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LE JARDIN DE BALZAC

Paul Vouillemont, photographe.

allures de cellule conventuelle, « dont les murs étaient tapissés de tableaux sans cadres et de cadres sans

tableaux », que sont sortis tant de chefs-d'œuvre : ta Muse du département, Eve et David, Splendeurs et Misères des courtisanes (1843), Béatrix, Modeste Mignon (1844), les Paysans, le Curé de village (1845), la Dernière Incarnation de Vautrin (1846) ; enfin, en 1847, le Cousin Pons, la Cousine Bette... et nous en oublions!

Cependant ces salles vides n'ont pas le don de nous émouvoir; tout cela est trop remis à neuf, trop « ripoliné » ; le mystère des corridors sombres et des escaliers compliqués nous touche bien autrement. Ce décor-là n'est pas maquillé; ce sont les « accessoires » vrais du drame dont le pauvre Balzac fut le héros douloureux. Cette maisonnette à double fond, ces issues secrètes, ces trappes, dissimulées aujourd'hui sous un carrelage, la « garde » jalouse que ses fidèles montaient autour de sa « cache », lui permirent d'échapper aux records, aux huissiers, aux créanciers le menaçant de toutes parts... Pauvre grand homme, faisant du jour la nuit et de la nuit le jour, se couchant à six heures du soir, se réveillant à minuit, se mettant au travail jusqu'au matin!... réduit à se dissimuler, à iuir, pour éviter Clichy et la prise de corps !

Tout cela est infiniment triste... par contre le jardinet, long de 30 mètres, large de 15, sur lequel s'ouvrent les deux portes et toutes les fenêtres est délicieux. Figurez-vous un modeste jardin de curé qu'ombragent des lilas, un prunier, un tamaris, un sorbier rouge, quelques acacias, et que borde une terrasse garnie de.

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