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CRYPTE FUNÉRAIRE DU CARDINAL DE RICHELIEU A LA SORBONNE

avait pris le soin de faire transporter au musée des Petits- Augustins le monument en marbre du cardinal, chef-

(1) Les Commissaires révolutionnaires chargés de l'ouverture des cercueils en avaient trouvé cinquante « tant grands que petits ». Leur procès-verbal donne les noms des vingt-sept Richelieu et de douze docteurs en Sorbonne. Il conclut, à l'égard des cercueils de plomb : « Nous les avons laissés dans l'église, attendu que la mauvaise odeur qu'ils répandent infectent un petit endroit réservé dans lequel on pourrait les déposer. » — Bévue des Autographes, p. 101.

d'œuvre de Girardon « déjà légèrement mutilé par des ennemis des arts qui avaient eu accès dans la chapelle »... A la même époque, un patriote limousin suspendait comme contrepoids à son tournebroche une autre tête en marbre de Richelieu, coupée à une statue érigée au château de La Meilleraye !...

Lorsque éclata la réaction thermidorienne, les terroristes, terrorisés à leur tour, s'empressèrent de faire disparaître toutes traces de leurs violents exploits. Le « masque » du cardinal devenait dangereux à conserver... fût-ce en un tiroir de commode... Aussi le citoyen Cheval s'empressa-t-il de l'offrir à M. Armez.

— « Je crains, lui avoua-t-il, d'être arrêté, et déporté comme ardent révolutionnaire... j'ai vu que vous attachiez du prix à la tête de Richelieu... je n'en ferai rien : veuillez l'accepter. »

Après avoir tout d'abord refusé, M. Armez se rendit aux instances de Tépicier et emporta le trésor (*).

Sous le second Empire, le neveu de l'abbé, alors député des Côtes-du-Nord, offrait la précieuse relique à M. Duruy, ministre de l'Instruction publique, et le 16 décembre 1866 Mgr Darboy, archevêque de Paris, en consacrait la restitution (2).

(1) En 1820, M. Armez, neveu de l'abbé, fut sollicité par une dame de Kérouard de lui donner la tête du grand Cardinal afin de l'offrir au duc de Richelieu. M. Armez refusa. — Les Tombeaux des Richelieu à la Sorbonne.

(2) M. Duruy, en remettant lui-même les nobles débris à M«r Darboy en présence de M. Ch. Robert, secrétaire général du

Lors de la reconstruction de la Sorbonne par réminent architecte Nénot, il fut décidé que le masque du cardinal — qui jusqu'alors avait été déposé hors du cénotaphe de Girardon (réinstallé après la Révolution) — irait reprendre sa place dans le tombeau.

On dut procéder à une reconnaissance qui s'effectua en 1898, sous la présidence de M. Hanotaux, alors ministre des Affaires étrangères.

En compagnie de la princesse de Monaco (tutrice de son fils, né Richelieu), de M. Nénot, de M. Henry Roujon, directeur des beaux-arts, et de l'aumônier de la Sorbonne, notre grand peintre Détaille assistait à l'impressionnante cérémonie. *

Sur la prière du ministre, hâtivement, sous le coup d'une émotion poignante, M. Détaille reproduisit à l'aquarelle le masque tragique du grand cardinal, reposant sur le coussin de soie violette où venaient de le coucher les mains pieuses de M. Hanotaux (4)

ministère; de M. Anatole Duruy, chel de son cabinet; de M«r Maret, éveque in partibus de Sura ; de M. A. Mourier, vice-recteur de l'Académie de Paris, et de M. l'abbé Bourret, professeur de théologie, dit : « Je dépose en vos mains ce qui nous reste d'un grand homme dont le nom est toujours ici présent, parce qu'il pacifia et agrandit la France, honora les lettres et construisit cette maison qui est devenue le sanctuaire des plus hautes études. L'Université et l'Académie accomplissent un devoir filial en réunissant leur hommage au pied de cette tombe qui ne sera plus violée. » — Le» Tombeaux de? Richelieu à la Sorbonne.

(V « La tête était dans le coffret de plomb sur le coussin de soie, et nous ne l'avons pas touchée. Seulement j'ai soulevé le

C'est cette image, angoissante et superbe, que nous contemplions longuement hier dans l'atelier de la rue

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