DB CYLINDRES
noQB font connaître imparfaitement le nom du possesseur de ce cachet.
« fils de Sin adorateur da dieu Bin. *
Pîg. 153.
Un contrat, marqué B. 40. a, daté dans la ville de Nisin, le 10* jour du mois de Tasrit (Septembre) de la 13' année après la prise de Karak par Rim-Sin, porte l'empreinte trois fois répétée d'un cylindre sur lequel on peut soupçonner une scène analogue {fig. 153). 11 n'y a de visible cependant que le dernier personnage à droite des inscriptions ; il porte une robe courte, la main droite tombant le long du corps (Con/". fig. 111, supra). L'inscription en deux lignes renferme le nom du possesseur du cachet, qui se nomme :
« Sin-idinnam, fils de Zikar-Sin. »
Cest le troisième témoin du contrat.
pig. ]54. gQj. l'enveloppe d'un contrat que nous avons déjà cité,
marquéB.45. a, nous trouvons sur la tranche supérieure de la tablette une empreinte qui laisse voir à droite de l'inscription (fig. 154) un personnage dans la pose de l'adoration, vêtu d'une robe longue à côte et à plis ^ (Conf. fig. 83, 88, supra). L'inscription nous fait savoir que le possesseur de ce cachet se nomme
« Pinibel-liais, fils de Sin-idinnam >, adorateur de Bel. » C'est peutp-être le fils du personnage dont nous avons vu le cachet sur le contrat précédent î
Fig. 155.
Sur la tranche supérieure d'un contrat dont la date a disparu, marqué B. 80. a, relevons (fig. 155) une empreinte deux fois répétée laissant voir à droite et à gauche de l'inscription deux personnages qui font face aux caractères. Ils portent une robe longue à rayures et J à côtes et ils ont les mains élevées dans ] pose de l'adoration.
I Ce nom da Sin-idinDiun eat tréa commun ; nous l'ATona ddjà rencontré deui fois (p. 14S «t 172, tupra). On wit de plni qu'il a M porté pu un roi du Preaûer-Einpire de Chaldée.
L'inscription nous fait ainsi connaître le nom du propriétaire du cachet:
< Ili-kitam, fils de Naram-Bin, adorateur da dien Bin. »
C'est le deuxième témoin du contrat. Notons en passant que le teite
porte Naram-Bel au lieu de Naram-Bin; ce qui nous prouve que tons
les Dieux pouvaient être désignés sous le nom de Bel, ainsi que nous
avons déjà eu occasion de le faire observer.
Fig. 156.
-■ Un contrat marqué B. 7 1 . a, dont la date a disparu nous offre sur la tranche supérieure de la tablette un personnage les mains élevées dans la pose de l'adoration, vêtu d'une robe longue à côte, coiffé d'une tiare pointue (fig. 156). Devant lui, dans le champ, on aperçoit un instrument qui ressemble à une faucille? L'inscription en trois lignes nous donne les noms suivants : < Kisti-arad..., fila de Sin..., adorateur du dieu... >
~ C'est un personnage analogue (fig. 157) que nous
' trouvons sur le beau contrat de Hammourabi que nous
avons déjà plusieurs fois cité. On ne distingue que les
traces de la robe et les mains élevées dans la pose de
l'adoration; mais nous devons remarquer dans le
champ un symbole très fréquent, et plus haut, une
fleur ou peut-être une ampulla {Conf. fig. 40, 91, 102, 130, supra).
L'inscription ne renferme que les noms des deux divinités : Sin et
Sérah.
Voici enfin (fig. 158) les traces d'une cérémonie religieuse dont les cylindres ne nous ont pas donné d'exemple; l'empreinte ne laisse voir que la partie antérieure d'un I bœuf; devant lui un personnage porte dans ses bras un * chevreau et enti'e deux, probablementl'ébauchede l'arbre sacré. Il s'agit évidemment d'un sacrifice.
Les indications que nous pouvons recueillir par ces contrats sont précieuses à retenir jusque dans leurs moindres détails ; aussi nous avons cru devoir appeler l'attention sur les accessoires placés dans le chanç
des cylindres. Rappelons donc que nous avoua trouvé sur ces différentes empreintes, de petits animaux, des têtes, une fleur, une abeille ou peutêtre une ampuîla, enfin cet instrument terminé par une sorte de faucille, et ce bâton qui se présente toujours dans le sens de la hauteur des personnages avec une sorte de poignée au milieu .
