri de frises délicates, de dessus de portes, de frontons sculptés... une fête des yeux, et nous avons retrouvé en un petit salon les huit glaces, encore dressées le long des murs, permettant au

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