‹ Les pierres gravées de la Haute-AsieChapitre 17 sur 31 · LES SACRIFICES · texte numérisé non relu

LES SACRIFICES

— LE SACRIPICB DU OHBTRBAU.

Nous voudrions rattacher à l'école de Ur les sujets d'un certain nombre de cérémonies parce que les personnages rappellent les types que nous connaissons déjà; Us révèlent la même facture, le même parti-pris. Il s'agit encore évidemment de cérémonies religieuses; nous ne sommes plus dans le monde légendaire. Nous ne devons pourtant leur attribuer aucune provenance définie; nous n'avons aucun indice qui nous permet de leur assigner une origine certaine, pas un nom de roi, pas un nom de localité déterminée ; mais nous pouvons les considérer comme appartenant à toute la Chaldée.

Parnû ces cérémonies, les plus fréquentes que nous devons noTis attendre à rencontrer sur les cylindres sont assurément celles qui ont trait aux sacrifices. Le sacrifice est, dans toutes les religions, un élément essentiel du culte, et s'accomplit suivant des rites dont la nature même des choses impose la forme.

La Chaldée ne pouvait se soustraire en cela à l'empire des sentiments qui se manifestent chez tous les peuples. La première prière que l'homme adresse à la divinité est toujours accompagnée d'un sacrifice. On offre aux Dieux, pour se les rendre favorables ou pour conjurer un malheur, ce que l'on a de plus précieux, les fruits de la terre ou les premiers nés de son troupeau. Il nous est impossible de remonter à l'origine des sacrifices en Chaldée, et, d'un autre côté, nous n'avons pas encore rencontré de textes pour nous décrire les détails d'une cérémonie analogue à celle que nous lisons dans le troisième livre de la Genèse; mais il a dû en exister de pareilles, car nous trouvons des prescriptions qui en sont la conséquence, par exemple, dans un document lithurgique rédigé dans la langue des Sumers et des Âkkads ; il provient de la Bibliothèque d'Érech, et la traduction assyrienne qui nous en est parvenue nous a permis de le comprendre.

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Ce docQment à peu près intact est très intéressant à étudier. On Sait que chaque mois était consacré à une divinité particulière, et que chaque juur du moU était honoré par des cérémonies spéciales; or, le texte litburgiqne auquel nous nous reportons donne précisément la liste des sacrifices qui doivent s'accomplir pendant le mois Second-ÉIul (Août) consacré à Anu et à Bel. La tablette commence ainsi :

c Au premier jour dn mois, quand la lane paraît, le Prince des nations doit offrir une gazelle pure {mae-kak^a-bi-ru) au dieu Sin (la Lune), le Grand-Dieu.

< U invoque Samas, Istar et Sin, les Orands-Dieux, en élevant la main; il honore ainsi les Orands-Dieux '. *

Le second jour consacré à Istar était sanctifia par les mêmes cérémonies, les mêmes sacrifices et ainsi de suite pendant les trente jours du mois, suivant la divinité spéciale qu'on devait honorer. Ces prescriptions étaient déjà à l'état de tradition en Chaldée sous le Premier- Empire et la traduction assyrienne du texte antique nous prouve qu'elles durent être suivies en Assyrie, ainsi que nous le verrons plus tard. Nous en retrouverons l'application jusque sous le Second-Empire de Chaldée; à Babylone, Nabuchodonosor avait érigé en l'honneur du dieu Marduk un temple spécial, le Temple des Victimes pures (Bit Nikuti akiti). Nous savons même quand et comment le sacrifice s'accomplissait :

< An nenriëme jour, le jonr consacré & Nabu, pendant la nuit, le Prince des nations, la main élevée pour la consécration des agneaux purs, les ofl^ en sacriâce à Nabu et à Tasmit*. »

Le texte est précis : la tradition se continuait; nous pouvons donc suivre ici le témoignage d'Hérodote^, car c'est évidemment à une cérémonie semblable qu'il fait allusion lorsqu'il dit en parlant du temple de Bélus à Babylone '* : « On voit hors de cette chapelle un

i W.A.I. IV, pi. 32. 33. ObT. col. I.

* W.A.I. I,pi. », col. IV, I. 7.

s H£rot>otb, Ht. I, ch. 183.

* U. QppBRT a constata aar 1m lieai que les débris de ce t«mp]e forment aajourd*hm U ruine qui porte le oom de BaiiH. — Expédition laittUi/lqm «n Méiopotamie, t. I,

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autel d'or et outre cela un autel très grand sur lequel on immole du bétail d'uu %e fait (ri rf >ea rûv npoëiTow) , < car il n'est permis de sacrifier sur l'autel d'or que des animaux encore à la mamelle (yxlaétaxi poûva). Hérodote ajoute : « Les Chaldéens brûlent aussi sur le grand autel tous les ans à la fête de ce Bteu mille talents pesant d'encens ' , »

Les intailles qui représentent le plus ordinairement le sacrifice en Chaldée ne donnent pas Tacte principal, mais simplement la consécration de la victime. Un cylindre en hématite du Musée Britannique que nous publions dans nos planches héliographiques (pi. IV, n" 4), et un autre que nous reproduisons (fig. 88), nous font assister à la scène dans ce qu'elle a de rigoureusement nécessaire.

Rien ne peut nous renseigner sur le lieu où se passait cette cérémonie; selon toute probabilité, c'était en face du temple, la nuit, au moment oiî la lune se levait. Quant à la Divinité eu Thonneur de laquelle elle s'accomplissait, elle est souvent indiquée par son symbole gravé dans le chîunp au-dessus du sacrificateur ou peut-être par la mention consignée dans la dernière ligne :

€ Ili-turam, fils de Ibni-Bin, serviteur du dieu Bin. »

Chacun des personnages qui participent à la cérémonie a son caractère très distinct. Le Sacrificateur se présente toujours dans une pose dramatique tenant en main le Couteau sacré ; sa robe ouverte laisse à découvert la jambe droite, le pied en avant sur un Scabellum. Ce détail nous empêche peut-être de reconnaître son costume qui doit être semblable à celui d'un personnage que nous avons déjà rencontré et qui a les jambes cachées sous sa robe lorsqu'elle est fermée. Quoi qu'il

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