L'ensemble de ces documents jette un grand jour sur toutes les questions que soulève rhistoire de cette période. Nous ne reviendrons pas sur la question philologique qu'ils nous paraissent résoudre ; nous devons cependant arrêter un instant notre attention sur les noms des parties intéressées qui figurent dans ces actes. Ces noms se présentent sous leur forme idéographique, et nous les avons lus en leur attribuant une transcription qui semble démentir les conséquences que nous voulions tirer de la rédaction même des conventions. En effet, nous avons donné à ces noms une apparence sémitique, et dès lors on pourrait nous dire : si les intéressés portent des noms sémitiques, ils sont donc de cette race, comment donc auraient-ils rédigé des contrats dans une langue touranienne qui devait leur être étrangère? — L'objection est spécieuse j pour la réfuter il suffit de rappeler que ces noms se prêtent à deux lectures, et que nous leur avons donné celle que les textes assyriens nous permettent de comprendre. Il ne s'en suit pas que nos transcriptions répondent à l'articulation véritable de ces noms ; rien ne nous dit, par exemple, que le nom de Rim-Sin ne doive pas se lire Rim-Aku; la prononciation du nom de Hammourabi lui-même n'est pas encore définitivement fixée; mais au fond nous n'en trouvons pas moins à l'origine de l'Empire deux races ou deux langues en présence. Cest un fait qui s'est reproduit plus tard sous les Âchéménides et qui se reproduira toujours après les guerres de races, quand le peuple nouveau sera vainqueur. Ce qui doit particulièrement nous intéresser, c'est l'état paléographique que ces documents nous permettent d'apprécier. Il est certain que les artistes qui ont gravé les cachets dont l'empreinte figure sur les contrats de l'époque de Hammourabi étaient depuis longtemps passés maîtres dans l'art d'écrire sur la pierre, et ils ontdonné àl'écriture le trait caractéristique de leur époque. Ces nuances sont sans doute plus difficiles à saisir que celles qui résultent de la pose ou du costume des personnages ; cependant pour un œil exercé elles
S38 LBS PIERRES aRAV^BS.
n'en sont pas moins très appréciables; ainsi, par exemple, le signe royal qm nous est familier dans sa forme monumentale du style de Babylone, se fait immédiatement reconnaître sur les briques, les stèles, les cylindres de toutes les époques, aussi bien sur les inscriptions des anciens rois du Premier-Empire que sur celle de Pfabucbodonosor et de ses successeurs. Mais si le signe conserve son apparence générale il ne s'ensuit pas qu'il soit toujours identiquement répété. Déjà dans son état archaïque les différences sont considérables : c'est surtout avant que l'apex ne soit indiqué qu'on peut saisir la formation du caractère et se rendre compte qu'il ne dérive pas de l'image d'une abeille, ainsi qu'on l'avait cru d'abord, mais qu'il est constitué au contraire par la juxtaposition de deux signes qui n'ont aucun rapport avec l'insecte royal. Lorsque l'apex est indiqué, les nuances ne sont pas moins grandes : ici les déliés sont forts, ailleurs ils sont effilés; tantôt la tête est évidée, tantôt elle est pleine ; toutes ces différences sont caractéristiques d'une époque ou d'une localité et se révèlent à mesure que l'œil se familiarise avec les monuments.
L'élément paléographique se lie ainsi à l'élément artistique; la gravure de l'inscription du cylindre ne peut se séparer du travail de l'oitaille; aussi pour déterminer la période à laquelle nous devons rattacher ces monuments, il faut prendre pour élément d'appréciation l'écriture qui se trouve sur les cylindres, et qui se présente toujours avec une grande netteté. La langue, l'écriture et l'art ont la même histoire et traversent les mêmes phases.
Enfin, pour porter notre observation jusque dans les détails les plus ihgitifs, nous pouvons constater que les empreintes nous laissent comprendre la matière même de l'intaille. Nous avons longtemps étudié ces monuments à Londres, et en examinant particulièrement les empreintes protégées par cette enveloppe qui les renferme (fig. 143, supra) et qui nous les conserve dès lors avec toute la fraîcheur antique, nous avons pu arriver à ce résultat. Ici le flou de certains détails nous permet d'affirmer que l'empreinte qui figure sur le contrat que nous avons cité et qui porte le nom de Hammourabi (fîg. 144, 145, supra) a été faite avec un cylindre en marbre, tandis que celle du contrat marqué B. 40. a, (fig. 153, 154, supra) nous apprend par sa netteté que le cylindre était en hématite.
TABLETTES DB LARSAH.
