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Columba ]ophotes. — Temm.
On sait qu’il y a à peine un quart de siècle qu’une expédition anglaise partie des établissements de la côte orientale delà Nouvelle- Hollande, parvint, après d’immenses travaux, à se frayer un chemin à travers les Montagnes Bleues, considérées jusqu’alors comme une barrière infranchissable, et descendit par leurs versants occidentaux dans les vastes plaines de l’intérieur de ce nouveau monde. Cette sorte de seconde découverte a enrichi d’un grand nombre d’espèces nouvelles l’histoire naturelle, déjà si riche et si variée, de la Nouvelle-Hollande. La Colombe Longup est une d’entre elles, et il est peutêtre permis de remarquer, en considérant l’ensemble de ses caractères, qu’elle devait en effet appartenir à ce continent , qui semble une création à part, et dont les productions, alors même qu’elles rentrent dans les types les plus vulgaires, conservent presque toujours quelque chose d’exceptionnel et de paradoxal. Aux formes sveltes et élégantes des vraies colombes, a leurs couleurs douces et harmonieuses, elle réunit l’éclat métallique, attribut spécial d’un petit nombre d’espèces qui appartiennent exclusivement à la Nouvelle-Hollande; mais ce cpii, surtout, constitue en elle le caractère d’exception, c’est une huppe occipitale longue et effilée, semblable à celle du Vanneau, ornement qui se rencontre dans plusieurs genres des divers ordres de la classe des oiseaux, et particulièrement chez les Perroquets, les Mésanges, les Oiseaux-mouches, les Tinamous, les Hérons et les Harles, mais qui n’existe chez aucune autre espèce du genre colombe.
Cette huppe, placée à la partie postérieure de la tête, est formée de plumes noires, de longueur inégale, se terminant toutes en pointe très-fine et très-allongée. La tête, le devant du cou et la poitrine sont d’un gris cendré très-doux, qui s’éclaircit presque insensiblement en passant de la poitrine au ventre. Le dessus du cou est d’un gris plus foncé, nuancé de brun et d’olivâtre. Le dos est d’un vert olive à reflets métalliques, qui deviennent plus brillants à
HISTOIRE
sa partie inferieure, ainsi qne sur les couvertures de la cjueue. Les côtés du cou sont de cette couleur isabelle rosée à laquelle on a donné le nom de couleur tourterelle. La même couleur s’étend, plus fauve, sur les petites couvertures des ailes, qui sont traversées, dans toute leur étendue, par d’étroites bandes noires à peu près parallèles. A la partie moyenne des ailes se trouve celte plaque métallique, à laquelle on a donné le nom de miroir, qui existe dans presque toutes les espèces de canards, et qui se retrouve chez trois espèces de colombes de la Nouvelle-Hollande, indépendamment de celle dont nous nous occupons , la Colombe Lumachelle , la Colombe Labrador et la Colombe marquetée. Cette plaque est formée par la réunion des petites couvertures des ailes qui sont d’un vert à reflets dorés, et des pennes secondaires dont le côté extérieur est d’un violet pourpré à reflets verdissants; les unes et les autres sont bordées de blanc. Les grandes pennes sont d’un gris noirâtre. La queue, assez longue et étagée, est formée de quatorze pennes d’un noir à reflets bleuâtres, bordées de blanc à leur extrémité. Le bec est noir. Les pieds sont rougeâtres, et les ongles d’un brun presque noir.
Cette jolie espèce, l’une des plus remarquables du genre Colombe par l’élégance de sa forme et de ses couleurs, est très-abondante. Scs mœurs sont celles de la tourterelle d’Europe, avec laquelle elle a d’ailleurs tant de rapports. Elle vit dans les forêts, sur le bord des eaux, en troupes nombreuses qui ne se séparent qu’à l’époque des amours. Sa nourriture consiste en graines qu’elle ramasse ordinairement à terre.
La femelle ne diffère du mâle que par des teintes de couleurs moins vives.
Le jeune, dès le troisième mois, ressemble entièrement à la femelle, et tarde peu à prendre tous les caractères de l’adulte.
DES COLOMBES