CHAPITRE IV
Pathogénie
Pour faire cette étude nous sommes obligés de passer successivement en revue les différentes théories pathogéniques du syndrôme de Basedow, en recherchant si les lésions fonctionnelles des orgai nes incriminés peuvent nous éclairér sur la présence de la pigmentation dans cette maladie. "=
Nous laisserons de côté les théories depuis longtemps abandonnées, qui faisaient du goître exophtalmique soit une cardiopathie (Graves, Potain) ‘soit une lésion bulbaire (Bienfait, White). A l'heure actuelle on rencontre 2 grandes classes : les théories nerveuses (sympathique) et les théories glandulaires.
On a successivement cru d’abord à une lésion du seul sympathique cervical, puis à une maladie du système sympathique tout entier.
La théorie du sympathique cervical explique tout.
Re e $ par une lésion de ce ste, Elle est basée sur cé fait : l'excitation du sympathique cervical produit. “8 2 symptômes importants du goître exophtalmique : 2 tachycardie et manifestations oculaires. En outre, on à rencontré, quelquefois, à l'autopsie de basedowiens, des lésions des ganglions CeTVICaUX, enserrés de par une pachy- -pleurite du sommet. Elle a contre elle. la rareté des autopsies probantes, Vexplication insuffisante de certains symptômes basedowiens, manifestations thyroïdiennes, crises de dyspnée, ca- <hexie profonde si fréquente, et enfin l'oubli com plet où elle laisse les troubles glandulaires.
GAymE dans sa thèse de 1898, frappé de l'insuffie sance de cette. théorie, Va remplacée par une con ception, plus large, où la maladie de Basedow serait une maladie du système sympathique tout entier, et la présence ou l'absence de tel ou tel symptôme
basedowien proviendrait de l'intégrité de telle. ou telle portion du sympathique. ‘Cette théorie. n'est appuyée sur aucun fait certain qui ME la faire accepter. es
Parmi les théories glandulaires on distingue. deux grands groupes : celles qui-sont purement thyroï-. diennes, et celles qui mettent en. cause l’action de |
plusieurs glandes. $ f x
Les auteurs qui admettent la lésion exclusive de A la thyroïde, ne sont pas d'accord pour l'expliquer :; æ les uns avec Môbius soutiennent qu'il ya hyperthy- ne roïdie, les autres avec Gauthier de Charolles que l'on a une viciation de la sécrétion, donc. ue .
BAD Ki SNS SE
PEPENE
die. En faveur de la théorie de l'hyperthyroïdie,
-on peut invoquer les faits suivants. Tout d’abord
lantithèse qui existe symptomatiquement entre le
myxœædème et la maladie de Basedow permet de penser qu'elle est due à son contraire, c’est-à-dire une hyper-activité thyroïdienne. Mais ce sont sur- . tout les examens anatomo-pathologiques montrant une hyperplasie des éléments sécréteurs et les expériences de Gilbert Ballet et. Enriquez, qui produi-
sent des symptômes basedowiens chez des animaux,
à l’aide d'extrait thyroïdien normal ou goîtreux, ou avec des greffes de lobe thyroïdien qui sont pro- * bantes. On peut également noter la basedowification d’un goître simple, sous l'influence d'une méscan iodée ou thyroïdienne.
‘ Les. adversaires de l'hyperthyroïdie objectent les échecs du traitement chirurgical dans la maladie, les succès obtenus quelquefois avec la médication thyroïdienne et l'impossibilité de reproduire par cette médication intensive, les symptômes du. goitre exophtalmique . Ces faits seraient expliqués par la présence d’une « iodo-thyrine anormale » dont la présence dans le sang produirait les symptômes ba:
sedowiens. D'après cette théorie le sérum des base- - dowiens devrait être plus toxique que le sérum nor-
mal ; les expériences faites par Hutchinson et Sou-
- pault, montrent qu'il l’est moins. « Une base expé-
«-rimentale d’une certitule absolue, manque donc
«c à cette conception. » (Sainton).
Les théories polyglandulaires sont toutes en com-
2 DR RÉ | Re
plet accord pour accorder au corps thy roïde une 1e part
prépondérante dans la pathogénie, de la maladie de Basedow. Elles reconnaissent, en même temps aux. glandes endocrines (ovaire, thymus, hypophyse,
capsule surrénale) une participation dans les réac-
tions symptomatologiques des malades. Les diffé rentes théories reposant, soit sur des observ ations-.. de maladie de Basedow coexistant chez un sujet
avec une insuffisance d’une de ces Ant De
résultat heureux dans un traitement opothérapi-
ee <
que, sont présentées par leurs auteurs plutôt comme
des hypothèses rendues vraisemblables par un groupe d'observations, que comme des faits. démontrés. Cependant l'une d'entre elles, la théorie thyro-surrénale soutenue par: V'Ecole de Vienne
(ŒEppinger Falta, Rudinger) semble S'APPAYEE Le
des données physiologiques sérieuses.
Elle est basée sur la conception des relations récie ,
proques qui exxteraient entre la thyroïde, le pan-. créas et les surrénales. D’après le schéma dé ces au-teurs, dans l'hyperthyroïdisme il y a inhibition
du pancréas et stimulation du système chro- re -maffine. Il y aura donc hypersécrétion d adré- naline et comme cette substance est up excitant re marquable du système sympatique, elle explique:
rait l'hyper-excitabilité sympathique du basedowien,.
et les manifestations qu’elle entraîne : exophtalmie, tachycardie, tremblements, etc. L'insuffisance pan-__
créatique expliquerait, de son côté, la fréquence de: la glycosurie au cours du syndrôme de Basedow.