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varient que par les noms inscrits dans les deux on trois lignes qui accompagnent le sujet et par les accessoires du champ.
Nous ne pouvons quitter cette scène sans mentionner ici l'interprétation dont le cylindre de la Bibliothèque Nationale (fig. 84) a été l'objet. Le personnage imberbe dans une pose recueillie, malgré la rigidité des hanches, a fait songer à une femme, grâce à une certaine accentuation des seins ' ; et on a cru qu'il s'agissait, dans cette scène, de la' Vierge qu'on présentait toutes les nuits au Dieu de Babjlone dans le temple deBélus'. Cette interprétation ne saurait être admise; d'abord le sexe est très incertain, et nous noua référons à ce sujet aux observations que nous avons formulées à propos du personnîige qui figure dans une pose différente sur les cylindres précédents, mus qui remplit évidemment le même rôle que celui-ci; et ensuite parce que nous ne saurions accepter, pour expliquer une scène populaire à Ùr, en Cbaldée, trente siècles avant notre ère, une pratique qui était en usage à Babjlone 450 ans avant J.-C. Nous examinerons plus loin comment les artistes chaldéens ont compris la femme dans leurs œuvres. Partout, snr les cylindres où l'artiste a voulu la représenter, il l'a fait sans équivoque; qu'il s'agisse d'une simple mortelle, d'une déesse nue ou année, le sexe est totgours parfaitement caractérisé non seulement par les traits de la face, par le costume et par le dessin de la poitrine, mais surtout par l'exagération des hanches.
It nous suffit de dire mjiintenatit que si les artistes de Ur avaient en eu vue une scène analogue à celle qui est rapportée par le Père de l'histoire, ils auraient pris soin d'indiquer nettement leur pensée. 11 est donc superflu d'examiner si cette coutume remonte à une haute antiquité, si elle était particulière au temple de Babylone, ou si elle pouvait avoir trait à d'autres temples de la Chaldée.
> Cette accentuation peut provenir d'un coup de bouteroUe trop fortement appliqué par un trtiEte ineipirimeuté qui a alUN le caractère du personnage, (ûaû que cela Mt évident ■HT le cylindre dTIrUiani. (Voyez la figur* ataiie de notre héliogrB^irur*, pi. 4, d* 2.)
* Conf. C. LnoRMAHT, dans le Catalogue ia la BibliotMqve du Cabinet it* MidaiUiu, MUS le Qo 374. ^ F. Lbnoiuiant, Comment, det frag. de Birote, p. 375. ^ Iimt, la DivU nation, p. 132. — BiRoiwrB, Clio, CLSXXI.
L^ PimaRES ORATâBS.
§ni.
3* CÉRdHONIB.
C. — On connaît encore une autre cérémonie religieuse qui a été traitée également par les artistes de Ur. Elle est représentée sur deui cylindres du règne de Dungi, £ls de Urkham; dès lors nous sonunes sûr de leur haute antiquité, et nous pouvons accueillir les renseignements qu'ils nous fourniront sur l'art à cette époque*.
Le premier de ces monuments (fig. 86) appartient à la collection du Musée Britannique.
Fig. M.
C'est un cylindre en hématite de 0,(fô5 de hauteur sur 0,075 de diamètre; il porte sur toute la hauteur du cylindre une inscription de douze lignes en caractères du style monumental de Babylone ; cette inscription, qui a déjà été traduite et commentée plusieurs fois, paraît écrite entièrement dans l'ancienne langue des Sumers et des Âkkads,
■ H. Lenormaut avait pensé que ce cylindre et la EtÛTant iUient peat-ttre d«8 copies renou- TeléespMtérieurement d'objet» très anciens. (La Langue primitive delà Chaldé», page StH.) La comparaison de ce* monaments avec laa nombrani cylindres analogues, dont l'auUtaDUûU ne peut 4tre aigoiudlmi conUeUe, ne permet plus de soulever eetu quMUon.
et présente dès lors quelques difficultés de lecture et de traduction. Quoi qu'il en soit, le sens s'en dégage facilement; elle est ainsi conçue :
< A Mardak-ud-cfu-a, roi du it~zi-da de la ville de Zii^oarla; ponr la conserratioa de la vie de Dnngi, le héros paiseant.
Roi de Ur,
fils de Urkham (ETr-fio-dt-AiO
j'ai fait nne offrande.
Que lea Jours da roi
et la conaerration de sa vie
soient protégés. >
Le sujet du cylindre paraît se rapporter à la cérémonio dont il est parlé dans Tinscription.
