Le gramme d'or pur vaut 3 fr. 44 c
4. Ce métal est produit dans une seule usine, à Salindres, près d'Alais, dans le Gard. On traite dans cet établissement un minerai particulier, la bauxite ou aluminate de fer, qu'on rencontre en France dans les Bouchesdu-Rhône, aux Baux, non loin d'Arles.
5. Le nickel et le cobalt sont exploités dans l'Isère, où on les retire de mattes cuivreuses. Ces deux métaux entrent dans la fabrication de l'alliage connu sous le nom de métal blanc ou anglais.
près nuls ; pour le dernier, la quantité totale n'a pas atteint 3000 tonnes, chiffre insignifiant, si Ton réfléchit que le minerai de manganèse n'a guère plus de valeur que le minerai de fer.
Le nombre des ouvriers attachés à nos mines métalliques et à nos usines à métaux est d'environ 9000. Leur salaire moyen est de 3 fr. 50 c. par jour. Ces ouvriers sont loin d'être disciplinés comme ceux des houillères; ils n'ont même pas les qualités qui distinguent encore ceux des usines à fer; ils sont surtout moins sédentaires, et il y a parmi eux beaucoup d'ouvriers étrangers. A Pontgibaud, par exemple, on rencontre des Allemands et des Anglais; à Vialas, on retrouve aussi des ouvriers d'origine allemande. Dans les usines à plomb de Marseille, il y a beaucoup d'Anglais, d'Espagnols; dans les usines à zinc du Gard, des Belges; dans les mines des Alpes, des Piémontais. D'une force herculéenne, d'une habileté rare à manœuvrer la masse et le fleuret, les Piémontais sont difficiles à conduire, donnent sujet à beaucoup de plaintes, et souvent des rixes fâcheuses éclatent entre eux ou avec les autres ouvriers. On occupe, on garde ces travailleurs turbulents, car la tradition des mines métalliques et des usines à métaux s'est presque perdue chez nous, et il faut, pour exploiter le peu de ces mines et de ces usines que nous tenons ouvertes, aller souvent emprunter les ouvriers spéciaux au dehors.
Mais ce ne sont pas des bras seulement, c'est la presque totalité des métaux usuels nécessaires à sa consommation que la France va demander à l'étranger. Elle ne peut suffire à ses besoins que pour le fer. Cette infériorité dans l'industrie métallurgique ne saurait s'expliquer par la situation difficile et l'allure incertaine de nos gisements, qui sont ici ce qu'elles sont partout, et que l'on a souvent invoquées à tort comme une excuse. Le manque d'une
connaissance suffisante ou traditionnelle des travaux souterrains, les vices d'une mauvaise direction financière, que l'on a aussi opposés à nos exploitants, ne sont pas non plus des raisons qui nous soient particulières, et qu'on puisse appliquer chez nous à tous les cas. Encore moins pourrait-on arguer de l'épuisement des filons; l'histoire, on le sait, assigne d'autres causes à l'arrêt de nos exploitations. A quoi donc faut-il attribuer un état de choses, qui est d'autant plus regrettable que certains métaux , par exemple le cuivre et le plomb, ne sont pas moins indispensables que le fer à la défense des États?
J,a plupart des inconvénients qui arrêtent en France l'essor de nos exploitations minières sont dus, nous le croyons, à notre loi des mines. Par la façon dont on a l'habitude de l'interpréter, cette loi pèse de tout son poids sur les demandeurs en concession*. On les soumet à des . formalités sans nombre, on se montre vis -à-vis d'eux plein d'exigences,- Une apposition solennelle d'affiches a lien pendant quatre mois dans la commune qu'habite le demandeur, dans celles où sont situées les mines, au cheflieu de l'arrondissement, au chef-lieu du département. On poursuit avec éclat l'instruction d'une affaire qui tic devrait s'étudier, pour ainsi dire, qu'à htiisclos, afin d'éviter les convoitises, les jalousies quelle soulève inévitablement. La publication de la demande est renouvelée à son de trompe ou de tambour, tous les dimanches, à la porte des églises paroissiales et consistoriales. On semble appeler à tout prix des opposants, des concurrents. Jamais la bureaucratie ne s'est montrée plus méticuleuse, on pour rait dire plus soupçonneuse.
I . On sait que les mines n'appartiennent point en France au propriétaire du sol; l'État les concède, après une enquête, a ceux qui en font 1* dHaaode.
LES PIERRES DE FRANGE. îl3
La demande s'instruit lentement, très-lentement. Les ingénieurs des mines, les maires, le sous-préfet, le préfet, le conseil des mines, le conseil d'État sont successivement appelés à donner leur avis, avant que le chef de PÉtat signe le décret de concession. Pendant ce temps les demandeurs attendent, incertains de leur sort. On leur délivre quelquefois des permis de recherches pour leur faire prendre patience, et alors seulement ils ont la faculté de porter le pic sur le filon, objet de tous leurs désirs. Un autre permis est indispensable pour vendre ou élaborer les produits. Le demandeur ne sera tout à fait libre (sauf à se conformer aux lois et règlements qui régissent la matière, et ils sont nombreux) qu'une fois la concession obtenue. Il est à notre connaissance que l'instruction de certaines demandes en concession a ainsi duré six et huit ans, même dix. Le minimum est toujours au moins de deux ans, dans les cas les plus favorables, et encore, jusqu'à la dernière heure, un concurrent plus heureux que le premier demandeur peut obtenir la préférence.
On a faussé l'esprit de la loi, et de telles lenteurs de la part de l'administration n'étaient guère dans l'idée de Napoléon 1er quand il élabora la loi des mines de 1810, à laquelle il travailla lui-même si résolument et avec tant d'intelligence. Mais avec nos besoins actuels il faut encore aller plus ayant. La grande industrie n'est apparue en France qu'à notre époque ; pour prospérer, elle a besoin d'une certaine liberté d'allures. On parle de décentralisalion administrative : voilà un point par où commencer.
Le préfet seul, sur l'avis de l'ingénieur des mines du département, devrait être appelé à délibérer sur une demande en concession des mines. En Espagne, où ce procédé expéditif et si rationnel a été admis, une concession est délivrée, dans les deux mois au plus de la demande, par