Ces empreintes nous conduisent naturellement à examiner des œuvres en terre plastique sur lesquelles on rencontre des sujets analogues à ceux qui figurent sur les cylindres. Ce sont les tablettes qui ont été découvertes également par Loftus dans les ruines de Seukereh * et sur lesquelles nous avons promis de nous arrêter; elles sont déposées au Musée Britannique où nous avons pu longuement les consulter.
Ces tablettes nous donnent, eu effet, comme les empreintes, des types que nous pouvons rapprocher de ceux des cylindres; la nîûveté du travail nous garantit la sincérité avec laquelle l'artiste copiait la nature. L'une d' elles (fîg. 159) nous montre un personnage debout, coiffé de la tiare pointue, portant la robe longue ouverte par devant, la jambe gauche en avant, le pied posé sur anscabellum, la main droite ramenée à la ceinture, tandis que la gauche, portée en avant, tient un instrument qui peut être un sceptre ou une hache.
C'est probablement quelque divinité ; dans tous les cas, la pose est identique à celle des personnages que nous avons rencontrés sur les cylindres; il sufSt de se reporter à ceux que nous avons cités (fig. 88, 89, 90, mpra). Audessus de la tête, dans une sorte de frise, nous trouvons le croissant et Tétoile rayonnante, symboles de Sin et d'Istar, mais rien ne vient établir la relation qui pourrait exister entre les symboles et le personnage. Notons toutefois .. - . .-,.. . . ^ que cette tablette nous paraît avoir été obtenue ^L^% dans un creux ; sur le relief on voit que c'est ^"'*~*^ le pied gauche qui est en avant et la main ,'1 gauche qui est armée ; or, il en serîiit autrell ment si l'artiste avait voulu faire un person- - nage destiné à être vu directement sur relief. La tablette n'est pas, du reste, complète ; elle serait fort intéressante à étudier dans son ensemble ; il y a des détails d'architecture que nous pourrions relever si leur examen entrait dans l'ordre de notre travail,
> LofToa, TravtU and Uatarehe» M Chaldta and Suiiona, p. S57.
mds nous devons nous borner à s^aler le personnage très intéressant qu'elle représente.
Sur nne autre tablette (fig. 160) nous voyons un homme portant un P) j^ poisson ; notons encore qu'il le tient de la m^n
gauche, sans que nous puissions cependant insister autrement sur ce détail ; ce que nous devons surtout remarquer, c'est son aspect et son costume qui nous révèlent un enfant du peuple de la Chaldée tel que nous allons le voir bientôt sur un autre monument. Ne croyons pas que la pose du bras droit que nous trouvons sur ces deux tablettes soit commandée par l'impuissance de rendre un autre mouvement. 11 n'en est rien ; les artistes d'alors, sur l'argile comme sur les pierres dures, savaient mouvementer leurs personnages.
Citons à l'appui une tablette qui représente une scène assez bizarre (fig. 161) : à droite, un individu vêtu d'une robe longue, coiffé d'une sorte de turban est assis devant un grand vase et tient de chaque main deux objets qu'il paraît vouloir y déposer, tandis
qu'un compagnon debout devant lui, les deux mains étendues, semble accomplir sous sa direction quelque œuvre mystérieuse. Derrière cette scène, à gauche, deux lutteurs en robe courte se livrent à une sorte de pugillat. Ici encore le caractère des personnages est nettement indiqué.
TABLETTES DE LARSAH.
Od trouve réunies sur cette tablette toutes les conditions sociales ; il est facile de les distinguer au costume et de constater que le type général de la race domine, mais nous n'avons pas besoin d'y insister. Citons également une tablette (fîg. 162) représentant un bomme aux prises avec un lion qui dévore une gazelle. Le type de l'homme est très
remarquable; ce n'est plus un individu d'une condition vulgaire; il porte le bandeau royal, il a la main droite armée de la bâche et les épaules couvertes d'un manteau ; c'est sans doute quelque guerrier fameux dont l'histoire nous est encore inconnue. Les traits de la figure nous permettent pourtant d'y reconnaître le type chaldéeu tel que nous l'avons rencontré, par exemple, sur les cyUndres d'Érech (fig. 58, 64). Quant au lion, il est rendu avec une expression de grande vérité ; c'est bien le même animal que nous avons vu sur tous les cylindres de la Chaldée, le lion mésopotamien qui rôde encore dans les environs de Senkereh, et que les indigènes ne se risquent pas à attaquer eo face, surtout pour lui disputer une proie. En Chaldée, le roi seul osait se mesurer avec ce terrible adversaire; voilà pourquoi nous croyons reconnaître le héros d'une légende dont les cylindres nous donnent peut-être également quelque épisode'.
