‹ Les pigeonsChapitre 23 sur 45 · COLOMBE GLAPISSANTE · texte numérisé non relu

COLOMBE GLAPISSANTE

Pt.. XXVII.

Columba gelastis. — Temm.

Il nous est impossible de ne pas reconnaître, dans cette Colombe trouvée au Japon, la Colombe tourterelle d’Europe. Les légères différences que présentent ces deux oiseaux, suffisantes pour distinguer deux races, nous paraissent bien loin de l’être pour caractériser deux espèces. La Colombe glapissante est un peu plus grande que la Tourterelle d’Europe et elle offre, dans quelques parties de son plumage, des nuances un peu plus intenses; mais ce ne sont là que les modifications qui sont le résultat ordinaire de la différence de localité, et ces modifications se rencontrent quelquefois plus marquées dans les races de quelques espèces qui habitent les diverses régions de l’Europe et même de la France. D’autres différences ont été indiquées dans les proportions des ailes et de la queue; mais nous avouons que nous ne pouvons les admettre, et que nous trouvons entre ces parties, dans les deux races, les mêmes rapports qu’entre leurs proportions générales, c’est-à-dire qu’elles sont simplement plus grandes dans l’une que dans l’autre. Les dénominations mêmes qu’a reçues la race du Japon, du savant naturaliste qui l’a admise comme espèce, non sans quelque hésitation, dénominations tirées toutes deux du chant de l’oiseau, évidemment parce que sa constitution extérieure n’offrait aucun caractère distinctif appréciable, sont encore pour nous une nouvelle preuve d’identité. L’épithète de gelastis conviendrait parfaitement à la Colombe Tourterelle d’Europe, qui fait entendre souvent, indépendamment de son roucoulement si connu, un chant assez semblable au rire , et celle de glapissante n’exprime autre chose que l’extension de la même idée.

Nous avons dit que le plumage de la Colombe glapissante différait, dans quelques parties, de celui de la Colombe Tourterelle, par une plus grande intensité de nuances; il nous reste cà indiquer quelles sont ces parties. Le dessus de la tête est, chez la première, d’un gris plus foncé; sur la nuque et la partie supérieure du dos, un brun clair vient dominer la nuance grise à laquelle il est

HISTOIRE

seulement légèrement mêlé chez la Colombe Tourterelle; le roux fauve qui borde les plumes des recouvrements et les dernières pennes des ailes, est à la fois plus vif et plus foncé; la gorge, au lieu d’être blanchâtre, est d’une teinte isabelle claire; enfin toutes les parties blanches chez la Tourterelle d’Europe, l’abdomen, les plumes anales, les couvertures inférieures de la queue, le bord externe de ses pennes latérales et la bande qui la termine , sont dans la Colombe glapissante d’un gris cendré bleuâtre.

Ainsi que nous l’avons dit, cette Colombe habite le Japon, où, comme en Europe, on l’élève fréquemment en cage. Elle y est appelée Tsutsi liaraihato, ce qui signifie pigeon couleur de terre. Elle a été rapportée de ce pays par M. le docteur Van Siebold, et l’individu que possède le Muséum d’histoire naturelle de Paris a été obtenu par échange du Musée royal des Pays-Bas.

DES COLOMBES

COLOMBE LEUCOMÈLE.

Pt,. XXVI 11. .

Cohimba leuooniela. — Temm.

Cette Colombe a les plus grands rapports avec la Colombe violette dont nous avons récemment donné la description. Elle est absolument de la même taille, elle a les mêmes proportions et lui est presque entièrement semblable pour la coloration dans toutes les parties supérieures du corps; mais elle en diffère par un caractère essentiel des plus tranchés : elle a la tête, le cou et tout le dessous du corps entièrement blancs, et présente ainsi, au premier aspect, au lieu de cette unité de couleur qui caractérise la Colombe violette, le contraste de deux couleurs opposées qu’exprime le nom de Leucomèle.

C est ici l’occasion de faire remarquer, comme caractère général du groupe des vraies Colombes, que dans toutes les espèces qui composent ce groupe, toutes les lois que la couleur blanche se montre sur quelque partie du corps, et en quelque étendue que ce soit, elle conserve toujours plus ou moins ces reflets métalliques irises de vert, de pourpre et de violet, qui constituent essentiellement. la couleur appelée gorge de pigeon. La Colombe Leucomèle offre un exemple remarquable de ce caractère. La couleur blanche dont elle est en si grande partie revêtue, n’est point la même dans toute l’étendue qu’elle occupe; pure d abord sur la tête et le cou, elle prend sur la poitrine une teinte roussatre qui augmente en descendant sur l’abdomen; mais partout elle laisse apercevoir dans ses diverses nuances, les reflets dont nous venons de parler, loutes les parties supérieures du corps sont d’un violet pourpré à reflets verdissants, suivant 1 inflexion des rayons lumineux. Ces reflets sont sui tout sensibles sur le dos et les scapulaires, et bordent chacune des plumes d’un brun noirâtre qui composent ces parties. Les pennes des ailes, dont la troisième rémige est la plus longue, sont d un brun presque noir. La queue est de la même couleur. Les côtés du ventre et les recouvrements des cuisses sont d’un gris ardoisé très-foncé. Le bec et les pieds sont jaunes.

Dans les jeunes individus, toutes les parties qui doivent devenir blanches

HISTOIRE

lorsque l’oiseau aura revêtu sou plumage d’adulte, sont d’une teinte rousse assez prononcée. La femelle ne nous est point connue; mais il est très-probable qu’elle est entièrement semblable au mâle.

C’est à la Nouvelle-Hollande, au delà des montagnes Bleues, que se trouve la Colombe Leucomèle. La découverte en est due à M. Westall de Londres. C’est d’après l’individu apporté par ce voyageur que M. Temminck l’a publiée pour la première fois, dans les Transactions de la Société linnéenne. Elle est aujourd’hui très-répandue et la collection du Muséum d’histoire naturelle de Paris en possède deux beaux individus.

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