L'ÉGLISE SA1NT-MERRI
des moutons, des moitiés
de porc... et du côté de la halle aux poissons montent
les odeurs fortes de la marée.
2, rue Cowrtaiôû : chez Emile, ex-lutteur (l). La porto s'ouvre sur la rue, et tout d'abord une odeur terrible nous suffoque. L'immense salle sombre dégage des relents tièdes et malodorants où se combinent l'ail, le vin, la malpropreté, le souffle rauque de centaines de respirations... Emile a converti en dortoirs le rez-de-chaussée et les caves de cette maison devant laquelle, au xviue siècle, s'érigeait, au numéro 6, le portail fleuri du Bureau des Lingères (réinstallé dans le square des Innocents par les soins de la commission du Vieux-Paris) (2); Emile y a
(1) La rue Courtalon, d'après tous les historiens, du Breuil en tête, bordait le chœur de l'église Sainte-Opporlune qui avait elle-même pour origine un oratoire bâti dans les premiers temps du Christianisme — Notre-Dame-des-Bois, parce qu'il était à l'entrée des bois.
L'existence de ce bois semble prouvée par la présence d'une tour — servant de fanal pendant la nuit — au milieu du cimetière des Innocents. Celte tour existait encore au xvme siècle.
Cet oratoire avait été donné au ixe siècle par un roi carolingien à Hildebrand, évêque de Sécz, fuyant devant les Normands, et avec lui les reliques de Sainte-Opportune. Supprimée en 1790, l'église Sainte-Opportune fut vendue en 1792 comme bien national.
(2) La porte du Bureau des Lingères, datant du xvme siècle, se trouvait dans le renfoncement situé à l'angle de la rue Courtalon et de la place Sainte-Opportune. Elle était de style rocaille, encadrant un cartouche de marbre noir où était gravée cette inscription :