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LE MASQUE MORTUAIRE DU CARDINAL-MINISTRE

Aquarelle de M. E. Détaille. Collection Hanotaux»

voile de ouate qui la recouvrait et, en raison de légères atteintes de décomposition, j'ai posé sur le visage un autre voile de ouate traité avec toutes les précautions antiseptiques... ». — G. Hanotaux. (Extrait d'une lettre Darticulière du 26 mars 1909). Collection G. Gain.

d'Aumale dont M. Iïanotaux a fait son studio... en savourant ce plaisir rare : entendre le passionnant et pas-

RICHELIEU SUT. SOiN LIT DE MOKT.

Collection de M. Hanotaux. Ph. de Champaigne, pinxit.

sionné historien de Richelieu causer du Grand Cardinal ! — ...Et maintenant, comparez... concluait M. Hanotaux en plaçant sous nos yeux une admirable étude de, Ph. de Champaigne, Richelieu sur son lit de mort, qui figura à l'Exposition des portraits historiques en 1878 (4).

(1) ...Je ne l'avais pas perdue de vue, écrit M. Hanotaux, et ,'ai pu l'acheter à un marchand de tableaux qui l'avait acquise à la

Reconnaissez cette tête, ce front sublime que recouvre un bonnet de linge, ces yeux déjà creusés par la souffrance, cette moustache hérissée, cette barbiche coupée ras comme dans le masque de la Sorbonne !...

« Voici l'image d'un des plus admirables Français qui aient honoré notre pays... non seulement Français, mais encore Parisien, car Richelieu, ne l'oublions pas, est né à Paris, rue du Bouloy, assure son acte de baptême... et Paris ingrat ne possède pas, sur une seule de ses places publiques, l'effigie de ce très grand homme ! .. . Pourtant une telle statue ne s'imposerait-elle pas, près de ce Palais-Royal qu'il légua à la France, après l'avoir fait bâtir tout près du Louvre, tout près de son roi, afin de servir plus promptement les intérêts de notre pays/ de veiller sur sa gloire et sur sa grandeur?... »

vente de la collection Haag. Elle a été exposée en 1900 et M. Lafenestre lui a consacré alors une étude qui ne met pas en doute l'attribution à Philippe de Champaigne. — (Lettre particulière adressée à M. G. Gain.)

On s'instruit tous les jours. Je croyais connaître Montmartre; mon ami Aristide Bruant, le chansonnier populaire, s'est chargé en quelques heures de me prouver que j'ignorais les plus surprenantes beautés de cette « Mamelle du Monde » comme l'avait si drôlement baptisé feu Rodolphe Salis, seigneur de Chat-Noirville. Je reviens émerveillé de notre excursion en un Montmartre à peu près insoupçonné des Parisiens ; un Montmartre sauvage, agreste, raviné, sylvestre et qui n'a rien — absolument rien — de commun avec le Montmartre des beuglants truqués à l'usage des étrangers nostalgiques. Depuis toujours, j'aime l'âpre talent de Bruant. Dans la rue, les Chansons de route constituent des œuvres qui resteront. Ce ne sont certes pas recueils de romances à l'usage des petites filles dont on coupe le pain en tartines, mais tous les amoureux d'art admirent ces chan-

sons remplies de colères, de cynisme, de violences, et débordantes aussi de pittoresque observation, d'in-

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