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KUINES DE LA CHAPELLE DU DOYENNÉ ET DE L'HOTEL DE LONGUEVILLE

Lina Jaunez, pinxlt. Musée Carnavalet.

narrateur officiel. « surpassa celle des plus fameux tournois ». De fait, le spectacle dut être féerique, et les belles gravures d'Israël Silveslre nous donnent l'impression d'un gala merveilleux ; sous ce prétexte, « courses de bagues et de testes faites par le roi et les princes et seigneurs de sa cour », un éblouissant carrousel vint charmer quinze mille spectateurs, encadrant sur trois côtés l'immense place; le quatrième côté était réservé aux « reynes, princesses et dames de la cour », radieuse corbeille qu'abritait un dais de velours violet, enrichi de grandes fleurs de lis d'or... Quatre quadrilles se disputèrent la palme de l'élégance : « la quadrille romaine », dirigée par le duc de Grammont et commandée par Louis XIV, le Roi-Soleil, portant le laurier d'or des César, « précédé et suivi de sénateurs et d'écuyers » ; la quadrille persane, sous les ordres de Monsieur, frère du roi ; enfin la quadrille de l'empire des Indes, « reconnaissable aux perroquets surmontant la tête des timbaliers », et celle des « Ameriquains », précisée par les « peaux de tigre, les écailles, les coquilles et nageoires de poissons qui ornaient leurs costumes ; ainsi que par les massues des estafiers et les ceintures de feuillage des palefreniers »... Coïncidence incroyable, ce fut le roi qui « conquit la bague », après une course dont « la justesse, la fermeté et la bonne grâce étaient encore préférables à l'adresse » ! (*).

(1) La belle Gabrielle d'Estrées occupait l'Hôtel du Bouchage, situé sur l'emplacement de l'ancienne construction du Grand-Coq, achetée

Cette belle fête n'eut pas de lendemain... Louis XIV et Louis XV négligeaient les Tuileries et vivaient à Versailles, à Saint -Germain, à Fontainebleau, à Marly, à Louveciennes. Ce fut la Révolution qui, le 6 octobre 1789, ramena à Paris Louis XVI et sa famille. La place du Carrousel, comme le château lui-même, avait été envahie et démocratisée. L'ancien « parterre de Mademoiselle (d) », détruit depuis longtemps, élait converti en « cours » : cour royale au centre, cour des princes au sud, cour des Suisses au nord. Un grand nombre de rues

en 1584 par Henri de Joyeuse, comte du Bouchage, avant d'entrer dans cette maison des Trois-Pas-de-Dcgré, dont le terrain forme aujourd'hui une partie du square du Louvre, place du Carrousel, là où se trouve la porte Visconti. Par un jardin, les offices et les cuisines, cette maison correspondait avec l'appartement du Roi au Louvre. La porte en était gardée par quatre pages du Roi qui, nuit et jour, étaient de service auprès deGabrielle.

C'est dans cette maison que l'on découvrit, dans une malle en cuir, le fameux lit de camp, garni de passementeries et de franges de soie verte, que la belle emportait pour coucher sous la tente lorsqu'elle suivait le roi dans ses campagnes, car elle se conduisait fort bravement devant l'ennemi. Nous en avons la preuve au siège de Dreux, en 1593, et à celui d'Amiens en 1597.

On y trouva également quelques fourchettes à deux dents avec des manches de cristal, d'ivoire ou de corail. Mises à la mode par les mignons de Henri III, Gabrielle offrait ces fourchettes à ses amies, — alors qu'elle les recevait à sa table. — Quant à Henri IV et aux seigneurs de sa suite, conservant les vieilles coutumes françaises, ils se servaient de leurs couteaux et de leurs doigts. — Courbevoie et ses environs, IL Vuagneux (pp. 29-30).

(1) Lorsque Catherine de Médicis fit bâtir le Palais des Tuileries, il se trouvait isolé entre une rue qui prenait depuis les Écuries etaboutissait auprès du pont Royal, et une place vague depuis les murs

et de ruelles sillonnaient le Carrousel où s'entassaient les hôtels, les écuries, les casernes, les bicoques, les remises, les maisons mal famées ; rue Saint-Nicaise (elle traversait la place et aujourd'hui passerait, à peu près, devant le monument de Gambetta), rue des Orties (le long de la galerie du Louvre parallèlement à la Seine), rue et impasse du Doyenné (sur l'emplacement du square, derrière le monument de Gambetta), rue de Chartres (en partie sur l'emplacement de l'actuel ministère des Finances), rue du Musée (elle commençait place du Palais-Royal et se terminait rue du Carrousel, là où s'élève la statue de La Fayette), rue du Carrousel (au milieu de la place avec aboutissement au guichet du Louvre), rue Saint-Thomas-du-Louvre, rue du Chantre, rue Fromenteau... La plupart de ces ruelles avaient été ouvertes sur l'emplacement des grands hôtels de jadis : hôtel de Longueville, hôtel d'Elbeuf, hôtel d'O, hôtel de Rambouillet, hôpital des Quinze-Vingts, etc., etc.. C'étaient de fâcheuses sentines, obscures, humides, malodorantes...; la domesticité du palais et des somptueux

de l'enceinte de Charles V jusqu'à ce Palais. La rue se nommait, au xviie siècle, rue des Tuileries. Sur la place vide on traça une enceinte qui fut destinée, en 1600, à faire un jardin, le Jardin de Mademoiselle; on le détruisit lorsque Louis XIV eut décidé d'achever le bâtiment des Tuileries.

Après la fête des 5 et 6 juin 1662, la place, qui comprenait aussi l'espace couvert par les maisons de la rue Saint-Nicaise, retint le nom de Place du Carrousel et le donna ensuite à la rue que formèrent les maisons bâties sur l'emplacement des fossés de l'enceinte de Charles V. — Jaillot. Recherches critiques sur Paris, t. I, p. 8*

hôtels voisins s'y était gîtée, si bien qu'une population dangereuse, besogneuse, suspecte, voisinait avec le château . . .

Ces ruelles devenaient précieuses les jours d'émeute, et les « vainqueurs des Tuileries » ne manquèrent pas d'en profiter pour tirer sur les défenseurs de la vieille monarchie française.

Le 20 juin, puis le 10 août 1792, c'est par là que débouchèrent quelques colonnes d'insurgés. . . On connaît les faits : l'irruption furieuse, le massacre des Suisses, le départ de Louis XVI et de la famille royale cherchant asile au manège, « au sein de l'Assemblée nationale », le pillage du château, les cours pleines de cadavres «que dépouillaient les hommes, que déchiquetaient les femmes, que léchaient les chiens, que décomposait la chaleur torride »; la cour des Tuileries, la place du Carrousel et les rues voisines semées de débris de glaces, de verres, de porcelaines et toutes blanches de la neige des « duvets et des plumes » échappés aux matelas et oreillers que le peuple, après avoir bu la cave des tyrans, s'amusait à vider par les fenêtres. . .

L'endroit sert également aux manifestations patriotiques... Le 2 août 1793 (à peu près exactement où commence, du côté de la Seine, le parterre de fleurs que nous fêtons aujourd'hui) se déroule la cérémonie funèbre en l'honneur du « divin » Marat. Les Jacobins dédièrent à ses « mânes » un obélisque en bois qui fut placé devant la pierre tumulaire de Lazowski, l'un des héros du

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