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MONTMARTRE EN

Gravure de Louis Marvy.

Bruant mettait tout le monde à la porte, sifflait ses chiens, empoignait son bâton de toucheur de bœufs et,

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sa limousine sur l'épaule, grimpait bien vite « là-haut », 16, rue Cortot, dans son trou de feuilles, en plein bois... pour se désintoxiquer de la fumée, des hurlements des poivrots, des « galopins », de la sottise humaine... pour dormir à l'air et composer ses chansons en écoutant siffler les merles et chanter les fauvettes, dans les lilas de son « parc », — un parc de plus de 6.000 mètres !

C'est tout cela que je voulais visiter avec ce bon compagnon qui a vu et entendu tant de choses et qui sait si bien les raconter. Notre promenade paradoxale commença par le Sacré-Cœur pour finir au cabaret des Assassins... rue des Saules 1

Il fait un temps tragique qui, d'ailleurs, n'est pas sans charme; ce brouillard londonien, ce fog où nous nous enfonçons enveloppe les bicoques lépreuses d'une atmosphère de rêve; à mesure que nous avançons, les ruelles, les masures, les arbres semblent émerger de gazes superposées.

Par la rue André-del-Sarte nous gagnons l'interminable escalier Sainte-Marie. Nous passons devant la maison haut perchée où le maître Gustave Charpentier composa ce chef-d'œuvre : Louise, et atteignons le haut de la Butte. Là, un affreux camelot, surgissant des buées, nous offre des cartes postales et des « médailles de la Basilique ». « Tiens! le Rouquin! s'exclame Bruant. Te voilà, affreux filou !... Je vous présente le pire voleur de chiens de la Butte... Ici, Toutou... Mais je t'ai prévenu, si tu as le malheur de toucher à Toutou, tu

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