COLOMBE A LARGE QUEUE
pl. Lxru.
Columba Malacensis. Lath. Ind. Orn. v. 2, p. 612, sp . 69. — Gmel. Sjst. i ,p. 788. sp. 68. Columba Bantamensis. Lath. Ind. Orn. V . 2 , p. 6 i 5 , sp. 77.
Columba Striata. Mus. Caris. Fas. 1 1 x , t. 67 — Lath. Ind. orn. v. 1 1 ,p. 608, sp. 53 .
La petite Tourterelle de Queda. Sonnerai, Voy. Ind. v. 2 , p. 177.
— Sonnini, édit, de Fuff. v. 7 , p. 3 o 5 .
Malacca Turde. ■ — Lath. Sjn. v. \ } p. 661.
Bantamese Turtle. — Lath. Supp. to. Syn. v. 2 , p. 271.
Dans la presqu’île au-delà du Gange , près du détroit de Malaca , aux Moluques et dans les îles de la Sonde, habite une jolie petite espèce de Colombe dont le corps n’est guère plus gros qu’un moineau, mais qui est plus allongée: la queue est presque aussi longue que le corps et la tête prises ensemble ; elle est composée de quatorze pennes, ce qui la rend très large, sur-tout quand l’oiseau l’étale, ce qu’il a l’habitude de faire souvent. Mon ami Laischenault, qui a vu ce petit Pigeon dans Pile de Java, dit qu’il fréquente les lisières des grands bois, où il construit son nid sur les arbres. Les Javans font grand cas de cet oiseau. Ces peuples superstitieux présument que, tenus en cage dans leurs habitations, ils les préservent de l’enchantement par les sons agréables de leur roucoulement -, aussi est- il fréquent de voir payer les Javans vingt piastres pour une de ces Colombes, sur-tout si elles ont la voix belle et les signes extérieurs de bon augure ; et, ce qui doit les rendre encore plus recherchées, c’est que leur chair offre un mets très délicat. Ils sont connus en langue javane par le nom de Bouron- Percoutoute. A la Chine on leur donne le nom de Fowat.
Ces jolis Pigeons ont été transportés à file de France, où ils ont pullulé : l’espèce s’y trouve maintenant en grande abondance ; nous en avons reçu
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plusieurs de Batavia. On doit les mettre à l'abri du froid, sur-tout dans les premiers temps de leur séjour. Ces charmants oiseaux s’apprivoisent facilement -, leur roucoulement est aussi harmonieux que touchant. Le mâle et la femelle se prodiguent mille caresses, et tous leurs mouvements sont gracieux : il n'est cependant point d’exemple qu’ils aient produit dans nos climats. Deux individus de cette espèce ont vécu long-temps dans la volière de mon père.
La longueur totale de la Colombe à large queue est de huit pouces -, la queue seule a quatre pouces ; les ailes, peu allongées, dépassent de fort peu l'origine des pennes caudales. Nous avons déjà fait remarquer que cette espèce a la queue large, composée de quatorze pennes ; les dix qui occupent le centre sont d’égale longueur ; mais les deux latérales de chaque côté sont beaucoup plus courtes. L'extérieure aboutit à la moitié de la longueur des pennes intermédiaires ; ce qui fait que, vue en profil, la queue paroi t fortement étagée. Nous terminons par cette espèce la première section dans la famille des Pigeons Colombes-, elle se lie, par la forme de sa queue à pennes latérales, étagées, aux Colombes de la seconde section, qui ont toutes les pennes d'inégale longueur, et dont la queue présente la forme d’un fer de lance.
C’est pour n’avoir pas bien saisi cette conformité , que Latham décrit l’espèce sous le nom de Malacca Turtie et de Iïarred Turtie > et que, dans sa section des Pigeons à queue très étagée, il en fait encore un article séparé, sous la dénomination de Bantamese Turtie. Il nous paroît que ce naturaliste auroit dû s’apercevoir de cette méprise , ses différentes descriptions se rapportant évidemment à notre Colombe à large queue.
Cette espèce a le front et la gorge d'un gris bleuâtre clair -, l’occiput est brun ; les plumes de la nuque des côtés du cou , des parties latérales de la poitrine et des flancs, sont rayées alternativement de blanchâtre et de brun noirâtre. Celles de la nuque ont une teinte plus roussâtre : tout le dos, les couvertures des ailes et le croupion sont d’un gris terreux 5 les plumes de ces parties sont terminées par une étroite bande noire \ les grandes et les moyennes pennes des ailes sont d'un brun noirâtre en dessus. L’aile est roussâtre ; le centre de la poitrine a une légère teinte vineuse. Cette couleur devient plus claire en approchant du ventre, qui, de meme que l’abdomen et les couvertures inférieures de la queue, est d’un blanc pur 5 les pennes de la queue sont d’un noir brun : les deux intermédiaires sont d’un brun terreux. Les trois latérales, noires depuis leur origine jusqu’aux trois quarts de leur longueur, sont blanches sur le reste. La quatrième penne de chaque
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côté a seulement sa pointe terminée de blanc. Le bec est noir, lavé de jaune à sa racine et à son extrémité ; Firis et les pieds sont de couleur jaune cForpiment.
La femelle diffère peu du mâle ; elle a les teintes en général moins vives -, le gris bleuâtre du front et de la gorge est plus terne, et les raies transversales du cou et des flancs sont moins prononcées dans celle-ci.
Nous avons reçu de Batavia plusieurs individus de cette belle espèce. Celui que M. Laischenault a rapporté fait partie du Muséum de Paris : M. Dufresne en possède un. Deux individus, dont l’un mâle et l’autre femelle, font partie de mon cabinet. Celui qui a servi de modèle à Madame Knip appartient à M. Le Vaillant.
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