LES PI1RI
■de la province, «près use instruction où s do district est seul ^sonsaHé. Naguère Méw c'était l'alcade lui-même qui, sur l'heure et sur la présentation d'an échantillon dn minerai, délivrait une mil i ■linii nu jiri'rrnrnrin Cette façon de procéder a produit de merveilleux résultats, et les capitalistes étrangers, es, ont prêté leur argent aux mises s; tandis que le bruit court en France que nos ami sont épuisées et qu'il n'en existe même pas du tout. Je passe sous silence une foule d'agiotages auxquels a donné heu ebex nous l'obtention de certains décrets de cencmwa, grâce aux signatures dont Us étaient revotas, «t qui semblaient consacrer l'existence et même la fécondité d'un gîte quelquefois imaginaire. Tout cela n'a pas là discréditer nos mines métallique», à détruire s tout esprit d'entreprise an moins sur nos filons mi tous nos grands industriels, il n'en est , à cette heure, qui consente, à moins de raisons spéciales, à se porter demandeur d'une concession ; il n'en est aucun qui ne se plaigne hautement de tous les vices qui existent ou plutôt qui ont été apportés dans notre loi des mines.
En Angleterre, aux Etats-Unis, en Toscane encore à présent, où le propriétaire du sol est propriétaire du dessous; dans la Prusse Rhénane, en Belgique, dans le Piémont, où des règlements analogues aux nôtres sont appliqués avec un esprit de libéralité et de promptitude qui devrait bien nous servir d'exemple; en Californie et dans tous les États ou territoires du far-west américain; au Chili et dans toutes les républiques de l'Amérique du Sud, où des mesures expéditives, rappelant celles adoptées en Espagne, sont en usage sur toutes les mines, les inconvénients que nous vouons de signaler n'existent pas. Aussi, dans tous ces pays,
aucune miuc ne reste inexploitée. Indiquer de pareils faits, n'est-ce pas suffisamment annoncer où est le remède au mal ? Les nations étrangères ont assez souvent et assez largement emprunté à nos codes, pour que nous ne rougis* sions point à notre tour d'aller demander des inspirations à quelques règlements spéciaux en usage dans ces contrées rivales. L'Espagne, la Prusse Rhénane nous offrent les meilleurs exemples à imiter pour la concession de nos mines indigènes, et les États-Unis pour celle de nos mines coloniales.
Il faut reconnaître que les mines de charbon ont eu moins à souffrir en France de tous nos règlements administratifs que les mines métalliques. C'est d'abord que la plupart des houillères réellement productives étaient en exploitation suivie depuis des siècles lorsque furent élaborées les lois des mines de 1791 et de 1810, auxquelles on ne pouvait donner un effet rétroactif, tandis que nos mines de métaux, ayant été aveuglément concédées par l'État à des favoris, étaient alors depuis longtemps abandonnées. Ensuite, pour une houillère, il ne peut guère exister de doute sur la présence du combustible en telle ou telk quantité et sur la qualité elle-même. La demande obtenue, on peut presque toujours commencer immédiatement l'exploitation. Il n'en est pas de même pour une mine métallique, où souvent de très-grands frais sont à faire avant d'arriver au résultat désiré, c'est-à-dire à la découverte certaine du gîte. Or nous avons vu quelquesuns de nos ingénieurs du corps impérial des mines sembler prendre plaisir à augmenter encore ces frais, ou du moins se montrer plus difficiles que la loi ellemême, en exigeant des demandeurs en concession des travaux de recherches fort coûteux, et jusqu'à une préparation mécanique du minerai, pour s'assurer si celui-ci
était utilement exploitable. Eh I mon Dieu! laissez les chercheurs se ruiner si tel est leur bon plaisir. La ruine ici ne tombe que sur eux ; elle profite à autrui. Ces généreux, ces hardis exploitants, par les travaux qu'ils poursuivent, font vivre souvent toute une pauvre commune.
Il est donc temps d'établir, au moins en matière d'industrie minérale, la prompte expédition des affaires, la décentralisation administrative la plus large et la plus complète. et surtout la plus grande liberté possible d'aetiou. On verra peut-être alors nos mines revenir aux glorieuses traditions de leur passé, et la France aura encore comme jadis des modèles d'exploitations à offrira l'étranger.
L'Allemagne, l'Angleterre ne sont pas les seules contrées classiques des fiions; de riches et de nombreuses veines, traversant nos principales montagnes, existent aussi chez nous. La race germaine, la race saxonne ne sont pas les seules propres au travail des miues et des métaux. Nous montrons, par les succès brillants obtenus dan a nos houillères et nos usines à fer, que nous sommes également aptes à cette industrie. Nous le montrons également par les résultats que nous avons obtenus dans l'extraction de quelques produits minéraux, comme l'asphalte, les pyrites de fer, la baryte, les ardoises, les kaolins ou terres à porcelaines, les plâtres, les ciments, les marbres, h' sel giMinnr. qu'on rencontre abondamment répandus dans notre sol. Ils donnent lieu, les asphaltes à Scyssel ; les pyrites de fer dans le Gard (d'où elles sont expédiées sur toutes les fabriques de produits chimiques du Midi, en remplacement des soufres de Sicile) ; la baryte sur les filons du Plateau-Central; les ardoises dans les Ardennes et à Angers, où sont des carrières si anciennes et si vastes (tig. 57); les kaolins près de Limoges ; les plâtres à Montmartre, près Paris, et à Aix en Provence; les ciments h Vassy, à Pouilly en Bourgogne,
au Theil dans l'Ardôcbe, et à Grenoble; les marbres dans
quelques-uns de nos départements, surtout ceux des Pyré-
■cs et de la Haute-Garonne; enfin le sel gemme il Vie et
218 LES l'IEHHES.
minorâtes montrent également que nous sommes aptes
aux éludes pratiques de géologie souterraine.
Sur ce point, comme sur tant d'autres, la race gauloise ne démérite pas, bien que moins patiente, moins tenace que ses rivales. Si elle faiblit, si elle succombe par moments, c'est quand les entraves administratives la gênent. Oue l'on fasse disparaître ces entraves, et, grâce à la sponnéité et à la souplesse de l'esprit national, nos mines ï-talliques deviendront peut-être de nouveau prospères, ; à tant d'époques de notre histoire.