‹ Les pierres de ParisChapitre 42 sur 61 · MASQUE MORTUAIRE (MOULÉ SUR NATLRE) DU CARDINAL DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

MASQUE MORTUAIRE (MOULÉ SUR NATLRE) DU CARDINAL DE RICHELIEU

Collection du Musée Carnavalet.

— d'un tiroir de la commode du citoyen Cheval, çpicrie patriote établi rue de la Harpe !

Le premier moment de stupeur passé, Cheval raconta à l'abbé Armez de quelle façon ce tragique « bibelot »

était tombé entre ses mains (*). « Chargé de présider à la destruction du tombeau du cardinal, il avait profité d'un moment où, les ouvriers prenant leur repas, il s'était trouvé seul dans l'église de la Sorbonne, pour s'emparer de ces dépouilles et les emporter sous son manteau... Il avait eu soin, ajoutait-il, de se retrouver sur les lieux au moment du retour des ouvriers et d'arranger les choses de manière à ce qu'ils ne s'aperçussent de rien ».

Des ouvriers, il convient de l'expliquer, avaient (du 19 au 23 frimaire), envahi l'église de la Sorbonne et éventré les vingt-sept tombeaux de tous les Richelieu ; d'abord pour y « recueillir le plomb desliné à fournir des balles aux défenseurs de la patrie en danger », puis

(1) Le caveau fut ouvert deux fois, coup sur coup. Dans le procès-verbal du 19 frimaire an 2, on lit que « les citoyens Dubois, Hébert et Grincourt, commis à l'enlèvement des cercueils, ont appris du citoyen Bernard, porteur de la clef (de l'église), qu'il était venu plusieurs citoyens le 17 de ce mois, du nombre desquels était le citoyen Saillard, commissaire de la section, à l'effet de fouiller dans ledit caveau. Saillard, interrogé, a effectivement reconnu avoir été requis par un particulier, dont il ne se rappelle pas le nom, mais chargé d'ordres du département, de fouiller ledit caveau. Ils y sont descendus sans en rien emporter ».

Le caveau fut ensuite ouvert et fouillé officiellement les 19, 20, 21, 22 et 23 du môme mois, et les procès-verbaux du travail de chaque jour dressés régulièrement. — Les Tombeaux des Richelieu à la Sorbonne, par un membre de la Société d'Archéologie de Seine-et-Marne. "È. Thorin, éditeur, 58, boulevard Saint-Michel, Paris (1867).

Un inconnu coupa la tête de Richelieu et la montra aux spectateurs. Revue des Autographes, décembre 15G6, n° 100.

aussi pour contrôler une dénonciation faite par le sieur Leblanc « sur un dépôt, soupçonné enfoui dans la cidevant église de la Sorbonne » (*).

Hâtons-nous de dire que l'admirable Alexandre Lenoir

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