COLOMBE MAGNIFIQUE
Pl. XXV.
Columba magnifica. — Temm.
Nous avons eu déjà à nous occuper de cette belle espèce, à l’occasion de la Colombe amaranthe (voyez planche I re de ce volume) avec laquelle elle a les plus grands rapports de formes et de coloration, mais dont elle diffère tellement par la taille que nous n’avons pas cru pouvoir, dans l’état actuel de la science et d’après les idées généralement admises, présenter ces deux oiseaux comme de simples races d’une même espèce, bien que nous inclinions beaucoup vers cette manière de voir. • .. .
La Colombe magnifique mérite véritablement ce nom. Il est peu d’espèces qui offrent une coloration aussi riche et aussi brillante, unie à une grande taille et à des proportions largement développées. La tête et le cou, seules parties qui ne soient pas revêtues cl’une couleur vive, sont d’un gris cendré légèrement nuancé cl’un vert bleuâtre. Un beau vert dont les nuances harmonieuses augmentent encore l’éclat, couvre toutes les parties supérieures depuis la nuque jusqu’à l’extrémité de la queue, et s’étend même en avant sur les côtés de la poitrine. D’un ton doré dans ces dernières parties ainsi que sur le dos, il prend sur les pennes des ailes et sur celles de la queue, l’éclat le plus vif de l’émeraude. Les ailes portent sur leurs moyennes et petites couvertures une série longitudinale de taches inégales et irrégulières d’un jaune vif. Presque tout le dessous du corps est revêtu d’une riche couleur de pourpre violacée à reflets d’un bleu métallique, qui, commençant inférieurement vers l’abdomen, occupe en remontant le milieu de la poitrine, entre les deux parties d’un vert doré que nous, venons d’indiquer, et s’allonge en pointe jusque sous la gorge. Les flancs, l’abdomen , les couvertures des cuisses et celles inférieures de la queue, sont d’un jaune orangé à peu près égal dans ces diverses parties. La même couleur se retrouve , mais avec un éclat bien plus vif, sur les couvertures inférieures des ailes. Celles-ci offrent encore en dessous, vers leur milieu, une tache assez étendue, d’un roux feuille morte,
HISTOIRE
formée par la réunion des pennes qui, toutes, à leur partie moyenne, ont leur côté interne de cette couleur, circonstance que rend particulièrement remarquable pour nous l’existence chez la Colombe amaranthe d’une tache exactement semblable sous tous les rapports. Le reste du dessous des ailes est d’un gris brun; celui de la queue est d’un gris cendré glacé de blanc. Le bec est d’un brun orangé plus foncé à la base qu’à l’extrémité. L’iris est rouge. Les pieds, à demi empennés, sont bleuâtres.
La Colombe magnifique est originaire de la Nouvelle-Hollande. Elle y est abondante. Sa chair passe pour très-savoureuse.
Les deux beaux individus de cette espèce que possèdent les galeries du Muséum d’histoire naturelle de Paris, et d’après lesquels elle a été figurée dans cet ouvrage, sont dus à l’expédition de la corvette la Coquille et à celle de la frégate la J^énus.
La taille de cette Colombe ne nous a pas permis de la figurer de grandeur naturelle; elle est réduite aux deux tiers dans notre planche.
DES COLOMBES
COLOMBE TOURTELINE.
Pl. XX fl
-f-Golumba venusta. — Terntn.
C’est la plus petite espèce de Colombe, surtout si l’on considère seulement le corps même de l’oiseau sans y comprendre la queue. Ainsi mesurée, elle n’atteint pas même la taille de la Colombi-galline pygmée, qui, publiée pour la première fois parLatham, avait reçu ce nom longtemps avant que celle que nous décrivons fut connue.
Malgré la longueur de sa queue, la Colombe tourteline doit être placée parmi les Colombi -galiines, dont elle a les ailes courtes et arrondies et les longs pieds, caractères principaux des espèces qui composent ce groupe. Elle cherche, comme elles, sa nourriture à terre; mais elle se pose, dit-on, plus souvent sur les arbres, où elle fait entendre un très-faible roucoulement. Elle niche dans les buissons élevés.
Cette jolie petite Colombe est abondante au Brésil. Elle en a été apportée pour la première fois par M. A. de Saint-Hilaire. Le Muséum d’histoire naturelle de Paris en possède plusieurs individus, sur lesquels ont été faites la description et la figure que nous en donnons.
Le plumage de la Colombe tourteline, comme celui de la Colombi-galline pygmée et de la plupart des Colombi -galiines de petite taille, offre très-peu de variété. Les parties supérieures sont d’un brun noisette assez clair, et celles inférieures d’une couleur isabelle légèrement vineuse. Le front est gris cendré; la gorge, l’abdomen et les couvertures inférieures de la queue sont blanchâtres. Les quatre dernières pennes secondaires des ailes portent chacune à leur côté externe une tache semi - lunaire d’un beau violet foncé velouté; un peu au-dessus, se trouvent deux autres taches transversales plus étendues que les précédentes, d’un violet clair à reflets métalliques, bordées inférieurement de deux petites zones superposées, l’une noire et l’autre blanche. Ces dernières taches sont formées par la réunion de trois ou quatre plumes des grandes et moyennes couvertures. Les grandes pennes sont blanches à
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leur côté interne; leurs couvertures inférieures sont d’un beau noir. La queue, aussi longue que le corps, est large et étagée. Elle a les trois premières pennes latérales noires bordées extérieurement et terminées de blanc pur. Le bec est d’un brun rougeâtre; les pieds sont d’un jaune orangé.
La femelle de la Colombe tourteline est semblable au mâle.; elle a seulement des teintes un peu plus rousses.
DES COLOMBES