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L'AGE QUATERNAIRE

Epoque diluvienne. — Les pierres errantes et les anciens glaciers. Minéraux de formation actuelle. — Les plaines d'alluvions.

Les terrains qui surmontent ceux dont il vient d'être parlé sont désignés, en géologie, sous le nom de quaternaires, à cause de la position qu'ils occupent dans Tordre même des formations. Cette période de l'histoire terrestre a vu de nombreux déluges, peut-être les plus grande qui jamais aient eu lieu. De là le nom de diliwium (époque diluvienne serait mieux) qu'on lui donne quelquefois, surtout pour en caractériser les débuts. Nous l'appelons la période contemporaine, parce que cet âge, qui se poursuit encore aujourd'hui, est celui où, pour la première fois, est apparu l'homme. Ce sont les temps nouveaux de la planète. L'avénement de notre espèce peut même servir à désigner cette période sous le nom de règne de l'homme, comme les crustacés, les reptiles, les quadrupèdes ont servi à dénommer les âges précédents.

Les formidables déluges qui ont eu lieu à l'aurore de la période contemporaine ont laissé partout des traces devant lesquelles on reste confondu. Ce sont des dépôts énormes de cailloux roulés, des couches puissantes de sable, de tuf, déposées le plus souvent à des niveaux que les plus hautes eaux ne sauraient désormais atteindre. Partout on peut interroger les témoins de ces débâcles grandioses. Les légendes de tous les peuples ont gardé aussi le souvenir de

ces e flrayants phénomènes, et l'on peut dire, sous ce rapport, que le récit mosaïque est confirmé par la géologie. L'homme primitif, à peine né, fut emporté, détruit dans quelqu'une de ces catastrophes. Au milieu de certains dépôts dihh viens, on retrouve aujourd'hui, non-seulement ces instruments grossiers qu'il fabriquait avec le silex (fi g. 7, 8 et 0 , mais ses ossements eux-mêmes, mêlés à ceux de mammifères qui depuis se sont complètement^ éteints, ou ont émigré vers d'autres climats.

Ces temps géologiques, qui ont vu l'homme primitif, et celui même qu'on peut appeler fossile, sont bien antérieurs aux temps de lu fable. Cependant l'ère des cités lacustres, celle où l'homme vivait au bord des lacs (fig. 32), dans l'Europe centrale, en Suisse, par exemple, touche presque aux temps fabuleux dont les peuples civilisés ont retenu quelques traditions. L'éléphant à crinière, le renne, Tours des cavernes vivaient alors avec l'homme dans nos contrées. L'éléphant velu a partout disparu, le renne s'est peu à peu cantonné dans les régions boréales, l'ours des cavernes a fait place à d'autres espèces.

Pour expliquer la présence du renne dans les contrées tempérées de l'Europe, où Ton rencontre partout ses débris fossiles, on est obligé d'admettre une température moyenne beaucoup plus basse que celle qui règne aujourd'hui sous ces mêmes latitudes. Le contraire serait plus facilement acceptable. Si la terre, d'abord à l'état de masse gazeuse ignée, puis liquide, puis pâteuse, est allée peu à peu se solidifiant et se refroidissant, le phénomène n'en a pas moins en lien d'une manière graduelle. Il faut donc supposer de toute façon que. dans les époques géologiques plus anciennes que la notre, les températures du sol et de l'air étaient plus élevées que maintenant. La majeure partie des saxants sont de cet avis, et ne font d'exception

que pour elle phase des temps diluviens qu'ils appellent l'époque glaciaire. A ce moment} disent-ils, presque toute l'Europe était sous les glaces. Et pour confirmer leur dire, ils s'appuient sur ces échantillons de pierres striées, polies qu'on rencontre très-loin de leur point de départ, et qu'auraient charriées les glaciers d'autrefois, comme le font

core ceux d'aujourd'hui, notamment en Suisse (fig. 33

; 34), Ils citent ces énormes pierres errantes, ces blocs

'raliques, comme ils les appellent, qu'on trouve même à

3 centaines de lieues de la roche en place, isolées, per-

ues, témoins muets des phénomènes qui ont marqué une

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