A côté de ces tablettes nous devons encore en citer une autre qui ne vient plus de Senkereh et dont nous ignorons l'origine, mais qui appartient incontestablement à la Chaldée'; elle a été rapportée par sir H. Rawlinson qui l'a acquise au cours de ses fouilles au Birs Nimroud ;
■ Od peut rapprocher de ce sujet un beau cylindre du Mnaée de Vienne publié par F. Lajard, Michra, pi. XIÏ, d» 1.
* Latard, Nineveh and Babylon, p. 5£T. — P. LBNOSHAirr, La Langue primitivt d« la Chaldée, pi. II.
IQ
242 LBS PIERRES OR&T^S.
eUe a été fréquemment reproduite, Qotammeat dans un des ouvrages àe M. P. Lenormant.
La scène est des plus simples : un individu conduit un chien en laisse. Cet individu représente le type vulgaire de la population chaldéenne, tel que nous le connaissons déjà par les cjlindrea et par les tablettes. Quant au type de l'animal, il se trouve également sur des cylindres antiques (fig. 100) ; nous le verrons bientôt sur des monuments d'une époque plus récente; il est facile d'y reconnaître la race de ces grands chiens de chasse qui s'est perpétuée dans la Mésopotamie jusqu'à nos jours, et dont on trouve l'image sur les bas-reliefs assyriens. Ce sont ces mêmes chiens qu'Hérodote croit originaires de l'Inde et qui, de son temps, étaient nourris aux frais de l'État dans quatre bourgs de la Babylonie *.
Nous ne voulons pas insister outre mesure sur la portée ethnographique des figures que nous venons de signaler, mais il y a un point qui en ressort d'une manière indiscutable, c'est l'identité absolue du type que le modeleur avait en vue avec celui qui figure sur les cylindres. Il y a là un accord qui nous prouve avec quelle naïve précision les artistes de cette époque savaient copier la nature. Il est dangereux sans doute de s'en rapporter aux artistes pour se renseigner sur les nuances que nous voudrions saisir, mais nous pouvons nous en tenir aux caractères généraux qui nous permettent d'affirmer l'existence d'une race différente de celle que l'on nomme sémitique, et de proclamer son infiuenee dans la Mésopotamie-Inférieure pendant une période dont nous ne pouvons saisir l'origine ni fixer la durée.
1 HiRODOTE, I, 192.
Les nombreux documents qu'il noua a été donné d'étudier jusqu'ici □DUS ont conduit au règne de Hammonrabi. A cette époque, l'unité de l'empire de Chaldée est accomplie ; les grandes cités éparses à Tembouehure des fleuves, Sippar, Larsam, Ur, Érech, après s'être disputé la suprématie, ne sont plus désormais que des villes soumises à Babylone qui allait devenir le centre d'une grande puissance. Malheureusement, à partir de cette époque, les monuments dorment encore sous les tumtdi qui leur servent de tombeau; les documents historiques qui nous sont fournis par les indications succintes de quelques tablettes où les rapports synchroniques de l'histoire de l'Assyrie et de la Chaldée sont à peine consignés, ne nous apportent aucun détail sur les événements qui se sont accomplis sur le cours inférieur de l'Euphrate. On soupçonne de grandes guerres entre les deux empires, mais nous restons sans données précises jusqu'au moment où l'Assyrie triomphante a pu pénétrer en Chaldée.
Pendant cette longue période de lutte, de revers et de conquêtes réciproques, quelle a été la marche des arts? Nous n'avons plus pour guide que de rares monuments, et les pierres gravées nous font même défaut. Les artistes semblent avoir suivi des types arrêtés j on peut le supposer, du moins en comparant certains produits dont la date est incertaine avec ceux dont la provenance est fixée et qu'il nous a été possible d'époquer; nous croyons ainsi que le développement artistique n'a plus progressé. On serait tenté de croire que la Chaldée a traversé une période anîilogue à celle de notre Moyen-Age et qu'elle s'est endormie jusqu'au jour où nous rencontrerons pour elle aussi une époque de Renaissance*.