La scène se compose de trois personnages : le premier, à droite, debout, coiffé du chapeau plat aux bords retroussés, vêtu d'une robe longue à plis, barbe longue, de profil ; la main droite avancée, tenant une tige à trois rameaux ; la gauche, ramenée à la ceinture, portant un sceptre (?). Devant lui, un second personnage debout, imberbe, tête nue, vêtu d'une rohe longue à frauges, la main droite élevée dans la pose de la prière, la gauche ramenée à la ceinture. Entre ces deux personnages, un autel sur lequel s'élève une tige d'où pendent de chaque côté deux fleurs ou deux fruits ; un troisième personnage à gauche, vêtu d'une robe longue à plis, élève les mains dans la pose de l'adoration. Le dessin de ces personnages est très-négligé; l'ensemble ; est sans doute, mais les extrémités, les pieds et les mains sont d'une exécution très incorrecte et accusent une certaine inhabileté.
Le second monument du même roi que nous sommes heureux de citer, nous donne le degré de talent auquel les artistes pouvaient atteindre à cette époque.
Cest un magnifique cylindre en calcédoine saphiriae appartenant k
1 Le teiM da cette iniCTiptioii a déjà éiA publié par M, F. Lenorhamt, Ckoitc de texie» cunéiformei, — et plui tard dans le Recueil du Uutée nritaanique. {W.A.l. IV, pi. 35, D» 2.) — Vojei, pour la tradnctioii, P. Lmnomittn, Étudei oUadtannci, p. 816.^ G. Shitb, Record* oftke Patt, t. III, p. 11.
142 LBS PIBRRES ORATÉBB.
la collection de M. de Clercq (%. 87). Il porte une inscription de diihuit lignes, peut-être également en langue Samérienne, et écrite en caractères du style lapidaire de Babylone, disposée en deux registres ainsi que nous l'indiquons dans l'essai de traduction que nous donnons ici:
«àNaska,
l'intelligence suprême ;
Ur-an-^n...,
an Seigneardelajustice,
Patési
notre roi,
pour le salât et la rie
de Niponr,
da Dangi,
fils de
le héros puissant,
Patèsi
roi de Up,
de Nipour... ,
roi des Snmera
a consacré ceci.
et des Akkads,
Quant au sujet, il est visible que la cérémonie est analogue à celle que nous connaissons déjà ; la disposition est la même et l'ensemble ne diffère que par les détails de l'exécution.
Pour bien faire comprendre ce magnifique spécimen de l'art chaldéen dont notre esquisse donne à peine une idée, il faut attendre à avoir sous les yeux la reproduction héliograpbique qui paraîtra dans le catalogue en voie de publication ; nous ne ferons qu'indiquer ici le caractère général de ce monument, parce qu'on en a déjà parlé avant nous pour en contester l'authenticité.
La matière du cylindre paraît une exception à cette époque. Le travail est très soigné ; le bijou n'est détérioré que par des cassures de la pierre; l'agate ne s'use pas comme les marbres, elle se brise. XiCS figures des personnages sont très soignées; les extrémités sont mal
dessinées, et pourtant les bras et les mains ont une souplesse bien remarquable. Le type le plus caractéristique est celui du milieu, celui qui occupe la place du néophyte imberbe que nous avons déjà signalé. Ici, ce personnage a un tout autre aspect et s'accuse par sa figure masculine, la barbe longue et bouclée tombant sur la poitrine. C'est totyours un des personnages que nous connaissons ; seulement il prend une part active à la cérémonie ; il tient de la main droite une ampuUa dont il verse le contenu sur l'autel. La tête est particulièrement remarquable et traitée avec un incontestable talent qui rappelle qudques-uaa des beaux produits des artistes d'Agadé.
Il suffît de rapprocher ces deux monuments de la même époque, du même roi, et qui nous ont conservé le souvenir de la même cérémonie, pour nous convaincre du danger qu'il y aurait à se fier uniquement à la matière d'un monument pour en déterminer Tâge ou la provenance. Nous verrons bientôt que les sculpteurs de la Chaldée savaient tailler les porphyres dans de gigantesques proportions. Comment les graveurs auTîiient-ils reculé devant le cristal déroche, la calcédoine et les agates, quand nous trouvons tant de débris des ornements qu'ils enlevaient dans ces matières précieuses ? L'authenticité de ce monument a été contestée avant même qu'on ait pu l'étudier : on a cru y découvrir une copie faite pendant les dernières années du Second Empire de Chaldée. Pourquoi anrait-on fait cette copie; dans quel but? Ce serait un exemple unique ; car, lorsqu'un roi d'Assyrie ou de Chaldée exhume quelque relique de ses prédécesseurs, il a bien soin de la conserver intacte, et les exemples ne manquent pas à l'appui. Nous ne partageons donc pas cette opinion. La facture annonce sans doute une valeur artistique supérieure à celle du cylindre du Musée Britannique, mais il n'y a en cela rien d'extraordinaire. Aussi, nous maintenons à ce cylindre la date qui est fixée par l'inscription qu'il porte et qui seule nous renseigne de la manière la plus précise sur son origine. En nous écartant de la confiance qu'un texte doit nous inspirer, nous ne pourrions que aoi^ égarer bien étrangement daiu nos attributions.