Nous devrions donc nous arrêter puisque nous nous trouvons en
244 LES PIERRES 0RÂVBB3.
présence d'une vérit&ble lacune. Âncon grand monument ^partenant à la Babylone du Premier^Empire n'est parvenu jusqu'à nous ; noas n'avons rencontré dans les ruines de la Babylone de Nabuchodonosor aucune trace de son existence primitive. II ne faut pas cependant abandonner cette époque sans jeter un coup-d'œil sur les rares documents des successeurs de Hammourabi, car ils nous attestent que des découvertes ultérieures viendront nous renseigner un jour sur cette longue vie j et, de même que nous avons affirmé en présence des produits de la glyptique qu'il devait y avoir à Ur, à Agadé, à Érech un mouvement artistique complet , nous serons en droit de conclure, en présence des indices que nous avons déjà recueillis, que la glyptique a eu à l'époque qui nous occupe son développement parallèle. Voyons donc quels sont ces monuments puisqu'ils nous donnent les seuls renseignements qui peuvent confirmer ou élucider les questions que nous avons déjà traitées.
Citons d'abord une tablette du Musée Britannique qui appelle particulièrement notre attention; nous l'avons reproduite par l'héliogravnre de la grandeur même de l'origined, de manière à n'en point altérer le caractère (pi. V). Cette tablette est en pierre grise de 0,20 de bauteur; la moitié de la face antérieure est occupée par un sujet eu relief enlevé avec une grande habileté ; le reste de la face et le revers sont remplis par une longue inscription encore inédite. Elle commence par une invocation au dieu Samas, et constate la restauration d'un temple, le Bit-Parra, consacré à cette divinité dans la viUe de Sippar, par Nabn-habal-idin, un des souverains du Premier-Empire de Chaldée postérieur à Hammourabi, mais dont la date n'est pas précisée.
Le sujet qui doit nous occuper principalement représente une scène religieuse facile à comprendre. Les détails nous sont d'ailleurs expliqués par trois inscriptions gravées dans le champ du petit bas-relief; pour l'intelligence de notre explication, reportons-nous à notre planche. A droite nous voyons d'abord une sorte de portique supporté par une élégante colonoette simulant la tige d'un palmier et terminée par un chapiteau formé de deux feuilles opposées ; au pied de la colonnette deux feuille semblables paraissent sortir de la tige; sous ce portique se trouve assis sur un trône un personnage dans la pose traditionnelle de la divinité. Le Dieu tient de sa mùn droite un disque
NABn-HABAL-IDIK. 2tô
et un bâton ; au-dessus de ea tête, trois disques dans le champ ; émergeant du haut de la voûte, deux figures engagées dans la comiche audessous du chapiteau, soutiennent à l'aide de deux cables un grand disque qui repose sur un autel devant lequel trois personnages se présentent pour accomplir un acte d'adoration. Cette scène est sculptée sur une base indiquée par des lignes ondulées, au nùlieu desquelles on distingue des disques semblables à ceux qui figurent dans le champ du bas-relief.
Voyons maintenant les renseignements qui nous sont fournis par les trois inscriptions que nous avons mentionnées.
Nous trouvons en tête du petit monument une première inscription de deux lignes qui nous met ainsi au courant du siget :
€ Ceci (représente) les divinités Sin, Samas, Istar portées sur l'onde (tu-ap); dans l'inténenr (dn portique), le dieu Sérah tient le bâton de la mesure. »
Ces trois divinités sont représentées par leurs symboles.
Le premier (fig. 163) représente le dieu Sin, exprime par le croissant de la lune ; Sin, le Dieu Lunits, est une divinité mâle dont le symbole Fig. 163. occupe constamment la première place sur les monuments ;
OU avait un rang très élevé dans la hiérarchie des -Dieux, principalement en Chaldée. C'était le Dieu tutélaire de la ville de Ur; aussi nous avons généralement rencontré le croissant dans le champ des cyhndres qui commémorent une cérémonie spéciale à cette localité. Sin est souvent nommé dans les textes le chef puissant, le roi des esprits, et ailleurs le Dieu des trente jours; c'est peut-être pour cela qu'il est rendu par un signe qui exprime le chifl're 30, et qui, par une bizarre coïncidence, a la valeur syllabîque de Sin; ce Dieu est aussi nommé le Seigneur du Zodiaque, r Architecte gui veille sur la terre, le brillant Nannara.
Le second symbole (fig. 164) est celui du dieu Samas, le Soleil. Cette Fifc iw divinité est représentée par un disque dans lequel on voit une
# étoile à quatre branches du milieu desquelles s'échappent des rayons scintillants. 11 ne peut y avoir d'équivoque : c'est, en effet, le même symbole que nous voyons sur l'autel et qui est ainsi désigné dans la première ligne de l'inscription qui l'accompagne ; « Cooronne du dieu Samas »